LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2505203

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2505203

mardi 6 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2505203
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantSENE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme B, ressortissante haïtienne, qui contestait l'arrêté du préfet de la Drôme du 27 mars 2025 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de trois mois. La requérante invoquait notamment une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant, en raison de sa situation familiale et de sa présence en France. Le tribunal a estimé que la décision était suffisamment motivée et que les moyens soulevés, y compris le défaut de saisine de la commission du titre de séjour, n'étaient pas fondés. En conséquence, la demande d'annulation a été rejetée, de même que les conclusions accessoires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 avril et 5 mai 2025, Mme A B, représentée par Me Sène, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 27 mars 2025 par lequel le préfet de la Drôme l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois mois et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Drôme de procéder au réexamen de sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient, dans le dernier état de ses moyens, que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure tirée de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation, compte tenu de sa situation familiale et de sa durée de présence en France ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- les décisions portant refus de délai de départ volontaire, interdiction de retour sur le territoire français et fixant le pays de renvoi sont illégales du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2025, le préfet de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu :

- l'arrêté attaqué ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme de Tonnac, conseillère, pour statuer en application des dispositions des articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle le préfet de la Drôme n'était ni présent, ni représenté.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme de Tonnac ;

- les observations de Me Sène, représentant Mme B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et insiste sur la circonstance que Mme B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour mais que son dossier était incomplet, faute d'avoir obtenu le renouvellement de son passeport et qu'elle est mère de quatre enfants français ;

- les observations de Mme B qui a déclaré être enceinte de quatre mois, précisé que, du fait de son incarcération, sa fille aînée a été placée auprès des services sociaux et ses trois autres enfants ont été confiés à leur père, mais avoir toujours des liens avec eux et a par ailleurs insisté sur son souhait de rester en France où elle a vécu la majeure partie de son existence et de se " reprendre en main ".

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Mme B a produit une note en délibéré, enregistrée le 5 mai 2025.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante haïtienne, née le 25 décembre 1996, détenue à la maison d'arrêt de Lyon-Corbas, depuis le 28 mars 2025, demande l'annulation de l'arrêté du 27 mars 2025 par lequel le préfet de la Drôme l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois mois, qui lui a été remise le même jour.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Selon les termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".

3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement des dispositions citées au point précédent.

Sur le surplus des conclusions :

4. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français contestée vise les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales dont elle fait application et comporte les considérations de fait sur lesquelles elle se fonde, en particulier sur la situation familiale de la requérante qui n'a pas obtenu la garde de ses enfants et seulement un droit de visite et sur sa situation administrative, en l'absence de renouvellement de son titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision litigieuse doit être écarté.

5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B aurait sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet de la Drôme aurait refusé de lui délivrer par la décision contestée. Par suite, la requérante ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions pour soutenir que le préfet de la Drôme devait, avant l'édiction de la décision portant obligation de quitter le territoire français, saisir la commission du titre de séjour alors qu'au demeurant, elle n'apporte aucun élément de nature à démontrer qu'elle réside habituellement sur le territoire français depuis plus de dix ans à la date de la décision contestée. Ce moyen doit ainsi être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

7. En l'espèce, pour contester la décision portant obligation de quitter le territoire français, Mme B invoque sa durée de présence en France, où elle déclare être entrée à l'âge de 5 ans à Saint-Martin puis sur le territoire métropolitain en février 2015, et de sa vie familiale, dès lors qu'elle a quatre enfants nés en France et qui ont la nationalité française. Toutefois, si Mme B soutient avoir sollicité le renouvellement de son titre de séjour, elle n'apporte aucun élément de nature à corroborer ces allégations et réside ainsi, à la date de la décision attaquée, irrégulièrement sur le sol français où elle ne justifie d'aucune insertion professionnelle et sociale particulière. En outre, si Mme B, qui est écrouée à la maison d'arrêt de Lyon Corbas depuis le 28 mars 2025 pour des faits de vol commis dans un véhicule affecté au transport collectif de voyageurs, violence dans un moyen de transport collectif de voyageurs sans incapacité et violence suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lie à la victime par un pacte civil de solidarité, allègue être séparée de ses enfants, dont l'aînée aurait été confiée aux services sociaux et les trois autres à leur père, elle n'apporte aucun élément de nature à justifier de ses liens avec ses enfants et avec le père de trois d'entre eux ni de sa contribution à leur entretien et leur éducation avant l'édiction de la décision contestée. Dans ces conditions, alors que Mme B ne démontre l'existence de ses liens familiaux ni qu'elle aurait noué en France des attaches personnelles et familiales stables, intenses et anciennes et qu'elle allègue avoir " beaucoup de famille en Haïti ", elle n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Drôme aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".

9. Ainsi qu'il a été relevé au point 7, Mme B qui se borne à soutenir qu'elle a des liens avec ses trois enfants qui auraient été confiés à leur père le temps de son incarcération, que sa fille a été placée, n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations, de nature à démontrer la filiation et à justifier des liens qu'elle entretient avec ses enfants dont elle aurait été séparée depuis son incarcération, notamment pour des faits de violence suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours perpétrés sur son ex-conjoint. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'intérêt supérieur de ses enfants, au sens de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ne peut qu'être écarté.

10. En dernier lieu, la requérante n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, elle n'est pas fondée à soutenir que les décisions portant refus d'octroyer un délai de départ volontaire, interdiction de retour sur le territoire français et fixant le pays de renvoi seraient illégales du fait de l'illégalité de cette première décision. Par suite, ce moyen doit être écarté.

11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction et au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : Mme B est provisoirement admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Sène et au préfet de la Drôme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2025.

La magistrate désignée,

A. de Tonnac Le greffier,

T. Clément

La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions