mercredi 26 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2501660 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | GUERAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 et 21 février 2025, M. A B, représenté par Me Guérault, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 février 2025 par lequel directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder le bénéfice des conditions matérielle d'accueil à compter du 5 février 2025, dans le délai de sept jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à son conseil d'une somme de 1 300 euros hors taxes, outres les intérêts au taux légal, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas procédé à un examen préalable de sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire, enregistré le 24 février 2025, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne comporte aucun moyen opérant ; en tout état de cause, ces moyens sont dépourvus des précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bienfondé ;
- aucune des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Flechet en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Flechet, magistrate désignée,
- les observations de Me Guérault, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que les écritures, par les mêmes moyens, et ajoute que le requérant présentant des problèmes de santé, de même que son épouse, affectée d'un diabète de type 2, et sa belle-mère, hospitalisée en octobre 2024 pour une pyélonéphrite obstructive, leur état de vulnérabilité justifie que la famille bénéficie des conditions matérielles d'accueil,
- et les observations de M. B, assistée de M. C, interprète en langue russe.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant moldave né le 21 août 1992, est entrée en France pour y solliciter l'asile, dont il a été débouté par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 24 octobre 2019. Il a sollicité le 5 février 2025 le réexamen de cette demande d'asile. Par une décision du même jour dont il demande au tribunal l'annulation, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Selon les termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur le surplus des conclusions :
3. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ". En vertu de l'article D. 551-17 de ce code : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite et motivée. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. () "
4. En premier lieu, la décision attaquée vise les articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle et familiale de M. B, indiquant en particulier que l'intéressé présente une demande de réexamen de sa demane d'asile. La décision attaquée comporte ainsi les considérations de droit et de faits qui la fondent, la circonstance qu'elle n'expose pas les raisons pour lesquelles le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que le requérant ne présentait pas un état de vulnérabilité ne permettant pas de caractériser une insuffisance de motivation.
5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, qui révèlent d'ailleurs que M. B a bénéficié d'un entretien d'évaluation de vulnérabilité le 5 février 2025, que l'autorité compétente n'aurait pas pris en compte, le cas échéant, un état de vulnérabilité. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'examen particulier de la situation de l'intéressé, notamment au regard de son état de santé et de celui des membres de sa famille, doit être écarté.
6. En dernier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 1 du présent jugement, M. B a sollicité le réexamen de sa demande d'asile. Il était, par application des dispositions précitées, au nombre des personnes auxquelles les conditions matérielles d'accueil sont, en principe, refusées totalement ou partiellement après prise en compte de sa situation de vulnérabilité. Le requérant se prévaut de son état de santé ainsi que de celui de son épouse et sa belle-mère. Toutefois, d'abord, il ne produit aucune pièce médicale le concernant. Ensuite, les pièces médicales versées au débat, qui révèlent que son épouse est traitée pour un diabète de type 2 et que sa belle-mère a fait l'objet d'une consultation au service des urgences hospitalières le 19 février 2025, pour des douleurs lombaires ainsi que des vomissements, et est médicalement suivie après avoir été hospitalisée en octobre 2024 pour une pyélonéphrite obstructive avec pose d'une sonde, ne permettent pas d'établir un état de santé préoccupant de ces dernières à la date de la décision attaquée. Enfin, si le requérant soutient à l'audience n'avoir aucun logement et vivre dans la rue, il a déclaré lors de son entretien de vulnérabilité le 5 février 2025 que lui-même et les membres de sa famille étaient hébergés chez un compatriote. Dans ces conditions, M. B ne justifie pas d'un état de vulnérabilité à la date de la décision attaquée. Par suite, l'Office français de l'immigration n'a ainsi pas commis d'erreur d'appréciation en refusant à l'intéressé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le défendeur, que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celle formées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : M. A B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 février 2025.
La magistrate désignée,
M. Flechet
La greffière,
A. Senoussi
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026