lundi 7 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2507756 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | CLEMENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juin 2025, Mme C A, représentée par Me Clément, demande au tribunal d'annuler la décision du 12 juin 2025 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'intégration et de l'immigration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficiait.
Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en l'absence de prise en compte de sa vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2025, l'Office français de l'intégration et de l'immigration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme de Tonnac en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique, à laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'était ni présent ni représenté.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus :
- le rapport de Mme de Tonnac ;
- les observations de Me Clément, avocat de permanence représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins que dans la requête et introduit des conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir les conditions matérielles d'accueil de Mme A à compter du 12 juin 2025 et à ce qu'il soit mis à la charge de l'Office français de l'intégration et de l'immigration une somme de 1 000 euros à lui verser au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; il reprend le moyen soulevé dans la requête et introduit un moyen de légalité externe tiré d'un vice de forme substantiel, à défaut de mention de la qualité de l'auteur de la décision ainsi qu'un moyen de légalité interne tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant au regard des conséquences de la décision contestée pour les trois enfants de Mme A qui seront privés de ressources et de logement ;
- les observations de Mme A, assistée de M. B, interprète en langue lingala, qui déclare n'avoir aucun moyen et vivre seule avec ses trois enfants, qui parlent le français.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante angolaise née le 25 juin 1992, demande l'annulation de la décision du 12 juin 2025 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'intégration et de l'immigration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficiait.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Selon les termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement des dispositions citées au point précédent.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. " L'article D. 551-18 de ce code précise enfin que " Dans les cas prévus aux 1° à 3° de l'article L. 551-16, elle ne peut être prise que dans des cas exceptionnels. () ".
5. Pour mettre fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait Mme A, l'Office français de l'intégration et de l'immigration s'est fondé sur la circonstance qu'elle n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter à ces autorités. Mme A fait valoir qu'elle vit seule avec ses trois enfants mineurs, nés le 4 juillet 2013, le 23 mai 2017 et le 29 juillet 2020, sans aucune nouvelle du père de ses enfants qui réside toujours en Angola, et qu'elle n'a aucune ressource ni attaches en France pour lui apporter un soutien, notamment matériel. Dans ces conditions, alors qu'il ne ressort pas des termes de la décision contestée que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a tenu compte de la vulnérabilité de la requérante, eu égard à sa qualité de parent isolé accompagné d'enfants mineurs, alors que la requérante avait portant indiqué dans la fiche d'évaluation de vulnérabilité que sa fille souffrait de problèmes de santé pour lesquels elle a été hospitalisée et qu'elle n'avait aucune solution d'hébergement ni de contact avec le père de ses enfants, la requérante est fondée à soutenir que la décision en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation de vulnérabilité, au regard des dispositions précitées qui impliquent que la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil ne peut être prise que dans des cas exceptionnels.
6. Il résulte de de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 12 juin 2025 mettant fin à ses conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard à son motif, le présent jugement implique que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil soit rétabli au profit de la requérante à la date du 12 juin 2025. Il y a donc lieu d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder à ce rétablissement dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et, sous réserve que l'avocat du requérant renonce à percevoir la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 000 euros à verser à Me Clément.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A est provisoirement admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision du 12 juin 2025 du directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir les conditions matérielles d'accueil de Mme A à compter du 12 juin 2025, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement.
Article 4 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Clément, avocat de Mme A, la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce à la part contributive de l'État.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2025
La magistrate désignée,
A. de TonnacLa greffière,
L. Bon-Mardion
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026