Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 mai 2025, 5 novembre 2025, 26 novembre 2025 et 29 décembre 2025, M. B... E..., représenté par la SELARL Hélios avocats, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d’annuler l’arrêté du 21 janvier 2025 par lequel la préfète du Rhône a délivré un permis de construire à la SAS Elévation immobilier en vue de la réalisation de vingt-quatre logements sur un terrain situé 71 chemin de Crépieux et la décision du 25 avril 2025 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la préfète du Rhône la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il dispose d’un intérêt à agir ;
- la décision du 25 avril 2025 rejetant son recours gracieux est entachée de l’incompétence de son signataire ;
- la société pétitionnaire n’avait pas qualité pour déposer la demande de permis de construire en cause, n’étant pas propriétaire de la parcelle cadastrée section AH n° 87 ; aucune pièce du dossier ne permet de s’assurer de l’accord de la commune pour occuper le domaine public ;
- le dossier de demande de permis de construire est insuffisant s’agissant de la notice ; l’état initial et les abords du projet sont peu décrits ; la présence de sa maison n’y est pas mentionnée ; les voies de circulation proches ne sont pas évoquées ; l’orientation d’aménagement et de programmation n° 5 « Terre des lièvres » n’est pas mentionnée ; le plan de masse n’indique pas les plantations maintenues, supprimées ou créées ; les plans de situation omettent volontairement de faire apparaître les ouvertures de la propriété voisine ;
- aucune étude de sécurité publique n’était jointe au dossier de demande de permis de construire en méconnaissance du i° de l’article R. 431-16 du code de l’urbanisme ;
- le projet méconnaît l’article 2.2.1.1 des dispositions du règlement du plan local d’urbanisme et de l’habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon applicables à la zone URm2 ;
- il méconnaît l’article 2.3.1 des dispositions du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicables à la zone URm2 ;
- un sursis à statuer aurait dû être opposé à la demande de permis en litige en application du 14° de l’article 194 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 ;
- le projet est incompatible avec l’orientation d’aménagement et de programmation voisine « Terre des Lièvres », le dossier de demande de permis de construire étant au demeurant incomplet en l’absence de toute mention de cette orientation ;
- il méconnaît l’article 1.3.2.2.1 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon dès lors qu’il n’est pas démontré que le risque d’inondation par ruissellement a été pris en compte, ni qu’un complément de stockage des eaux pluviales a été prévu ;
- il méconnait le règlement du lotissement ;
- il méconnaît l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme ainsi que les articles 5.1.1.2.1 et 5.1.1.2.2 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon ;
- le transformateur électrique présent à proximité du projet n’est pas mentionné dans le dossier de demande de permis, ce qui ne permet pas de s’assurer de sa prise en compte et de la sécurité des futurs occupants du projet ;
- le projet méconnaît l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme et l’article 4.1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2.
Par des mémoires en défense, enregistré les 3 octobre et 18 novembre 2025, la SAS Elévation immobilier, représentée par la SELAS Léga-Cité, conclut au rejet de la requête, au besoin après avoir fait application des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l’urbanisme, et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l’absence d’intérêt à agir du requérant ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une lettre du 5 septembre 2025, les parties ont été informées, en application de l’article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d’appeler l’affaire à une audience et que l’instruction pourrait être close à partir du 6 octobre 2025 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l’instruction immédiate a été prise le 26 janvier 2026.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme D...,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Rollin, représentant M. E...,
- les observations de M. A... et de M. C..., représentant la préfète du Rhône,
- et celles de Me Perrier, représentant la SAS Elévation immobilier.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Elévation immobilier a déposé, le 7 août 2024, en mairie de Caluire-et-Cuire une demande de permis de construire en vue de la réalisation de vingt-quatre logements sur un terrain situé 71 chemin de Crépieux. Par arrêté du 21 janvier 2025, la préfète du Rhône a délivré l’autorisation ainsi sollicitée. M. E... demande l’annulation de l’arrêté du 21 janvier 2025 et de la décision du 25 avril 2025 rejetant son recours gracieux.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense par la SAS Elévation immobilier :
2. Aux termes de l’article L. 600-1-2 du code de l’urbanisme : « Une personne autre que l’Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n’est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l’occupation ou à l’utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l’aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d’occupation, d’utilisation ou de jouissance du bien qu’elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d’une promesse de vente, de bail, ou d’un contrat préliminaire mentionné à l’article L. 261-15 du code de la construction et de l’habitation (…) ».
