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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2508236

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2508236

mardi 8 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2508236
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBECHAUX

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Lyon rejette la requête en référé suspension de Mme B, ressortissante congolaise, qui contestait le refus implicite de la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour. Le juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, faute pour la requérante de justifier d'une atteinte grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle. En conséquence, la demande de suspension est rejetée sans examen des moyens de légalité soulevés, et la requérante n'est pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 juillet 2025, Mme C B, représentée par Me Béchaux, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ; aucune réponse n'a été apportée à sa demande, plus de trente mois après son dépôt ; elle ne peut exercer aucune activité professionnelle, ni envisager une formation en alternance ou en apprentissage, ni même passer son permis de conduire, alors pourtant qu'elle a passé l'essentiel de sa vie en France ; elle ne peut pas non plus voyager à l'étranger ;

- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée les moyens suivants :

* la décision méconnaît les dispositions l'article L. 423-121 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n° 2508235 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision implicite en litige.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. Mme B, ressortissante de la République Démocratique du Congo, née en 2004 et entrée en France en 2006, a déposé le 26 octobre 2022 une première demande de titre de séjour. Elle demande au juge des référés de suspendre l'exécution du refus implicite opposé à sa demande.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Pour établir que la condition d'urgence est remplie, Mme B se borne à faire valoir, de manière générale, qu'elle ne peut exercer une activité professionnelle, ni envisager une formation en alternance ou en apprentissage, ni encore voyager ou passer son permis de conduire. Toutefois, l'intéressée, si elle fait valoir qu'elle est suivie par une mission locale, n'apporte aucune précision sur sa situation actuelle, ne fait état d'aucune démarche de sa part en vue de trouver un emploi ou une formation et ne met pas à même le juge des référés d'apprécier l'atteinte grave et immédiate qui serait concrètement portée à sa situation. Par suite, et à défaut pour la requérante d'apporter sur ce point la preuve qui lui incombe, la condition d'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'admettre la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, et sans qu'il soit besoin d'examiner s'il est fait état d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, que la requête de Mme B doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B.

Copie sera adressée à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 8 juillet 2025.

Le juge des référés,

T. A

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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