jeudi 15 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2504937 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DUCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 avril 2025, l'association " Solidarité sans frontières ", représentée par Me Duca, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté de la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes, préfète du Rhône, en date du 25 février 2025, fixant la liste des personnes morales de droit privé habilitées à recevoir des contributions publiques destinées à la mise en œuvre de l'aide alimentaire, en tant qu'il ne renouvelle pas son habilitation ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de sa demande, dans un délai de cinq jours à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors que l'association ne pourra poursuivre ses missions du fait du refus d'habilitation ; sa situation financière est désormais en danger, dès lors qu'elle ne bénéficie plus de subventions publiques, ni d'un approvisionnement en denrées financées sur des fonds publics, notamment ceux provenant du fonds européen d'aide aux plus démunis et du crédit national des entreprises sociales ; son contrat avec la banque alimentaire a été interrompu, alors que celle-ci lui fournissait plusieurs dizaines de milliers de kilogrammes de marchandises par mois ; elle doit faire face à ses charges locatives, et compte deux salariés dont les emplois sont menacés ; la décision porte également atteinte aux intérêts de ses adhérents, soit 4 857 personnes accompagnées et en état de grande vulnérabilité, sans que ceux-ci puissent nécessairement être pris en charge par d'autres associations, notamment sur la commune de Vénissieux, où elle intervient seule ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens suivants :
* la décision a été prise après recueil de l'avis de partenaires, lequel n'est pourtant pas prévu par les dispositions du code de l'action sociale et des familles ; cette consultation a eu une influence sur la décision prise, et, en outre, ces avis n'ont pas été soumis à une procédure contradictoire préalable ;
* la décision est fondée sur l'incomplétude de son dossier, sans qu'aient été sollicitées ces pièces manquantes, comme l'exigent pourtant les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
* la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'elle remplit les conditions requises pour la délivrance de l'habilitation ; elle a versé à son dossier l'ensemble des pièces requises, et elle remplit les objectifs fixés par les dispositions de l'article L. 266-2 du code de l'action sociale et des familles, ainsi que les articles R. 266-3 et R. 266-2 de ce code ; les reproches qui lui sont opposés, concernant l'insuffisance des informations sur l'inscription des personnes et des mesures d'accompagnement, l'incapacité à répondre aux normes d'hygiène et de sécurité des aliments, et de stockage des aliments, l'insuffisante information relative au volume de denrées exploitées ne sont pas établies, pas plus que l'absence de justification des améliorations attendues à la suite de l'inspection réalisée en 2023.
Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée sous le n° 2504935 par laquelle l'association Solidarités sans frontières demande l'annulation du 25 février 2025 en litige.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Besse, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 266-2 du code de l'action sociale et des familles : " L'aide alimentaire a pour objet la fourniture de denrées alimentaires aux personnes en situation de vulnérabilité économique ou sociale, assortie de la proposition d'un accompagnement. Cette aide, qui vise à répondre aux besoins en volume, tout en prenant en compte, dans la mesure du possible, des critères de qualité des denrées alimentaires, est apportée tant par l'Union européenne que par l'Etat ou toute autre personne morale./ Seules des personnes morales de droit public ou des personnes morales de droit privé habilitées par l'autorité administrative peuvent recevoir des contributions publiques destinées à la mise en œuvre de l'aide alimentaire. La durée et les conditions dans lesquelles l'habilitation est accordée, les modalités de contrôle des personnes morales habilitées et les sanctions applicables en cas de manquement aux conditions de l'habilitation sont déterminées par décret en Conseil d'Etat./ Ces conditions doivent notamment permettre de garantir la fourniture de l'aide alimentaire sur une partie suffisante du territoire métropolitain et d'outre-mer et sa distribution auprès de tous les bénéficiaires potentiels, d'assurer la traçabilité physique et comptable des denrées et de respecter de bonnes pratiques d'hygiène relatives au transport, au stockage et à la mise à disposition des denrées. " Selon l'article R. 266-1 dudit code : " Les contributions publiques destinées à la mise en œuvre de l'aide alimentaire au sens de l'article L. 266-2 s'entendent de toute contribution publique destinée à l'achat de denrées alimentaires pour l'aide alimentaire ou destinée à la couverture de besoins d'investissement ou de coûts de fonctionnement relatifs à la mise en œuvre de cette aide. "
2. L'association Solidarités sans frontières, créée en 2017, a pour objet d'apporter une aide alimentaire temporaire à des personnes momentanément démunies, et d'être un lieu d'accueil et de rencontres, en développant des animations individuelles et collectives. Une habilitation au titre de l'aide alimentaire lui a été délivrée le 14 décembre 2020, renouvelée le 19 avril 2023. Par un arrêté du 25 février 2025, la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes, préfète du Rhône a fixé la liste des personnes morales de droit privé habilitées, dans la région, à recevoir des contributions publiques destinées à la mise en œuvre de l'aide alimentaire, sur le fondement des dispositions de l'article L. 266-2 du code de l'action sociale et des familles. L'association, informée par ailleurs par courrier du même jour, du rejet de sa demande d'habilitation, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cet arrêté du 25 février 2025, en tant qu'il ne la retient pas dans la liste des personnes habilitées.
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
5. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de l'arrêté de la préfète du Rhône en litige, l'association requérante fait valoir qu'elle ne pourra plus, du fait du refus qui lui est opposé, continuer à recevoir des contributions publiques pour la mise en œuvre de son activité d'aide alimentaire. Toutefois, et alors que l'association peut continuer à fonctionner en bénéficiant de dons privés ou, ainsi qu'elle le fait valoir, en récupérant des denrées auprès de grandes et moyennes surfaces, les pièces du dossier ne permettent pas suffisamment d'apprécier la part de ces contributions, actuelles ou potentielles, dans le financement des actions de l'association ni d'établir qu'elle ne serait plus en mesure de couvrir ses charges fixes, composées notamment du versement de loyers et de la rémunération de deux salariés. Par ailleurs, si l'association requérante fait valoir que la banque alimentaire du Rhône l'a informée qu'à compter du 8 avril 2025, et en raison de l'arrêté en litige, elle ne lui distribuerait plus de produits comme elle le faisait jusque-là, moyennant versement d'une contribution, elle n'établit pas qu'elle ne pourrait se procurer de marchandises par d'autres intermédiaires. Enfin, si l'intéressé invoque l'intérêt des personnes qu'elle accompagne, qu'elle estime à près de 5 000, il ne résulte pas de l'instruction que ceux-ci ne pourraient pas continuer à être pris en charge par l'association, qui ne justifie pas ainsi qu'il a été dit être privée d'une partie substantielle de ses ressources, ni qu'ils ne pourraient l'être par une des nombreuses autres associations habilitées par les services de l'Etat ou d'autres associations, y compris, et en l'état de l'instruction, les personnes habitant sur la commune de Vénissieux. Par suite, les éléments exposés et produits par l'association Solidarités sans frontières ne suffisent pas à établir que la décision litigieuse préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation ou à celle des personnes en faveur desquelles elle intervient, et ne permettent pas, en l'espèce, de regarder les effets de la décision attaquée comme caractérisant une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative, justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision qu'elle conteste soit suspendue.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, de rejeter les conclusions à fin de suspension de la requête, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de l'association Solidarités sans frontières est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Solidarités sans frontières.
Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 15 mai 2025.
Le juge des référés,
T. Besse
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026