3. Il résulte de l’article L. 600-1-2 du code de l’urbanisme qu’il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d’un recours pour excès de pouvoir tendant à l’annulation d’un permis de construire, de démolir ou d’aménager, de préciser l’atteinte qu’il invoque pour justifier d’un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d’affecter directement les conditions d’occupation, d’utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s’il entend contester l’intérêt à agir du requérant, d’apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l’excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu’il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l’auteur du recours qu’il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu’il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d’un intérêt à agir lorsqu’il fait état devant le juge, qui statue au vu de l’ensemble des pièces du dossier, d’éléments relatifs à la nature, à l’importance ou à la localisation du projet de construction.
4. M. E..., propriétaire d’une maison d’habitation, est voisin immédiat du projet en litige. Pour justifier de son intérêt à agir, il fait notamment état de préjudices de vue, d’une perte d’ensoleillement et d’une augmentation significative de la circulation en raison de la création de vingt-quatre logements et de vingt-trois places de stationnement. Compte tenu de ces éléments et de l’ampleur du projet, M. E... apporte suffisamment d’éléments pour établir son intérêt à agir à l’encontre du projet en litige. La requête est dès lors recevable et la fin de non-recevoir opposée par la SAS Elévation immobilier ne peut qu’être écartée.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
5. En premier lieu, d’une part, aux termes de l’article L. 422-1 du code de l’urbanisme : « L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu (…) ». Aux termes de l’article L. 422-2 du même code : « Par exception aux dispositions du a de l'article L. 422-1, l'autorité administrative de l'Etat est compétente pour se prononcer sur un projet portant sur : (…) / d) Les opérations de logement situées dans les secteurs arrêtés par le préfet en application du deuxième alinéa de l'article L. 302-9-1 du code de la construction et de l'habitation et appartenant aux catégories de constructions ou d'aménagements listées dans l'arrêté pris en application du même article L. 302-9-1, et les opérations ayant fait l'objet, pendant la durée d'application de cet arrêté, d'une convention prise sur le fondement du sixième alinéa dudit article L. 302-9-1 ; (…) ».
6. D’autre part, aux termes de l’article L. 302-9-1 du code de la construction et de l'habitation : « Lorsque, dans les communes soumises aux obligations définies aux I et II de l'article L. 302-5, au terme de la période triennale échue, le nombre de logements locatifs sociaux à réaliser à l'échelle communale en application du I de l'article L. 302-8 n'a pas été atteint ou lorsque la typologie de financement définie au III du même article L. 302-8 n'a pas été respectée, le représentant de l'Etat dans le département informe le maire de la commune de son intention d'engager la procédure de constat de carence. Il lui précise les faits qui motivent l'engagement de la procédure et l'invite à présenter ses observations dans un délai au plus de deux mois. / En tenant compte de l'importance de l'écart entre les objectifs et les réalisations constatées au cours de la période triennale échue, des difficultés rencontrées le cas échéant par la commune et des projets de logements sociaux en cours de réalisation, le représentant de l'Etat dans le département peut, par un arrêté motivé pris après avis du comité régional de l'habitat et de l'hébergement et, le cas échéant, après avis de la commission mentionnée à l'article L. 302-9-1-1, prononcer la carence de la commune. Cet arrêté peut aussi prévoir les secteurs dans lesquels le représentant de l'Etat dans le département est compétent pour délivrer les autorisations d'utilisation et d'occupation du sol pour des catégories de constructions ou d'aménagements à usage de logements listées dans l'arrêté. (…) ».
7. Il résulte des dispositions citées précédemment et des termes de l’arrêté du 27 décembre 2023 prononçant la carence définie par l’article L. 302-9-1 du code de la construction et de l’habitation au titre de la période triennale 2020-2022 pour la commune de Caluire-et-Cuire que le représentant de l’Etat est notamment compétent pour délivrer les autorisations d’urbanisme portant sur des projets de deux logements et plus, à l’exception des permis de construire valant division parcellaire ne comprenant que des maisons individuelles. Si le requérant fait valoir qu’il n’est pas démontré que le signataire de la décision du 25 avril 2025 rejetant son recours gracieux était compétent, le vice propre de cette décision ne peut être utilement contesté. Ainsi, alors qu’au demeurant le permis de construire en litige est signé par la préfète du Rhône elle-même, le moyen soulevé ne peut qu’être écarté.
8. En deuxième lieu, d’une part, aux termes de l’article R. 423-1 du code de l’urbanisme : « Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / (…) ». En application de l’article R. 431-5 du même code : « (…) / La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis. ».
9. Il résulte de ces dispositions que les demandes de permis de construire doivent seulement comporter l’attestation du pétitionnaire qu’il remplit les conditions définies à l’article R. 423-1 cité ci-dessus. Les autorisations d’utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s’assurer de la conformité des travaux qu’elles autorisent avec la législation et la réglementation d’urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n’appartient pas à l’autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l’instruction d’une demande de permis, la validité de l’attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l’attestation prévue à l’article R. 423-1 du code de l’urbanisme doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande.
10. D’autre part, aux termes de l’article R. 431-13 du code de l’urbanisme : « Lorsque le projet de construction porte sur une dépendance du domaine public, le dossier joint à la demande de permis de construire comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public. ».
11. D’abord, il ressort des pièces du dossier que la société pétitionnaire a joint à la demande de permis de construire déposée en mairie l’attestation aux termes de laquelle elle déclare avoir qualité pour déposer une telle demande. Dans ces conditions, dès lors qu’elle doit être regardée comme ayant qualité pour la présenter, le moyen tiré d’une absence de cette qualité doit être écarté.
12. Ensuite, il ne ressort pas des pièces du dossier qu’une partie des bâtiments projetés serait construite sur une dépendance du domaine public, le formulaire Cerfa du dossier de demande de permis de construire précisant qu’une partie de la parcelle cadastrée section AH n° 87 provient d’une cession de la métropole de Lyon au profit de la SAS Elévation immobilier. Dès lors, le dossier de demande de permis n'avait pas à être complété par l'accord du gestionnaire de ce domaine.
13. En troisième lieu, aux termes de l’article R. 431-8 du code de l’urbanisme : « Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; (…) e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. (…) ». Et aux termes de l’article R. 431-10 du même code : « Le projet architectural comprend également : (…) / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ».
14. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l’ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l’urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n’est susceptible d’entacher d’illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l’appréciation portée par l’autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
15. En l’espèce, la notice du dossier de demande de permis de construire décrit la situation du terrain, indique que l’opération se situe dans un quartier résidentiel comportant principalement des maisons individuelles, quelques habitations intermédiaires et des petits logements collectifs. Elle mentionne les caractéristiques de la zone d’implantation du projet et précise que le terrain est « en forme de fer à cheval insérant la propriété voisine ». La circonstance que les ouvertures de cette propriété voisine ne soient pas représentées sur les documents graphiques d’insertion ne constitue pas un obstacle à l’appréciation de l’insertion du projet dans son environnement alors que le dossier de demande comprend également un plan topographique, un plan de situation, une vue aérienne représentant d’ailleurs la maison du requérant, deux documents graphiques d’insertion, deux photographies de l’environnement proche et une photographie de l’environnement lointain, ces différents éléments ayant ainsi permis au service instructeur d’apprécier l’état initial du terrain, ses abords et son environnement. La notice indique en outre que le terrain est desservi au nord par le chemin des Bruyères qui est représenté sur l’une des photographies produites. Le service instructeur a donc pu apprécier les caractéristiques de la voie de desserte du terrain. Par ailleurs, les dispositions législatives ou réglementaires n’imposent pas d’indiquer que le terrain d’assiette du projet est concerné par le périmètre d’une orientation d’aménagement et de programmation, ce qui en tout état de cause n’est pas le cas en l’espèce. Enfin, la notice indique que les surfaces de pleine terre totalisent 1 052,94 m², que 21 arbres de haute tige seront plantés et que tous les jardins à usage privatif seront engazonnés. Elle précise que l’espace végétalisé à valoriser présent sur le terrain n’est pas impacté par le projet de construction des bâtis et que tous les arbres à haute tige et arbustes existants sont conservés. Un plan des surfaces de pleine terre vient en complément illustrer les déclarations de la notice. Le service instructeur a ainsi pu apprécier les plantations maintenues, supprimées ou créées par le projet. Dès lors, le moyen tiré de l’insuffisance du dossier de demande de permis de construire doit être écarté dans toutes ses branches.
16. En quatrième lieu, aux termes de l’article R. 431-16 du code de l’urbanisme : « Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : (…) / i) L'étude de sécurité publique, lorsqu'elle est exigée en application des articles R. 114-1 et R. 114-2 ; (…) ».
17. Si la SAS Elévation immobilier a coché la case correspondant à l’étude de sécurité publique dans le formulaire Cerfa du dossier de demande de permis de construire, il n’est pas contesté qu’il s’agit d’une erreur matérielle. Au demeurant, il n’est pas établi, ni même allégué, que l’étude de sécurité publique était requise en application des articles R. 114-1 et R. 114-2 du code de l’urbanisme. Dès lors, le moyen tiré de l’insuffisance du dossier de demande de permis de construire au regard de l’article R. 431-16 du code de l’urbanisme doit être écarté.
18. En cinquième lieu, aux termes de l’article 2.2.1.1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2 : « (…) / b. Implantation par rapport aux limites séparatives de fond de terrain / Les constructions sont implantées en retrait* de la limite séparative de fond de terrain*. / Le retrait* est au moins égal à la moitié de la hauteur de façade* de la construction (R ≥ Hf/2), avec un minimum de 4 mètres. (…) ». Aux termes de l’article 2.2.2 du règlement applicable à cette même zone : « (…) c. l'implantation d'une construction qui, en raison des caractéristiques particulières du terrain* telles qu'une configuration irrégulière ou atypique, une topographie accidentée, une situation en décalage altimétrique par rapport au niveau de la voie, une localisation au contact de plusieurs limites de référence* (terrain d’angle notamment), ne peut pas être conforme à la règle. Dans ce cas, le choix d'implantation de la construction est fait afin d'adapter la construction en vue de son insertion dans le site, en prenant en compte la morphologie urbaine environnante. (…) ». Et l’article 2.2.1 des dispositions communes à toutes les zones précise que : « Définitions. (…) / Limites séparatives, limites latérales, limites de fond de terrain / Les dispositions du présent paragraphe régissent l’implantation des constructions par rapport aux limites séparatives du terrain, c’est-à-dire les limites latérales et de fonds de terrain qui ne sont pas concernées par l’application de la section 2.1 ci-avant. / La qualification de la limite séparative est déterminée à partir du seul terrain d’assiette de l'opération. / En se référant à un terrain présentant une configuration d’un quadrilatère régulier, les limites qui aboutissent à la limite de référence constituent les limites séparatives latérales. La limite opposée à la limite de référence constitue une limite de fonds de terrain. Dans l’acception courante, il faut assimiler toute morphologie parcellaire complexe à cette configuration théorique en considérant comme limite latérale tout côté de terrain aboutissant à la limite de référence y compris les éventuels décrochements, coudes ou brisures. / En toute hypothèse, pour les terrains situés à l’angle de deux limites de référence, les limites séparatives aboutissant aux limites de référence sont assimilées à des limites latérales. ».
19. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du plan de masse, que la partie sud du bâtiment accueillant le local à vélos et des garages est implantée à moins de quatre mètres par rapport à la limite séparative de fond de terrain. La société pétitionnaire fait valoir qu’elle a entendu faire application de la règle alternative prévue par le c) de l’article 2.2.2 précité du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2 en raison des caractéristiques particulières du terrain, en forme de « fer à cheval » et bordé de trois limites de référence. Toutefois, si le terrain d’assiette présente, très ponctuellement, une faible profondeur en bordure Est, il ne ressort pas des pièces du dossier que l’implantation des constructions projetées ne pouvait pas être conforme à la règle imposant un retrait au moins égal à quatre mètres compte tenu notamment de la forme et de la superficie totale du terrain. Dans ces conditions, M. E... est fondé à soutenir que l’implantation de la partie sud du bâtiment accueillant le local à vélos et des garages méconnaît l’article 2.2.1.1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2.
