vendredi 14 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2501650 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | PINHEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 février 2025, M. A B, représenté par Me Pinhel, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 février 2025 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a prolongé la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre le 15 septembre 2023 pour une durée de deux années supplémentaires ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision portant prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise sans réel examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans la mise en œuvre des articles L. 612-10 et L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
La requête a été communiquée au préfet du Puy-de-Dôme qui a produit des pièces le 12 février 2025.
La présidente du tribunal a désigné Mme Fullana Thevenet en application de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour statuer sur les litiges relevant des procédures à juge unique prévues au titre II du livre IX du même code.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fullana Thevenet,
- les observations de Me Pinhel, représentant M. B, qui a repris ses conclusions et moyens, ainsi que celles de M. B,
- les observations de Me Coquel, substituant Me Tomasi, représentant le préfet du Puy-de-Dôme qui conclut au rejet de la requête et fait valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 7 janvier 1997, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 février 2025 par lequel le préfet du Puy-de-Dôme a décidé de prolonger l'interdiction de retour sur le territoire français dont il a fait l'objet par un arrêté du 15 septembre 2023, de deux ans.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne les éléments de fait relatifs à la situation du requérant, propres à permettre à M. B de comprendre les circonstances de fait ayant conduit le préfet à décider de prolonger la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français dont il fait l'objet. La décision attaquée est par suite suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige ni des pièces du dossier que le préfet du Puy-de-Dôme n'aurait pas procédé à un réel examen de la situation du requérant, qui a été entendu avant l'édiction de la décision en litige.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : / 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; () " et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet d'un premier arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français édicté par le préfet du Puy-de-Dôme le 2 février 2022 puis d'un second arrêté du 15 septembre 2023 du même préfet portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans et que, pour l'exécution de ces deux arrêtés, il a été assigné à résidence et n'a pas respecté les obligations de pointage auprès des services de police qui ont établi, le 16 novembre 2022 et le 2 octobre 2023, un procès-verbal de carence. Il n'est par ailleurs pas contesté que M. B n'a pas exécuté spontanément l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français sans délai par l'arrêté du 15 septembre 2023. Il entrait ainsi dans les prévisions du 1° de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et pouvait faire l'objet d'une mesure de prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français.
7. D'autre part, pour décider de prolonger cette interdiction de retour sur le territoire français initialement fixée à trois ans de deux ans pour la porter à cinq ans, le préfet du Puy-de-Dôme s'est fondé sur la circonstance qu'il ne justifiait pas de liens personnels familiaux anciens et stables sur le territoire français et qu'il était défavorablement connu des services de police. Si M. B soutient qu'il est en couple depuis 2018 avec une ressortissante française qui serait enceinte de ses œuvres, il ne justifie ni de la réalité ni de l'ancienneté de leur vie commune par la seule production d'une attestation EDF établie aux deux noms et daté du 10 février 2025 et de documents relatifs à la grossesse de celle qu'il présente comme étant sa compagne. En outre, M. B ne conteste pas qu'il est défavorablement connu des services de police pour usage illicite de stupéfiants, viol et vol simple en 2019, pour importation non autorisée, trafic, emploi et acquisition de stupéfiants en 2021, pour des faits de violences conjugales commis également en 2021 sur une personne qui ne serait pas, selon ses dires, celle qui présente comme sa compagne depuis 2018, pour vol et outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique en 2022, et pour des menaces de mort réitérées en 2023. De plus, il a été placé en garde-à-vue le 8 février 2025 et avait en sa possession 1,04 gramme de résine de cannabis et 3,39 grammes de cocaïne ainsi qu'une fausse carte d'identité belge. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, la décision portant prolongation de l'interdiction de retour sur le territoire français n'est entachée ni d'une erreur d'appréciation dans la mise en œuvre des dispositions des articles L. 612-10 et L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de M. B.
8. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision du 9 février 2025 du préfet du Puy-de-Dôme est entachée d'illégalité et à en demander l'annulation. Dès lors, ses conclusions à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à la mise en œuvre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Puy-de-Dôme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2025.
La magistrate désignée,
M. Fullana ThevenetLa greffière,
A. Senoussi
La République mande et ordonne au préfet du Puy-de-Dôme, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026