jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2500989 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | LAUBRIET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 janvier 2025, M. C D A, représenté par Me Laubriet, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2025 par lequel la préfète du Rhône a décidé sa remise aux autorités autrichiennes, responsables de sa demande d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme Le Roux, conseillère.
Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle la préfète du Rhône n'était ni présente ni représentée.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Roux, magistrate désignée ;
- les observations de Me Laubriet, avocate, représentant M. A, qui maintient les conclusions de la requête et soulève les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur de droit, en méconnaissance de l'article 19 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, dès lors que l'Autriche, qui a rejeté la demande d'asile de M. A, n'est plus responsable de sa demande et que cette circonstance n'a pas été pris en considération par la décision attaquée ;
- et les observations de M. A, assisté de M. B interprète en langue somalienne, qui précise avoir indiqué à l'oral à la préfecture que sa demande d'asile avait été rejetée en Autriche, et que cet Etat avait adopté une décision portant obligation de quitter le territoire français à son encontre ; il produit à la barre des décisions en allemand non traduites et dont il soutient qu'elles attesteraient de cette situation.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été enregistrée pour M. A le 13 février 2025.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant somalien né le 1er janvier 1990, déclare être entré sur le territoire français le 20 novembre 2024. Le 11 décembre 2024, il a sollicité l'enregistrement de sa demande d'asile auprès de la préfecture du Rhône et s'est vu délivrer une attestation de demande d'asile. Les recherches effectuées sur le fichier européen Eurodac ont révélé qu'il avait été identifié en Grèce, où il a demandé l'asile le 29 juillet 2016, et en Autriche, où il a demandé l'asile le 16 avril 2022. Les autorités autrichiennes, saisies le 14 janvier 2025 d'une demande de reprise en charge de l'intéressé, en application de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013, ont donné leur accord exprès le 16 janvier 2025 pour la réadmission de M. A, en application de l'article 25 du règlement (UE) n° 604/2013. Par la présente requête, il conteste l'arrêté du 24 janvier 2025 par lequel la préfète du Rhône a décidé sa remise aux autorités autrichiennes considérées comme responsables de sa demande d'asile.
2. Aux termes de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. L'État membre responsable en vertu du présent règlement est tenu de : () d) reprendre en charge, dans les conditions prévues aux articles 23, 24, 25 et 29, le ressortissant de pays tiers ou l'apatride dont la demande a été rejetée et qui a présenté une demande auprès d'un autre État membre () 2. () Dans les cas relevant du champ d'application du paragraphe 1, point d), lorsque la demande a été rejetée en première instance uniquement, l'État membre responsable veille à ce que la personne concernée ait la possibilité ou ait eu la possibilité de disposer d'un recours effectif en vertu de l'article 46 de la directive 2013/32/UE. ". Aux termes de l'article 19 du même règlement : " () 3. Les obligations prévues à l'article 18, paragraphe 1, points c) et d), cessent lorsque l'État membre responsable peut établir, lorsqu'il lui est demandé de reprendre en charge un demandeur ou une autre personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point c) ou d), que la personne concernée a quitté le territoire des États membres en exécution d'une décision de retour ou d'une mesure d'éloignement délivrée à la suite du retrait ou du rejet de la demande. / Toute demande introduite après qu'un éloignement effectif a eu lieu est considérée comme une nouvelle demande et donne lieu à une nouvelle procédure de détermination de l'État membre responsable. ".
3. Il ressort de la réponse donnée par l'Autriche à la demande de la reprise en charge de M. A, qu'elle a donné son accord en se fondant sur les dispositions du d) du 1. de l'article 18 du règlement (UE) n°604/2013, révélant l'adoption d'une décision de rejet de la demande d'asile présentée par M. A devant ses services. C'est ainsi à bon droit que le requérant soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait en lui opposant qu'il n'avait apporté aucun élément probant au soutien de ses allégations selon lesquelles sa demande d'asile déposée en Autriche avait été rejetée, alors que cette circonstance ressortait des pièces mêmes de la procédure. Toutefois, cette erreur de fait est en l'espèce sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, qui retient par ailleurs qu'il n'est pas démontré par l'intéressé que les autorités autrichiennes auraient pris une mesure d'éloignement à son encontre et que cette mesure aurait été exécutée, seule circonstance de nature à faire obstacle à l'obligation de reprise en charge des ressortissants des pays tiers dont la demande d'asile a été rejetée par un Etat membre de l'Union européenne. A cet égard, si le requérant fait valoir que l'Autriche a adopté une mesure d'éloignement à son encontre, et produit à la barre une pièce en allemand non traduite et par conséquent non recevable, il ne soutient toutefois pas avoir quitté le territoire de cet État membre en exécution de cette mesure d'éloignement, qui devait par principe l'éloigner à destination de son pays d'origine. Par ailleurs, si le requérant entendait invoquer le bénéfice du paragraphe 2 de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 au soutien de ses conclusions à fin d'annulation, ces dispositions, relatives aux obligations de l'État désigné responsable en vertu de ce règlement en application des a), b) ou d) du 1. de son article 18, qui est en l'espèce l'Autriche, n'imposent toutefois aucune obligation à l'État membre requérant et sont par conséquent sans incidence sur la légalité de la décision de transfert. Dans ces conditions, et dès lors qu'il n'est ni soutenu ni établi sa demande d'asile n'a pas fait l'objet d'un examen réel et sérieux par les autorités de ce pays, et que sa situation ne pourrait pas être réexaminée, au regard d'éventuels éléments nouveaux, le requérant n'établit pas que la préfète du Rhône aurait commis une erreur de droit en décidant de sa remise aux autorités autrichiennes, qui étaient tenues de le reprendre en charge en application des dispositions du d) du 1. de l'article 18 du règlement (UE) n°604/2013.
4. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 janvier 2025 par lequel la préfète du Rhône a décidé sa remise aux autorités autrichiennes.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D A et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.
La magistrate désignée,
J. Le Roux
La greffière,
L. Bon-Mardion
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
N°2500989
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026