20. En sixième lieu, aux termes de l’article 2.3.1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2 : « Règle générale / La distance* minimale entre constructions ou parties de construction non contiguës* implantées sur un même terrain*, hors césures* et fractionnements*, est : / - au moins égale à 8 mètres (D ≥ 8 m), dans le cas où chacune des deux constructions développe une longueur de façade* supérieure à 15 mètres ; / - au moins égale à la moitié de la hauteur de façade* la plus élevée (D ≥ Hf/2) avec un minimum de 4 mètres, dans le cas où l'une des constructions développe une longueur de façade* au plus égale à 15 mètres ou dans le cas où les constructions ne sont pas en vis à vis*. / La distance* entre une annexe* et une autre construction n'est pas réglementée. (…) ». Selon l’article 1.1.1 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon : « Une annexe est une construction secondaire, de dimensions réduites et inférieures à la construction principale, qui apporte un complément aux fonctionnalités de la construction principale. Il peut s’agir, par exemple, de garages, de locaux vélos, de points de présentation des déchets, d’abris de jardin, de piscines. Elle est implantée selon un éloignement restreint entre les deux constructions afin de marquer un lien d’usage. Elle n'est pas accolée à la construction principale avec qui elle entretient un lien fonctionnel, sans accès direct depuis cette dernière. ». Et aux termes de l’article 2.3.1 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon : « a. Contigu (construction ou terrain) / Des constructions sont contiguës lorsque la majorité de leurs façades sont directement en contact. Des constructions seulement reliées par un élément architectural, tel qu’un portique, un porche, un escalier ou un auvent, ne constituent pas des constructions contiguës. (…) / c. Vis-à-vis / Sont en vis-à-vis, les constructions non accolées, implantées sur le même terrain, dont l’un ou plusieurs des plans horizontaux développés chacun perpendiculairement au nu général de toute façade à l’extérieur de l’emprise de la construction, rencontrent tout ou partie d’une ou plusieurs façades de la construction voisine, selon le schéma règlementaire ci-après. / Dès lors que le vis-à-vis ne concerne qu’une partie de façade de la construction, les dispositions de l’alinéa ci-avant ne s’appliquent qu’à la partie de façade de la construction en vis-à-vis. ».
21. D’une part, il ressort des pièces du dossier que le bâtiment accueillant les lots nos 7 à 10 est en léger vis-à-vis du bâtiment accueillant les garages et le local à vélos. Si la préfète du Rhône fait valoir que la distance entre ce dernier bâtiment et une autre construction présente sur le même terrain n’est pas réglementée en raison de la qualification d’annexe de ce bâtiment, il ressort toutefois des pièces du dossier que ce bâtiment, d’une longueur de façade supérieure à vingt mètres, est accolé à l’un des bâtiments principaux du projet et ne peut donc être regardé comme une annexe au sens du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon. Dans ces conditions, ainsi que le fait valoir le requérant, la distance minimale de huit mètres, qui est d’interprétation stricte, n’est pas respectée entre ces deux constructions en méconnaissance de l’article 2.3.1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2.
22. D’autre part, il ressort des différents plans de masse et plans de coupe du dossier de demande de permis de construire que l’une des façades du garage du lot 5 est directement en contact avec l’une des façades du lot 6, ce garage, qui ne constitue ni un élément architectural ni une annexe au sens du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon, étant ainsi contigu au lot 6. Il ressort également du plan des façades est que la majorité de la façade sud du lot 3 est directement en contact avec la façade nord du lot 4. Enfin, il ressort de ce même plan de façade est et de la pièce PC 2-10 que la majorité de la façade sud du lot 4, qui présente un décroché accueillant une partie de la surface de plancher du lot en cause, est directement en contact avec la façade nord du lot 5. Dès lors, l’ensemble de ces bâtiments étant accolés, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 2.3.1 des dispositions du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicables à la zone URm2 doit être écarté dans toutes ses branches.
