mercredi 19 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2501248 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | BOUCHET & CHAUMAS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 janvier et 13 février 2025, M. F A et Mme B A, représentés par Me Vray, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 27 janvier 2025 par laquelle le directeur territorial de D français de l'intégration et de l'immigration a refusé de leur accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur général de D français de l'intégration et de l'immigration de leur octroyer les conditions matérielles d'accueil, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer leur situation, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de D français de l'intégration et de l'immigration une somme de 1 200 euros à verser à leur conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux de leur situation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière, dès lors qu'ils n'ont pas bénéficié d'un entretien de vulnérabilité conduit par D français de l'intégration et de l'immigration ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en l'absence de prise en compte de leur vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2025, D français de l'intégration et de l'immigration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Au cours de l'audience publique du 18 février 2025, Mme C a présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Vray, représentant M. et Mme A, qui a repris les moyens soulevés dans la requête et a souligné la particularité de la situation des époux A, lesquels ne peuvent retourner en Afghanistan compte-tenu du durcissement du régime politique des Talibans et de la circonstance qu'ils sont privés de ressources, dès lors que leur fils peut difficilement les prendre en charge ;
- les observations de M. et Mme A, assisté de Mme E, interprète en langue dari ;
- D français de l'intégration et de l'immigration n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A, ressortissants afghans nés respectivement le 9 mars 1952 et le 2 mai 1958, entrés régulièrement en France le 17 mai 2023 munis de visas long séjour valant titre de séjour " ascendant de français à charge ", demandent l'annulation de la décision du 27 janvier 2025 par laquelle le directeur territorial de D français de l'intégration et de l'immigration a refusé de leur accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. () "
3. La décision attaquée vise les articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle fait état de ce que les requérants n'ont pas sollicité l'asile sans motif légitime dans le délai de quatre-vingt-dix jours. Elle contient ainsi l'exposé des considérations de droit et de fait sur lesquelles s'est fondé le directeur général de D français de l'intégration et de l'immigration pour rejeter leur demande d'octroi du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que D français de l'intégration et de l'immigration n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation des requérants. Le moyen doit, par suite, être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16. "
6. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme A, qui ont bénéficié de l'assistance d'un interprète en langue farsi lors de l'entretien de vulnérabilité le 27 janvier 2025, qu'ils ont certifié comprendre, ont été informés des conditions et des modalités de refus et de cessation des conditions matérielles d'accueil et ont ainsi été régulièrement informés des conséquences de son refus de ces prestations, conformément à l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'entretien a été conduit par un agent de D français de l'intégration et de l'immigration sans qu'il n'y ait lieu de douter de ce qu'il ait reçu une formation spécifique. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ainsi que celui tiré du vice de procédure, doivent être écartés.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () / 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / () / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. " Le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27 du même code est fixé à quatre-vingt-dix jours à compter de l'entrée en France du demandeur. Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. "
8. Pour refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. et Mme A, D français de l'intégration et de l'immigration s'est fondé sur la circonstance que les demandes d'asile, présentées le 27 janvier 2025 par les requérants, ont été enregistrées plus de quatre-vingt-dix jours après l'entrée en France de ces derniers. Il est constant que M. et Mme A sont entrés régulièrement en France le 17 mai 2023. Ainsi, le directeur général de D français de l'intégration et de l'immigration n'a pas commis d'erreur de droit pour le calcul du délai mentionné prévu au 3° de l'article L. 531-27 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, les requérants n'établissent pas qu'ils auraient été empêchés de déposer des demandes d'asile dans les quatre-vingt-dix jours suivant leur arrivée, la circonstance, dont ils se prévalent, du durcissement du régime des Talibans dans leur pays d'origine et de l'impossibilité d'y retourner n'étant pas de nature à être regardée comme un motif légitime au sens des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, si les requérants font valoir que la décision en litige les place dans une situation de particulière vulnérabilité en les privant de toute ressource et mettant ainsi en péril leur santé, il ressort des pièces du dossier et, notamment, de l'entretien de vulnérabilité, qu'ils ont indiqués être hébergés de manière stable et qu'ils n'ont pas fait part d'aucun élément s'agissant de leurs ressources. Par ailleurs, s'ils ont indiqué souffrir d'arthrose, de tension et d'une maladie cardiaque, ils ne versent aucun élément permettent d'alléguer que la privation de ressources mettrait en péril leur santé. Dans ces conditions, l'entretien mené n'ayant permis de mettre en évidence aucun facteur particulier de vulnérabilité et leurs demandes d'asile ayant été présentées au-delà du délai de quatre-vingt-dix jours sans motif légitime, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. et Mme A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F A, à Mme B A et à D français de l'intégration et de l'immigration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2025.
La magistrate désignée,
C. C
Le greffier,
T. Clément
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026