vendredi 25 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2504192 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BETROM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 avril 2025, et un mémoire en réplique enregistré le 20 avril 2025, M. A B représenté par Me Betrom, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 3 mars 2025 par laquelle le service départemental d'incendie et de secours de l'Hérault a rejeté sa candidature au poste de sapeur-pompier professionnel ;
2°) d'enjoindre au service départemental d'incendie et de secours de l'Hérault de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à venir ;
3°) de mettre à la charge du service départemental d'incendie et de secours de l'Hérault la somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que son refus de mutation a des conséquences graves et immédiates sur sa situation ; il vit séparé de son épouse et de son fils, lequel bénéficie d'un suivi psychologique en raison de son absence au quotidien, tandis que l'état de santé de son épouse nécessite aussi qu'il soit présent à ses côtés ; il est âgé de 55 ans et ne peut espérer avoir un jugement au fond avant sa mise à la retraite prochaine ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens suivants :
* il n'est pas justifié qu'elle a été prise par une autorité compétente ;
* la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des principes fixés par les dispositions de l'article 54 de la loi n° 84-53 du 29 janvier 1984, reprises par les dispositions de l'article L. 512-26 du code général de la fonction publique, qui prévoient un examen prioritaire des demandes de mutation des agents séparés pour des raisons professionnelles de leur conjoint ; l'intérêt du service n'est par ailleurs pas justifié.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 avril 2025, le service départemental d'incendie et de secours de l'Hérault, représenté par la Selarl VPNG, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ; la situation familiale de M. B ne procède pas directement du rejet de sa demande de mutation et les répercussions de la situation sur l'état de santé de son fils et de sa compagne ne sont pas démontrées ; la circonstance que le requérant serait proche de la retraite n'est pas suffisante pour caractériser une situation d'urgence ; M. B dispose de la possibilité de bénéficier sur sa demande d'une disponibilité accordée de droit pour suivre sa conjointe éloignée en raison de sa profession, sans perdre sa qualité de fonctionnaire, tout en cherchant un emploi de contractuel ;
- aucun des moyens de la requête n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée le 1er avril 2025 sous le n° 2503916 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision du 3 mars 2025 en litige.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Besse, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gaillard, greffière d'audience, M. Besse a lu son rapport et entendu les observations de :
- Me Constans, représentant le service départemental d'incendie et de secours de l'Hérault, qui a repris ses conclusions et moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, sapeur-pompier professionnel, a intégré en 2003 le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Rhône. Il a déposé sa candidature en 2023 à des postes déclarés vacants au sein du SDIS de l'Hérault, en demandant une mutation pour rapprochement de conjoints. Le 3 mars 2025, il a été informé que sa candidature n'était pas retenue. M. B demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
3. D'une part, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
3. Pour caractériser l'existence d'une atteinte grave et immédiate à sa situation, M. B, qui travaille dans le département du Rhône, tandis que son épouse et ses enfants vivent à Sète (Hérault), se prévaut des répercussions de cette situation d'éloignement sur l'état de santé de son fils, qui fait l'objet d'un suivi psychologique, et celui de son épouse, qui rendrait nécessaire sa présence à ses côtés. Toutefois, sa situation familiale, qui fait suite à la candidature de son épouse pour un poste dans l'Hérault en avril 2021, ne procède pas directement de la décision en litige, mais du choix que la famille a alors opéré. Par ailleurs, les certificats médicaux très peu circonstanciés produits par le requérant, d'ailleurs anciens concernant son fils, ne permettent de justifier ni de la gravité de l'état de santé de son épouse et de son fils, ni du lien entre l'état psychologique de l'enfant et les absences de son père. Enfin, les circonstances que M. B postulerait depuis plusieurs années, pour convenances personnelles, sur des postes au service départemental d'incendie et de secours de l'Hérault, et qu'il serait bientôt en retraite, ne permettent pas plus de caractériser une atteinte grave et immédiate à sa situation. Par suite, la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme étant remplie.
4. D'autre part, et en l'état de l'instruction, aucun des moyens de la requête n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B doivent être rejetées, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que présente le service départemental d'incendie et de secours de l'Hérault au titre des frais non compris dans les dépens qu'il a exposés.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le service départemental d'incendie et de secours de l'Hérault au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au service départemental d'incendie et de secours de l'Hérault.
Fait à Lyon, le 25 avril 2025.
Le juge des référés,
T. Besse
La greffière,
F. Gaillard
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026