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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2505601

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2505601

vendredi 6 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2505601
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSENE

Résumé IA

Référé suspension (L. 521-3 CJA) – Tribunal administratif de Lyon – Demande d’une ressortissante étrangère visant à obtenir un rendez-vous pour le renouvellement de son titre de séjour et un récépissé avec droit au travail. La préfète du Rhône ayant fixé un rendez-vous en cours d’instance, le juge constate un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d’injonction. L’État est condamné à verser 600 euros à l’avocate de la requérante au titre de l’aide juridictionnelle (loi du 10 juillet 1991, art. 37). Admission provisoire à l’aide juridictionnelle accordée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 mai 2025, Mme B A, représentée par Me Sène, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui fixer un rendez-vous en vue de l'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour et de la délivrance d'un récépissé avec droit au travail, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle réside depuis 2017 en France avec son époux titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2028 ; elle est titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée et son employeur menace de suspendre son contrat de travail ; elle a bénéficié d'un titre de séjour valable du 30 avril 2024 au 29 avril 2025 ; elle a présenté une demande de rendez-vous en vue du renouvellement de son titre de séjour le 17 janvier 2025 et n'a toujours pas obtenu de réponse ; elle se trouve sans aucun document de nature à justifier de la régularité de son séjour, alors qu'elle a prévu un voyage au Sénégal du 3 juin au 19 août 2025 ;

- la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 juin 2025, la préfète du Rhône conclut au prononcé d'un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte de la requête et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Vaccaro-Planchet, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". En raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre Mme A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Il résulte de l'instruction qu'en cours d'instance la préfète du Rhône a décidé de fixer un rendez-vous à la requérante, pour le 3 juin 2025, en vue de l'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour et de la délivrance d'un récépissé Dans ces conditions, les conclusions à fin d'injonction de la requête sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

4. La requérante ayant été admise à l'aide juridictionnelle provisoire, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Sène renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Sène d'une somme de 600 euros au titre des frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte de la requête.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Sène renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ce dernier versera à Me Sène une somme de 600 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, au ministre de l'intérieur et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon le 6 juin 2025.

La juge des référés,

V. Vaccaro-Planchet

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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