mercredi 28 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2506100 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | GRIOT EMILIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 et 22 mai 2025, M A se disant Ayman Delalou, retenu au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, avant-dire droit, la mise à disposition de son dossier par la préfecture ;
3°) d'annuler l'arrêté du 12 mai 2025 par lequel le préfet de la Drôme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de six mois ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble de l'arrêté contesté :
- il est entaché d'incompétence de son signataire ;
- il est insuffisamment motivé au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et revêt un caractère disproportionné ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS) l'empêchera également d'obtenir un visa ou un titre de séjour et constitue une mesure d'expulsion automatique dans tout l'espace Schengen.
La requête a été communiquée au préfet de la Drôme qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La requête a également été communiquée à la préfète du Rhône qui n'a pas davantage produit de mémoire en défense mais qui a versé, le 23 mai 2025, des pièces au dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Gueguen, conseiller, pour statuer en application des dispositions des articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle le préfet de la Drôme et la préfète du Rhône n'étaient pas présents.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue avec l'assistance de Mme Bon-Mardion, greffière :
- le rapport de M. Gueguen, qui a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative et des articles R. 922-17 et R. 922-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'annulation par voie de conséquence de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois en cas d'annulation de la décision portant refus de délai de départ volontaire ;
- les observations de Me Griot, avocate de permanence, représentant M. A se disant Delalou, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, en insistant sur le fait que le requérant est présent en France depuis deux ans et qu'il souhaite s'y intégrer, ainsi qu'en témoignent son casier judiciaire vierge, sa certaine maîtrise de la langue française et l'exercice d'activités professionnelles non déclarées ;
- les observations de M. A se disant Delalou, assisté de M. B, interprète en langue arabe, qui demande au tribunal de bien vouloir lui accorder une chance, afin qu'il puisse demeurer sur le territoire français, et déclare regretter les faits ayant conduit à sa dernière interpellation par les services de la gendarmerie nationale ;
- et les observations de Me Tomasi, avocat, représentant le préfet de la Drôme, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M A se disant Delalou, ressortissant algérien né le 1er aout 1995, a déclaré être entré en France le 28 novembre 2023, où il est connu sous les identités de Djalel Arar, ressortissant algérien né le 1er août 1994, et Djalel Arar, ressortissant algérien né le 2 août 1994. Suite à son placement en retenue administrative aux fins de vérification de son droit de séjour ou de circulation, par un arrêté du 12 mai 2025, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet de la Drôme l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de six mois. Postérieurement à l'introduction de sa requête et à son placement en garde à vue pour des faits de " vol " et " d'intrusion dans une enceinte militaire " commis dans le 2ème arrondissement de Lyon, l'intéressé a été placé en rétention au sein du centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry par la préfète du Rhône le 17 mai 2025.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Selon les termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. A se disant Delalou au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement des dispositions citées au point précédent.
Sur la demande de communication du dossier par l'administration :
4. Selon les termes de l'article L. 5 du code de justice administrative : " L'instruction des affaires est contradictoire. Les exigences de la contradiction sont adaptées à celles de l'urgence () ". Et aux termes de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger peut demander () au magistrat désigné () la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise. ".
5. La préfète du Rhône ayant produit, le 23 mai 2025, les pièces relatives à la situation administrative de M. A se disant Delalou, l'affaire est en état d'être jugée et le principe du contradictoire a été respecté. Il n'apparaît donc pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner avant-dire droit la communication de l'entier dossier du requérant détenu par l'administration.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination :
6. En premier lieu, par un arrêté du 14 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Drôme le jour-même et accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet de la Drôme a donné délégation de signature à M. Cyril Moreau, secrétaire général de la préfecture de la Drôme, à l'effet de signer, notamment, tous les actes, arrêtés et décisions relevant des attributions de l'État dans le département, et en particulier ceux relatifs au séjour et à la police des étrangers, au nombre desquelles figurent nécessairement les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées manque en fait et ne peut qu'être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". L'article L. 211-5 du même code prévoit à cet égard que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Enfin, selon les termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ".
8. En l'espèce, les deux décisions contestées visent les textes dont elles font application, en particulier les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et exposent les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. A se disant Delalou sur lesquelles le préfet de la Drôme s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français et fixer le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office en exécution de cette mesure d'éloignement. À cet égard, s'il est loisible au requérant de contester l'appréciation portée par l'autorité préfectorale s'agissant de sa durée de présence en France, de son insertion professionnelle sur le territoire national et de la menace pour l'ordre public que son comportement est susceptible de représenter, cette divergence d'analyse n'est pas de nature à établir l'insuffisance de motivation alléguée, dès lors que le caractère suffisant de la motivation d'une décision s'apprécie indépendamment du bien-fondé des motifs retenus. Par suite, les deux décisions attaquées, qui comportent les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et qui ont ainsi permis à l'intéressé d'en contester utilement le bien-fondé sont suffisamment motivées au regard des dispositions citées au point précédent.