23. En septième lieu, l’article 194 de la loi du 22 août 2021 susvisée, dite « Climat-résilience », tel que modifié par la loi du 20 juillet 2023, dispose : « (…) IV.- Afin d’assurer l’intégration des objectifs de lutte contre l’artificialisation des sols et de réduction de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers : (…) / 14° Dans le cadre de la mise en œuvre des objectifs mentionnés au présent article, l’autorité compétente pour délivrer les autorisations d’urbanisme peut surseoir à statuer sur une demande d’autorisation d’urbanisme entraînant une consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers qui pourrait compromettre l’atteinte des objectifs de réduction de cette consommation susceptibles d’être fixés par le document d’urbanisme en cours d’élaboration ou de modification, durant la première tranche de dix années mentionnée au 1° du III. / La décision de surseoir à statuer est motivée en considération soit de l’ampleur de la consommation résultant du projet faisant l’objet de la demande d’autorisation, soit de la faiblesse des capacités résiduelles de consommation au regard des objectifs de réduction mentionnés au premier alinéa du présent 14°. (…) ». Il résulte des travaux parlementaires de la loi du 20 juillet 2023 que le sursis à statuer prévu par ces dispositions a vocation à pallier les insuffisances de celui prévu par les dispositions de l’article L. 153-11 du code de l’urbanisme en dotant les autorités compétentes d’un nouvel outil spécifique pour mettre en œuvre les objectifs de réduction et de l’artificialisation des sols avant même que ne débute la modification des documents d’urbanisme locaux pour y intégrer ces objectifs. Ainsi, le sursis à statuer prévu à l’article 194 de la loi du 22 août 2021 doit en principe être mobilisé avant la tenue du débat sur les orientations du projet d’aménagement et de développement durables, laquelle permet à l’autorité compétente d’opposer un sursis à statuer sur le fondement des dispositions de l’article L. 153-11 du code de l’urbanisme. Il résulte également desdits travaux parlementaires que, pour pouvoir opposer un sursis à statuer sur le fondement de l’article 194 de la loi du 22 août 2021, l’autorité compétente doit avoir fixé un plafond indicatif et provisoire de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers qu’elle devra atteindre d’ici la fin de la première période décennale 2021-2031 et justifier de l’impact significatif du projet au regard de ce plafond.
24. Si M. E... soutient que le permis aurait dû faire l’objet d’un sursis à statuer en application des dispositions citées au point 23, le requérant ne démontre toutefois pas que le projet, implanté en zone urbaine, aurait un impact significatif au regard du plafond de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers et n’apporte en tout état de cause aucune précision sur les objectifs de réduction de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers que pourrait fixer le document d’urbanisme en cours d’élaboration ou de modification et sur l’atteinte que serait susceptible d’y porter le projet. Par suite, le moyen ainsi soulevé ne peut qu’être écarté.
25. En huitième lieu, si le requérant fait valoir que le projet est incompatible avec l’orientation d’aménagement et de programmation voisine « Terre des Lièvres », le terrain d’assiette du projet est toutefois situé en dehors du périmètre de cette orientation. Dans ces conditions, alors que le dossier n’est entaché d’aucune incomplétude à l’égard de l’orientation en cause, le moyen soulevé, inopérant, ne peut qu’être écarté.
26. En neuvième lieu, aux termes de l’article 1.3.2.2.1 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon : « (…) c. Risque d’inondation par ruissellement / Une inondation est une submersion rapide ou lente, d’une zone habituellement hors d’eau. Ce risque d’inondation est renforcé par l’imperméabilisation des sols et les pratiques culturales qui limitent l’infiltration des précipitations. Les études permettant de définir le niveau de risque ont été réalisées sur la base d’une pluie d’une période de retour de 100 ans. (…) ». Et aux termes de l’article 1.3.2.2.2 de ces dispositions communes : « Les périmètres de production / Il s’agit d’une zone initiant la production du ruissellement au niveau des points hauts topographiques qui n’est pas directement soumise au risque mais qui l’aggrave en favorisant le ruissellement des eaux, du fait notamment de l’imperméabilisation des sols liée à l’urbanisation. / On distingue les périmètres de production prioritaire, les périmètres de production secondaire, et les périmètres de production tertiaire. / Le temps de vidange prescrit dans ces périmètres de production ne s’applique pas aux ouvrages de récupération d’eaux pluviales destinées à une utilisation tels qu’arrosage des espaces verts, incendie. / a. Périmètres de production prioritaire / Les zones de production du ruissellement sont qualifiées de prioritaires dès lors qu’elles se situent en amont des secteurs les plus vulnérables et génèrent des apports d’eaux pluviales en direction de ces secteurs déjà bâtis. / Dans ces périmètres, un complément de stockage des eaux pluviales est mis en place. (…) ».
