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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2500909

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2500909

mardi 11 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2500909
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantDACHARY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 janvier 2025, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 6 février 2025, M. A B représenté par Me Dachary, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 16 janvier 2025 par laquelle la préfète du Rhône a renouvelé son assignation à résidence dans le département du Rhône pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision attaquée ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- elle est également entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir.

Des pièces ont été produites par la préfète du Rhône le 30 janvier 2025.

La présidente du tribunal a désigné Mme Collomb, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Collomb, magistrate désignée ;

- les observations de Me Dachary, représentant M. B, qui indique se désister du moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision en litige et, pour le reste, conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.

La préfète du Rhône n'était ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience conformément aux dispositions de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant arménien, né le 3 février 1992, est entré en France le 30 juin 2022 pour y demander l'asile. A la suite du rejet de sa demande par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le préfet du Rhône l'a obligé, par des décisions du 30 décembre 2022 dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif en date du 10 mars 2023, à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit. Dans l'attente de l'organisation de son éloignement du territoire, le requérant a ensuite fait l'objet d'une décision d'assignation à résidence dans le département du Rhône le 5 décembre 2024. Cette mesure a été renouvelée, en dernier lieu, par une décision de la préfète du Rhône du 16 janvier 2025 pour une durée de quarante-cinq jours dont M. B demande l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les considérations de fait et de droit relatives à la situation personnelle de M. B sur lesquelles elle se fonde. Par suite, cette décision, qui ne devait pas nécessairement faire état de tous les éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de l'intéressé, est suffisamment motivée.

3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que la préfète du Rhône n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen et de l'erreur de droit qui s'en déduit doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée ". Enfin, aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ".

5. Par la décision litigieuse, la préfète du Rhône a renouvelé la mesure d'assignation à résidence dans le département du Rhône de M. B et lui a fait obligation de se présenter deux fois par semaine, les lundis et jeudis entre 9 heures et 12 heures et entre 15 heures et 18 heures (y compris les jours fériés et chômés) à la brigade de gendarmerie de Vaugneray, commune limitrophe de celle de Brindas où il réside. M. B fait valoir qu'il n'a jamais cherché à dissimuler son identité, qu'il a scrupuleusement respecter à l'obligation de pointage conformément à la première décision d'assignation prise à son encontre et que le risque de fuite n'est pas établi dès lors que les services de police ont connaissance de son adresse personnelle et de celle de son lieu de travail, ces éléments ne sont pas de nature à caractériser une erreur manifeste d'appréciation dans l'édiction de la mesure. Enfin, si son conseil soutient à la barre que la décision, de par la contrainte que fait peser l'obligation de présentation à la brigade de gendarmerie située à Vaugneray, empêche le requérant, qui occupe depuis le mois d'avril 2023 un emploi de mécanicien spécialisé dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée, de se rendre sur son lieu de travail à Brindas, elle ne l'établit pas par les pièces versées au débat. Par suite, le moyen tiré du caractère disproportionné de la décision en litige ne peut pas être accueilli.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 février 2025.

La magistrate désignée,

C. COLLOMB

La greffière,

F. GAILLARD

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour exécution conforme,

Un greffier

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