9. En dernier lieu, il ne ressort ni des termes des deux décisions contestées, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de la Drôme n'aurait pas procédé à un examen sérieux et particulier de la situation personnelle de M. A se disant Delalou, en particulier au regard des dispositions du second alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. À cet égard, s'il est loisible au requérant de contester l'appréciation portée par l'autorité préfectorale s'agissant de sa durée de présence en France, de son insertion professionnelle sur le territoire national et de la menace pour l'ordre public que son comportement est susceptible de représenter, cette divergence d'analyse n'est pas de nature à établir le défaut d'examen allégué. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit est infondé et doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En vertu des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
11. En l'espèce, M. A se disant Delalou soutient que la mesure d'éloignement prononcée à son encontre porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale compte tenu de la durée et des conditions de son séjour sur le territoire français. Toutefois, si le requérant se prévaut de sa résidence habituelle en France depuis " le courant de l'année 2023 ", il ressort des pièces du dossier que sa durée de présence sur le territoire national n'est due qu'à son séjour irrégulier, l'intéressé ne contestant pas s'y être maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ni ne pas être en mesure de justifier y être entré régulièrement. Par ailleurs, et alors que sa seule durée de présence sur le territoire français, au demeurant récente, n'est pas, par elle-même, de nature à établir qu'il y aurait transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux, M. A se disant Delalou, qui ne conteste pas s'être déclaré " célibataire " et " sans enfant ", ne justifie d'aucune attache ancienne, intense et stable sur le territoire national en se bornant à soutenir qu'il " y entretien des liens personnels " et serait " hébergé par des amis ", pas plus qu'il n'y justifie d'une insertion sociale et professionnelle en se bornant à soutenir qu'il " y travaille " depuis " plusieurs années ". Enfin, le requérant n'établit ni même n'allègue être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine où il a vécu l'essentiel de son existence et où résident, selon les termes non contestés de la décision attaquée, ses parents ainsi que ses frères et sœurs. Dans ces circonstances, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France, le préfet de la Drôme n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. A se disant Delalou en l'obligeant à quitter le territoire français sur le fondement des dispositions de l'article L. 611-1, 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est infondé et doit être écarté.
En ce qui concerne les décisions portant refus de délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois :
12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Cependant, l'article L. 612-2 du même code prévoit que : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". À cet égard, l'article L. 612-3 de ce même code dresse la liste des huit cas dans lesquels le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière. Enfin, selon les termes de l'article L. 613-2 dudit code : " Les décisions relatives au refus () du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. "
13. En l'espèce, pour refuser à M. A se disant Delalou un délai de départ volontaire après avoir visé les " articles () L. 612-1, L. 612-2, L. 612-3 () " du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Drôme s'est fondé sur les motifs tirés, d'une part, de ce que les dispositions " de l'article L. 612-2 du même code " permettent à " l'autorité administrative " de " refuser d'accorder un délai de départ volontaire lorsqu'il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ", et, d'autre part, de ce que l'intéressé " ne justifi(ait) d'aucune circonstance particulière ". Si la décision contestée comporte ainsi une partie des considérations de droit sur lesquelles l'autorité préfectorale s'est fondée pour refuser à l'intéressé l'octroi d'un délai de départ volontaire, elle ne comporte cependant aucune des considérations de fait sur lesquelles elle a entendu se fonder pour estimer qu'il existait un risque qu'il se soustrait à la mesure d'éloignement dont il faisait l'objet, notamment au regard de l'un des huit cas dont la liste est dressée à l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, et en l'absence d'une motivation lui ayant permis de contester utilement les éléments de fait sur lesquels le préfet de la Drôme s'est fondé pour lui refuser un délai de départ volontaire, le requérant est fondé à soutenir que la décision en litige est entachée d'un vice de forme au regard des dispositions précitée de l'article L. 613-2 de ce même code et à en demander l'annulation pour ce motif.
14. En second lieu, d'une part, selon les termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. "
15. D'autre part, en raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé. Il en va ainsi, notamment, des décisions qui ont été prises en application de l'acte annulé et de celles dont l'acte annulé constitue la base légale. Il incombe au juge de l'excès de pouvoir, lorsqu'il est saisi de conclusions recevables dirigées contre de telles décisions consécutives, de prononcer leur annulation par voie de conséquence, le cas échéant en relevant d'office un tel moyen qui découle de l'autorité absolue de chose jugée qui s'attache à l'annulation du premier acte.
16. En l'espèce, il résulte de ce qui a été dit au point 13 que M. A se disant Delalou est fondé à demander l'annulation de la décision du 12 mai 2025 par laquelle le préfet de la Drôme a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire. Par suite, et ainsi que les parties en ont été informées sur le fondement des dispositions combinées de l'article R. 611-7 du code de justice administrative et des articles R. 922-17 et R. 922-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu de prononcer, par voie de conséquence, l'annulation de la décision consécutive du même jour par laquelle l'autorité préfectorale a prononcé à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois.
17. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A se disant Delalou est seulement fondé à demander l'annulation des décisions du 12 mai 2025 par lesquelles lui a refusé un délai de départ volontaire et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de six mois.
Sur les frais liés au litige :
18. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. A se disant Delalou au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : M. A se disant Delalou est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les décisions du 12 mai 2025 par lesquelles le préfet de la Drôme a refusé à M. A se disant Delalou un délai de départ volontaire et a prononcé à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois sont annulées.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A se disant Delalou est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A se disant Ayman Delalou et au préfet de la Drôme.
Copie en sera adressée, pour information, à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2025.
Le magistrat désigné,
C. Gueguen
La greffière,
L. Bon-Mardion
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026