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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2500956

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2500956

vendredi 7 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2500956
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSARL LACHENAUD AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 janvier 2025, M. C A, représenté par la SELARL Lachenaud avocat, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 8 novembre 2024 par lequel le recteur de l'académie de Lyon a prononcé à son encontre la sanction de la résiliation de son contrat d'enseignement ;

2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Lyon de le réaffecter dans ses fonctions de professeur de philosophie au lycée Pierre Termier de Lyon ou dans tout autre lycée de la métropole de Lyon, dans un délai de trente jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation ; il se trouve privé de l'intégralité de son salaire et il subit de ce fait une perte financière importante ; la résiliation immédiate de son contrat de travail en cours d'année scolaire ne lui permet pas de trouver un nouvel emploi dans l'enseignement ; cette instabilité professionnelle lui cause des troubles psychologiques, ainsi que de l'anxiété et du stress qui l'ont contraint à consulter un psychiatre ;

- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens suivants :

* la décision a été prise par une autorité incompétente ;

* la décision est insuffisamment motivée et a été prise sans réel examen particulier de sa situation professionnelle ;

* la décision est entachée d'une erreur dans l'exactitude matérielle des faits qui lui sont reprochés ; il a simplement tenté de recruter une étudiante pour l'aider et celle-ci n'a pas réalisé la correction des copies de ses élèves, de sorte qu'il n'a pas manqué à ses obligations à savoir " évaluer les élèves, suivre leurs progressions et les accompagner vers la réussite de l'examen " ;

* la décision de résiliation est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et la sanction est disproportionnée ; il a toujours donné satisfaction durant ses vingt-deux ans de carrière ; le prononcé de la sanction la plus lourde du quatrième groupe est disproportionné au regard de sa carrière professionnelle exemplaire et de ce qu'il n'a jamais fait l'objet de sanctions disciplinaires ; l'administration n'a pas pris en considération le contexte familial complexe auquel il doit faire face, ni son état psychologique lors des faits, ni encore sa charge de travail conséquente ; il aide quotidiennement sa mère, veuve et malade, ainsi que sa sœur placée sous curatelle renforcée en octobre 2023 ; il a tenté d'obtenir une " aide " pour la correction du troisième devoir sur table de l'année, dans la mesure où il avait un effectif de cent-soixante et un élèves et devait en même temps, sur une période de vingt jours, assurer ses cours et remplir deux-cent bulletins.

Par un mémoire, enregistré le 4 février 2025, le recteur de l'académie de Lyon conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'il n'est fait état d'aucun moyen de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision ; qu'en particulier, il ressort des extraits des conversations qu'il a eues avec l'étudiante que cette dernière a expressément accepté de travailler avec lui et qu'il attendait sa réponse définitive ; que lors de l'entretien devant la commission consultative mixte académique, il a minimisé sa faute en affirmant conserver un rôle de supervision des corrections ; qu'il a déclaré avoir déjà confié des paquets de copies à des personnes différentes en février/mars 2024, ainsi qu'en 2020, 2021 et 2022 ; qu'il n'établit pas avoir alerté sa hiérarchie ou l'inspecteur sur ses difficultés familiales et professionnelles.

Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée le 25 janvier 2025 sous le n° 2500955 par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté en litige.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Besse, président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Bon-Mardion, greffière d'audience, M. Besse a lu son rapport et entendu les observations de :

- Me Lachenaud, représentant M. A, qui a repris ses conclusions et moyens ;

- M. A, requérant ;

- Mme B représentant le rectorat de l'académie de Lyon, qui a repris ses conclusions et moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, professeur de philosophie exerçant ses fonctions en qualité de maître contractuel dans les établissements d'enseignements privés, demande la suspension de l'exécution de l'arrêté du 8 novembre 2024 par lequel le recteur de l'académie de Lyon a prononcé à son encontre la sanction de la résiliation de son contrat d'enseignement.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".

3. Aux termes de l'article R. 914-100 du code de l'éducation : " Les sanctions disciplinaires applicables aux maîtres contractuels ou agréés sont réparties en quatre groupes. () 4° Quatrième groupe : a) La résiliation du contrat ; b) Le retrait de l'agrément. (). ".

4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens susvisés et invoqués par M. A à l'encontre de l'arrêté du 8 novembre 2024 n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte de la requête.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, et à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Lyon.

Fait à Lyon, le 7 février 2025.

Le juge des référés,

T. Besse

La greffière,

L. Bon-Mardion

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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