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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2501328

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2501328

mercredi 26 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2501328
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantADJA OKE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 février 2025, et un mémoire complémentaire, enregistré le 19 février 2025, M. A B, représenté par Me Adja Oke, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision verbale du 20 janvier 2025 par laquelle un agent de la préfecture du Rhône a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour dans le délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour assorti d'un droit au travail ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision refusant l'enregistrement de sa demande lui fait bien grief ;

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que :

* l'urgence à suspendre une décision de refus de renouvellement d'un titre de séjour est présumée puisque la décision fait obstacle au renouvellement de la carte de séjour dont il a bénéficié jusqu'au 2 janvier 2023 ;

* il s'est présenté en préfecture pour faire enregistrer sa demande de renouvellement le 24 mai 2023 mais un refus d'enregistrement lui a été opposé, il a obtenu un rendez-vous pour le 23 janvier 2024 qui a été annulé le 13 novembre 2023, sa nouvelle demande de rendez-vous déposée le 13 novembre 2023 a été supprimée le 5 décembre 2024 ; il a déposé une requête aux fins de jugement déclaratif de naissance devant le tribunal judiciaire le 16 mai 2022 qui est toujours en cours d'instruction ; il risque de perdre son emploi car son employeur lui demande de justifier de la régularité de sa situation ; le refus qui lui a été opposé a des conséquences excessives sur sa situation ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige dès lors que :

* elle est entachée d'incompétence ;

* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que la requête au fond et le référé sont irrecevables car la décision en litige ne fait pas grief et n'est pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir dès lors que le dossier de M. B est incomplet.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Clément, greffier d'audience, Mme Rizzato a lu son rapport et entendu les observations de Me Adja Oke qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et indique en outre qu'il y a bien urgence à suspendre la décision en litige dès lors qu'il s'agit du premier refus d'enregistrement qui a été opposé au requérant celui-ci ayant seulement été informé, lors du rendez-vous précédent, de la nécessité de compléter son dossier et des démarches à réaliser pour obtenir les pièces manquantes.

La préfète du Rhône n'étant ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B indique être né le 4 août 1995 en Géorgie, de parents nés en Azerbaïdjan d'origine arménienne. Il indique être entré en France le 7 décembre 2011 et avoir été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance. Il a été muni d'un titre de séjour portant la mention " salarié " valable du 30 mai 2014 au 29 mai 2015 renouvelé jusqu'au 2 janvier 2023. Il indique également qu'il a obtenu un rendez-vous en préfecture pour déposer sa demande de renouvellement de ce titre le 24 mai 2023 mais que son dossier n'a pas été enregistré. Il a alors sollicité un nouveau rendez-vous. Par la présente requête, il demande la suspension de l'exécution de la décision verbale par laquelle un agent de la préfète du Rhône a, lors d'un rendez-vous du 20 janvier 2025, de nouveau refusé d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". En vertu du premier alinéa de l'article R. 522-1 du code, la requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit justifier de l'urgence de l'affaire.

3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Il résulte de l'instruction que M. B a fait l'objet, le 24 mai 2023, d'un premier refus d'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour qu'il n'a pas contesté. Il n'était donc plus en situation régulière depuis l'expiration de son titre de séjour. Il ne peut dès lors se prévaloir de la présomption d'urgence mentionnée au point 3 à suspendre le nouveau refus qui lui a été opposé le 20 janvier 2025.

5. Par ailleurs, pour justifier de l'urgence à suspendre le refus d'enregistrement qui lui a été opposé, M. B fait valoir qu'il risque de perdre son emploi car son employeur lui demande de justifier de la régularité de sa situation et que le refus qui lui a été opposé a des conséquences excessives sur sa situation il n'apporte aucun élément à l'appui de ses déclarations. Ainsi, M. B ne justifie pas d'une atteinte grave et immédiate à sa situation personnelle qui résulterait de la décision en litige. Par suite, la condition d'urgence à laquelle est subordonnée les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent le prononcé d'une suspension d'un acte administratif n'est pas remplie.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B doivent être rejetées, y compris les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 26 février 2025.

La juge des référés,

C. Rizzato

Le greffier,

T. Clément

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°2501328

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