27. Il ressort des pièces du dossier qu’une étude de gestion des eaux pluviales était jointe au dossier de demande de permis. Cette étude rappelle le contexte géologique du site, la perméabilité des terrains et contient un avis quant aux possibilités de traitement des eaux pluviales. Le plan des réseaux matérialise l’implantation de quatre ouvrages de rétention et d’infiltration des eaux pluviales des voiries et des toitures. Alors que M. E... se borne à soutenir qu’il n’est pas démontré que le risque d’inondation par ruissellement a été pris en compte, ni qu’un complément de stockage des eaux pluviales a été prévu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent doit être écarté.
28. En dixième lieu, aux termes de l’article L. 442-9 du code de l’urbanisme : « Les règles d'urbanisme contenues dans les documents du lotissement, notamment le règlement, le cahier des charges s'il a été approuvé ou les clauses de nature réglementaire du cahier des charges s'il n'a pas été approuvé, deviennent caduques au terme de dix années à compter de la délivrance de l'autorisation de lotir si, à cette date, le lotissement est couvert par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu. (…) ». Il résulte de ces dispositions que, tant qu’ils ne sont pas caducs, les documents du lotissement, parmi lesquels le règlement qui revêt un caractère réglementaire, s’appliquent aux demandes de permis de construire présentées dans ce cadre.
29. Si le requérant fait état de la méconnaissance du règlement du lotissement par le projet litigieux en ce qui concerne l’implantation des constructions, les plantations et la surface de plancher, ce moyen, alors que la société pétitionnaire fait valoir qu’elle n’a pas entendu mettre en œuvre le permis d’aménager qui avait été tacitement accordé, n’est pas assorti de précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé.
30. En onzième lieu, aux termes de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme : « Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. » Aux termes de l’article 5.1.1.2.1 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon : « Conditions de desserte des terrains par les voies / a. Règles applicables à l'ensemble des voies de desserte. / Les voies de desserte des terrains : - présentent des caractéristiques répondant à la nature et à l’importance du projet situé sur le terrain à desservir ; / (…) ». Et l’article 5.1.1.2.2 de ces dispositions communes prévoit que : « (…) b. Caractéristiques des accès. / Une opération comporte un nombre d'accès sur les voies publiques limité au strict nécessaire. / Les accès : / - sont conçus en tenant compte de la topographie et de la configuration des lieux dans lesquels s’insère l’opération, en cherchant d’une part à réduire leur impact sur la fluidité de la circulation des voies de desserte, d’autre part la mutualisation des accès ; / - présentent des caractéristiques répondant à la nature et à l’importance du projet ; / - prennent en compte la nature des voies sur lesquelles ils sont susceptibles d’être aménagés afin de préserver la sécurité des personnes (visibilité, vitesse sur voie, intensité du trafic…) ; / - permettent d’assurer la sécurité des usagers des voies de desserte et de ceux utilisant ces accès. / Cette sécurité est appréciée compte tenu : / - de la position des accès et de leur configuration ; / - de la nature des voies de desserte, du type de trafic et de son intensité. (…) ».
31. Le projet, qui prévoit la réalisation de vingt-quatre logements et de vingt-trois places de stationnement, est desservi par deux accès, l’un entrant et l’autre sortant, présentant chacun une largeur minimale de 4 mètres, offrant de bonnes conditions de visibilité, et débouchant sur le chemin des Bruyères, qui est une voie rectiligne au droit du terrain rejoignant le chemin Petit. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le chemin des Bruyères qui dessert déjà d’autres constructions, et dont le caractère accidentogène n’est ni établi ni même allégué, ne présenterait pas les caractéristiques répondant à la nature et à l’importance du projet en cause alors qu’au demeurant, il ressort de l’avis émis le 21 novembre 2024 par le service technique métropolitain que le pétitionnaire devra faire une demande de création d’entrée charretière et qu’un projet de voirie est prévu sur ce chemin. Les conditions de circulation sur ce dernier chemin et les nuisances sonores liées au trafic sont sans incidence sur la légalité du permis de construire en litige. En outre, si aucun aménagement piétonnier n’est réalisé en bordure du chemin des Bruyères et si des véhicules stationnent régulièrement sur le bas-côté de ce chemin, ces circonstances ne sont pas de nature à établir que la desserte des constructions projetées n’est pas assurée dans des conditions suffisantes de sécurité. Enfin, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que les deux accès créés ne seraient pas limités au strict nécessaire compte tenu de la configuration du terrain d’assiette qui encadre une propriété voisine. Les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées des articles 5.1.1.2.1 et 5.1.1.2.2 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon et de l’erreur manifeste d’appréciation dans l’application de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme doivent, par suite, être écartés.
32. En douzième lieu, d’une part, aucune disposition législative ou réglementaire n’impose de mentionner dans le dossier de demande de permis de construire les transformateurs électriques présents à proximité du terrain d’assiette du projet. D’autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la présence d’un transformateur électrique situé sur le domaine public soit de nature à porter atteinte à la sécurité des futurs occupants du projet en litige.
33. En dernier lieu, aux termes de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme : « Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ». En vertu de l’article 4.1 des dispositions applicables à la zone URm2 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon : « Insertion du projet / Cette zone à dominante résidentielle regroupe les tissus urbains où l'ordonnancement du bâti sur rue est majoritairement en ordre discontinu, la perception de continuité étant assurée par le bâti ou le paysage. A l’arrière de ce bâti sur rue se développent des cœurs d’îlot où la présence végétale est forte et les volumétries sont plus modestes. / Les objectifs poursuivis sont, tant pour les constructions nouvelles que les travaux sur constructions existantes* : / - de promouvoir une forme urbaine diversifiée de petits collectifs, d’habitat intermédiaire ou individuel resserré ; (…) / - de permettre l’expression d’une architecture contemporaine et la créativité architecturale. (…) / 4.1.1 - Conception du projet dans son environnement urbain et paysager / a. La conception du projet permet son insertion dans la morphologie urbaine de la zone considérée en prenant en compte son environnement urbain et paysager, sauf contexte urbain particulier ; (…) ».
34. Les dispositions précitées du chapitre 4 ont le même objet que celles de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c’est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d’urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
35. Le projet est implanté au sein d’une zone à dominante résidentielle regroupant des maisons individuelles en R+1 mais aussi des bâtiments collectifs à l’ouest du terrain. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet en litige, qui prévoit la réalisation de dix bâtiments en R+1+combles aux dimensions relativement modestes, ne s’insèrerait pas dans cet environnement hétérogène sans intérêt architectural particulier alors qu’au demeurant l’article 4.1 précité poursuit l’objectif de promouvoir une forme urbaine diversifiée de petits collectifs, d’habitat intermédiaire ou individuel resserré et autorise l’expression d’une architecture contemporaine. En outre, en se bornant à faire valoir que les couleurs des matériaux ont été choisies aléatoirement, le requérant ne critique pas utilement l’insertion du projet à cet égard. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 13 doit être écarté en toutes ses branches.
Sur les conséquences des vices relevés :
36. Aux termes de l’article L. 600-5 du code de l’urbanisme : « Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire (…) estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. (…) ».
37. Le vices relevés aux points 19 et 21 du présent jugement sont susceptibles, eu égard à leur nature, à leur portée et à la configuration des lieux, de faire l’objet d’une mesure de régularisation par des modifications du projet qui n’impliquent pas d’en modifier la nature.
38. Il résulte de tout ce qui précède que M. E... est seulement fondé à demander l’annulation de l’arrêté du 21 janvier 2025 de la préfète du Rhône en tant qu’il méconnaît les articles 2.2.1.1 et 2.3.1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2. Il est également fondé à demander l’annulation, dans cette mesure, de la décision du 25 avril 2025 rejetant son recours gracieux.
Sur les frais liés à l’instance :
39. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions des parties présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L’arrêté du 21 janvier 2025 de la préfète du Rhône et la décision du 25 avril 2025 sont annulés dans les conditions prévues au point 38 du présent jugement.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... E..., à la SAS Elévation immobilier et au ministre de la ville et du logement.
Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 12 mars 2026, à laquelle siégeaient :
- M. Thierry Besse, président,
- Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,
- Mme Marie Chapard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2026.
La rapporteure,
F.-M. D...
Le président,
T. Besse
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,