mardi 29 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2508549 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | GREPINET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juin 2025, Mme A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 juin 2025 par lequel la préfète du Rhône a décidé sa remise aux autorités allemandes, responsables de l'examen de sa demande d'asile.
Elle soutient qu'un retour en Allemagne n'est pas envisageable compte tenu de la fragilité de l'état de santé de son époux, M. D.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2025 ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 11 juillet 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La présidente du tribunal a désigné Mme Collomb, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Collomb, magistrate désignée ;
- les observations de Me Grepinet, représentant Mme B qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soutient, en outre, que l'arrêté contesté est insuffisamment motivé, qu'il a été édicté à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'est pas établi que l'entretien individuel, prévu par les dispositions de l'article 5 du même règlement, ait été mené par une personne qualifiée en vertu du droit national ; qu'il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'état de santé de son époux justifie l'application de la clause discrétionnaire prévue par l'article 17 du même règlement.
- les déclarations de Mme B, assistée par Mme C, interprète en langue géorgienne.
La préfète du Rhône n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience conformément aux dispositions de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante géorgienne, née le 30 avril 1968, déclare être entrée en France le 20 décembre 2024 accompagnée de son époux M. D. Elle a sollicité son admission au séjour au titre du droit d'asile auprès des services de la préfecture du Rhône le 19 mars 2025 selon la procédure dite " Dublin ". Lors de l'instruction de cette demande, la consultation du fichier européen EURODAC a révélé que l'intéressée avait demandé l'asile en Allemagne le 27 décembre 2024. La préfète du Rhône a alors saisi les autorités de ce pays d'une demande de reprise en charge et ces dernières ont fait connaître leur accord explicite pour la réadmission de la requérante le 16 avril 2025, cet accord étant valable six mois. Par un arrêté du 18 juin 2025, dont Mme B demande l'annulation, la préfète du Rhône a ordonné son transfert aux autorités allemandes, ainsi responsables de sa demande d'asile.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, selon les termes de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative. () ".
3. En l'espèce, l'arrêté contesté vise les textes dont il fait application, en particulier les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les dispositions utiles du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, ainsi que celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme B sur lesquelles la préfète du Rhône s'est fondée pour ordonner son transfert aux autorités allemandes. Contrairement à ce que semble soutenir la requérante, l'autorité préfectorale n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à sa situation personnelle, mais seulement ceux sur lesquels elle a entendu fonder sa décision, et s'il lui est loisible de contester l'appréciation qu'elle a portée sur sa situation, en particulier s'agissant de l'état de santé de son époux et du motif réel de sa demande d'asile, cette divergence d'analyse n'est pas de nature à établir l'insuffisance de motivation alléguée dès lors que le caractère suffisant de cette motivation s'apprécie indépendamment du bien-fondé des motifs retenus. Par suite, l'arrêté attaqué, qui comporte de manière non stéréotypée les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et ont ainsi permis à Mme B d'en contester utilement le bien-fondé, est suffisamment motivé au regard des dispositions précitées de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () / 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. / () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a bénéficié le 19 mars 2025 d'un entretien individuel, en langue géorgienne par le biais d'un interprète, au cours duquel elle a pu faire valoir ses observations. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 en l'absence d'entretien préalable doit par suite être écarté.
7. Aux termes de l'article 17 du règlement européen du 26 juin 2013 susvisé : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () 2. L'État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'État membre responsable, ou l'État membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre État membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre État membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. Les personnes concernées doivent exprimer leur consentement par écrit. ".
8. Pour soutenir que la préfète du Rhône aurait dû faire usage de la clause discrétionnaire, Mme B se prévaut de l'état de santé de son époux, M. D, que les autorités allemandes ont également accepté de reprendre en charge et qui a fait l'objet d'un arrêté de transfert daté du même jour. Elle ne produit toutefois aucun élément permettant d'établir que son époux, qui est atteint d'un cancer et de l'hépatite C, ne pourrait bénéficier d'un suivi approprié en Allemagne où le couple a séjourné avant son arrivée sur le territoire national. Par ailleurs, la seule production de deux attestations médicales datés des 20 juin et 15 juillet 2025 indiquant qu'un " voyage n'est pas recommandé " ne suffit pas à établir que l'état de santé de M. D présenterait un risque particulier incompatible avec un trajet vers l'Allemagne, ni à la date de la décision en litige, ni dans le délai imparti aux autorités françaises pour mettre en exécution la décision attaquée. Enfin, il n'est pas établi que la demande d'asile de Mme B ne serait pas sérieusement instruite par les autorités allemandes, ni qu'elle ne pourrait, le cas échéant, contester une mesure d'éloignement prise à son encontre en faisant état des éléments qu'elle n'aurait pu porter à la connaissance des autorités en charge de sa demande concernant notamment les raisons ayant motivé son départ de Géorgie. Dans ces conditions, en refusant de faire application de la clause discrétionnaire, la préfète du Rhône n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2025
La magistrate désignée,
C. COLLOMB
La greffière,
F. GAILLARD
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour exécution conforme,
Un greffier
N°2508549
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026