LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2503036

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2503036

lundi 23 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2503036
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantCLEMENT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de M. B..., un ressortissant algérien, qui contestait le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) pris par la préfète de l'Ardèche. La juridiction a estimé que la décision préfectorale, fondée sur l'examen du pouvoir discrétionnaire de régularisation, était suffisamment motivée et ne révélait pas d'erreur manifeste d'appréciation. Elle a également jugé que le respect de la vie privée et familiale (article 8 de la CEDH) n'était pas méconnu et que les références à l'accord franco-algérien et au code des étrangers n'étaient pas entachées d'illégalité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 mars et 10 avril 2025, M. A... B..., représenté par Me Clément, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté de la préfète de l’Ardèche du 23 janvier 2025 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, assortie d’une interdiction de retour d’une durée d’un an ;

2°) d’enjoindre à la préfète de l’Ardèche de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention « salarié » ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour est dépourvue de motivation en fait ;
- la préfète n’a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;
- la préfète a commis une erreur de fait en estimant que sa demande était présentée sur le fondement des stipulations des articles 6-5 et 7 b) de l’accord franco-algérien ;
- la préfète a commis une erreur de droit en se fondant sur ces stipulations pour rejeter sa demande de délivrance d’un titre de séjour ;
- elle a également commis une erreur de droit en se fondant sur les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, inapplicables aux ressortissants algériens, pour rejeter sa demande de titre de séjour ;
- le refus de lui délivrer un titre de séjour dans le cadre du pouvoir de régularisation dont disposait la préfète est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- le refus de lui délivrer un titre de séjour porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis par l’autorité préfectorale, en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l’illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis par l’autorité préfectorale, en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2025, la préfète de l’Ardèche conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.


M. B... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 7 novembre 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.


Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Le rapport de M. Verguet, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.


Considérant ce qui suit :

1. M. B..., ressortissant algérien né le 18 janvier 1990, est entré irrégulièrement sur le territoire français au mois de juillet 2012 selon ses déclarations. Une première mesure d’éloignement a été prise à son encontre le 19 juillet 2017 par le préfet du Val-de-Marne. Il a fait l’objet d’une deuxième mesure d’éloignement par une décision du préfet du Val d’Oise du 24 mars 2023, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 11 janvier 2024. Par une lettre du 17 janvier 2024, M. B... a sollicité la régularisation de sa situation dans l’exercice du pouvoir discrétionnaire dont dispose l’autorité préfectorale. Par un arrêté du 23 janvier 2025, la préfète de l’Ardèche a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, assortie d’une interdiction de retour d’une durée d’un an.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de séjour :

2. En premier lieu, l’arrêté contesté mentionne notamment que si un ressortissant algérien ne saurait se prévaloir des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile pour obtenir un titre de séjour, rien n’interdit au préfet d’étudier l’opportunité d’une telle régularisation dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire. Il mentionne également qu’eu égard à la situation personnelle et familiale du requérant, dont il donne une description circonstanciée, l’intéressé ne justifie d’aucun motif exceptionnel ou de circonstances humanitaires justifiant la régularisation de sa situation administrative. Cette motivation, qui ne présente pas un caractère stéréotypé, est suffisamment précise en droit et en fait, contrairement à ce que soutient le requérant.

3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des motifs de l’arrêté en litige, ni d’aucun autre élément du dossier, que la préfète de l’Ardèche n’aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de l’intéressé, alors qu’elle a au contraire examiné dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire si un certificat de résidence pouvait lui être délivré sur le fondement du 5) de l’article 6 et du b) de l’article 7 de l’accord-franco-algérien.

4. En troisième lieu, si la demande de titre de séjour présentée par M. B... n’était pas fondée sur les stipulations du 5) de l’article 6 et sur celles du b) de l’article 7 de l’accord-franco-algérien, rien n’interdisait à la préfète de l’Ardèche d’étudier l’opportunité d’une régularisation sur le fondement de ces stipulations dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire. Dès lors, le requérant n’est pas fondé à soutenir que les motifs par lesquels la préfète a estimé que le requérant ne pouvait se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de ces stipulations sont entachés d’une erreur de fait et d’une erreur de droit.

5. En quatrième lieu, dès lors que la préfète de l’Ardèche a expressément relevé qu’un ressortissant algérien ne saurait se prévaloir des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile pour obtenir un titre de séjour, le requérant ne peut utilement soutenir que la préfète ne pouvait légalement rejeter sa demande sur le fondement de ces dispositions, inapplicables aux ressortissants algériens.

6. En cinquième lieu, les stipulations de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent d’une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s’installer en France. Si l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif à l’admission exceptionnelle au séjour ne s’applique pas aux ressortissants algériens, dont la situation est régie de manière exclusive par l’accord franco-algérien, le préfet peut toutefois délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l’ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit, en usant du pouvoir discrétionnaire dont il dispose pour apprécier, compte tenu de l’ensemble des éléments de la situation personnelle de l’intéressé, l’opportunité d’une mesure de régularisation.

7. M. B... se prévaut de l’ancienneté de son séjour en France et de l’exercice d’une activité professionnelle en 2022, 2023 et 2024. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu’il s’est maintenu sur le territoire français en dépit de deux précédentes mesures d’éloignement prises à son encontre les 19 juillet 2017 et 24 mars 2023, qu’il est célibataire sans enfant et ne dispose pas d’attaches familiales en France. Dans ces conditions, la préfète de l’Ardèche n’a pas commis une erreur manifeste d’appréciation en refusant de lui délivrer un titre de séjour.

8. Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre public et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ». Pour l’application de ces stipulations et dispositions, l’étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d’apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu’il a conservés dans son pays d’origine.

9. Eu égard aux éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de M. B... exposés au point 7, le requérant n’est pas fondé à soutenir que le refus de lui délivrer un titre de séjour porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis par l’autorité préfectorale, en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et interdiction de retour :

10. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 9 que la préfète de l’Ardèche pouvait légalement refuser à M. B... la délivrance d’un titre de séjour. Par suite, le moyen tiré, par voie d’exception, de l’illégalité de cette décision, invoqué à l’encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français ne peut qu’être écarté.

11. Eu égard aux éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de M. B... exposés au point 7, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales soit être écarté.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d’annulation de la décision contestée, n’implique aucune mesure d’exécution. Par suite les conclusions à fin d’injonction de délivrance d’un titre de séjour, ne peuvent qu’être rejetées.


Sur les frais liés au litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.



DECIDE :




Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B..., à la préfète du Rhône et à Me Clément.

Délibéré après l’audience du 6 mars 2026, à laquelle siégeaient :
- M. Clément, président,
- M. Verguet, premier conseiller,
- Mme Viallet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2026.

Le rapporteur,




H. VerguetLe président,




M. Clément
La greffière,




C. Amouny



La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Une greffière,

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions