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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2511332

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2511332

mardi 30 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2511332
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantVICTORIA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a été saisi en référé suspension par des associations de protection de la nature, contestant l’article 2 de l’arrêté préfectoral du 14 mars 2025 qui exceptait de la suspension les travaux de construction d’un pont-rail, dans le cadre d’un projet de déviation. Les associations soutenaient que ces travaux, réalisés avant l’obtention d’une dérogation à la protection des espèces prévue aux articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de l’environnement, risquaient de porter une atteinte grave et irréversible aux espèces protégées et à leurs habitats. Le juge a estimé que la condition d’urgence était remplie, compte tenu du début imminent des travaux et de l’atteinte potentielle aux intérêts environnementaux défendus. Il a également retenu l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la décision, faute de justification suffisante d’un intérêt général impérieux permettant de déroger à l’interdiction de destruction d’espèces protégées avant l’obtention de la dérogation. En conséquence, le tribunal a ordonné la suspension de l’exécution des dispositions litigieuses de l’arrêté du 14

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 9, 26 et 29 septembre 2025, la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (FRAPNA) Drome Nature Environnement, l’association ALTERRE et la Fédération des associations de protection de la nature (FRAPNA) d’Ardèche, représentées par la SELARL Victoria-Bronzani, demandent au juge des référés :

1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution :
- des dispositions de l’article 2 exceptant de la suspension des travaux les travaux de réalisation d’un pont-rail et des articles 4 et 5 de l’arrêté du 14 mars 2025 par lequel la préfète de l’Ardèche a mis en demeure la communauté de communes Rhône-Crussol, d’une part, de suspendre les travaux liés au projet d’aménagement de la déviation de Guilherand-Granges – section nord du Mialan à la RD 86, sur le territoire des communes de Saint-Péray et Cornas, d'autre part, de procéder à leur régularisation administrative, au titre du code de l’environnement, par le dépôt d’une demande de dérogation à la protection des espèces ;
- de la décision du 20 mai 2025 rejetant leur recours gracieux ;


2°) de mettre à la charge de l’État et de la communauté de communes Rhône-Crussol le paiement d’une somme de 4 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :
- la requête au fond est recevable dès lors qu’elles disposent d’un intérêt à agir à l’encontre des dispositions contestées et que cette requête a été introduite dans le délai du recours contentieux ; l’association FRAPNA Ardèche est régulièrement représentée à l’instance ;
- alors qu’il est établi que le projet de déviation, qui risque de porter atteinte à la conservation d’espèces protégées, nécessite la délivrance d’une dérogation à l’interdiction de destruction d’espèces protégées et, qu’en conséquence, la réalisation de ce projet est suspendue dans l’attente de la délivrance éventuelle d’une telle dérogation, les dispositions en litige permettent la réalisation immédiate de travaux de construction d’une partie indissociable de ce projet, ce qui risque d’entraîner la destruction d’espèces protégés et d’habitats de ces espèces et de priver d’effet utile la mise en demeure de déposer une demande de dérogation ainsi que la décision qui sera prise sur cette demande ; un écologue indépendant confirme que des espèces protégées sont bien présentes sur le tracé des travaux de construction du pont-rail et que la réalisation de ces travaux porterait une atteinte irréversible à ces espèces et leurs habitats ; par ailleurs, il résulte des dispositions de l’arrêté du 14 mars 2025 que les travaux de construction du pont-rail, qui peuvent commencer à compter du 1er septembre 2025, seront réalisés avant que le tribunal statue au fond sur leur requête en annulation ; des travaux préparatoires ont d’ailleurs débuté le 2 septembre 2025 et sont en cours de réalisation ; à l’inverse, aucun motif d’intérêt général ne saurait justifier que les travaux de construction du pont-rail ne soient pas interrompus ; dans ces conditions, dès lors qu’il existe une atteinte grave et immédiate aux intérêts qu’elles défendent, la condition d’urgence requise par l’article L. 521-2 du code de justice administrative est remplie ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des dispositions litigieuses de l’arrêté du 14 mars 2025 ; en effet l’article L. 411-1 du code de l’environnement interdit toute atteinte aux espèces protégées et à leurs habitats, sauf dérogation délivrée dans les conditions fixées par l’article L. 411-2 du même code ; l’arrêté du 14 mars 2025 indique expressément que le projet de déviation présente, en l’état des éléments produits, un risque d’atteinte caractérisée pour plusieurs groupes d’espèces protégées et, en conséquence, met en demeure la communauté de communes, en vue de la réalisation de ce projet, de déposer une demande de dérogation à la protection des espèces ; les travaux de création du pont-rail doivent donc être inclus dans la demande de dérogation ; or, sans attendre la délivrance de la dérogation, la préfète de l’Ardèche a autorisé les travaux nécessaires à la création du pont-rail, alors même que, si la dérogation n’est pas accordée, le projet de déviation ne pourra pas être réalisé ; aucun motif d’intérêt général ne justifie que ces travaux ne soient pas également suspendus ; la contrainte, mentionnée par l’arrêté, liée au calendrier contraint dont dispose SNCF Réseau pour effectuer les travaux, ne saurait constituer un motif d’intérêt général justifiant l’exécution immédiate des travaux, sans attendre l’obtention de la dérogation ; cette contrainte, qui au demeurant n’est pas justifiée, est imputable à la communauté de communes et à l’État ; la réalisation du seul pont-rail, lequel ne présente aucun intérêt et aucune utilité technique ou économique en dehors de la réalisation de l’ensemble du projet de déviation, ne revêt pas un caractère d’intérêt général ; enfin, l’affirmation selon laquelle il n’existe qu’un risque de faible atteinte aux espèces protégées en raison de l’absence de tout risque caractérisé résultant de la réalisation des travaux de construction du pont-rail n’est pas sérieuse ; cette affirmation n’est en effet pas justifiée, la préfète reconnaissant au contraire elle-même que les études environnementales ne sont pas suffisantes pour conclure à l’absence de risque pour les espèces protégées ; en revanche, les éléments qu’elles versent au débat permettent de confirmer la présence d’espèces protégées et d’habitats d’espèces protégées et d’établir un risque d’atteinte en cas de réalisation des travaux ; les mesures d’évitement et de réduction prévues par l’arrêté du 14 mars 2025 ne sont pas suffisantes et ne présentent pas des garanties d’effectivité ; dans ces conditions la préfète de l’Ardèche a commis une erreur manifeste d’appréciation dans la mise en œuvre des dispositions de l’article L. 171-7 du code de l’environnement en ne suspendant que partiellement les travaux de réalisation du projet en litige.


Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2025, le préfet de l’Ardèche conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :
- la requête n’est pas recevable ; en effet, l’arrêté du 14 mars 2025, qui ne concerne que le projet d’aménagement de la déviation routière porté par la communauté de communes Rhône-Crussol et les seuls travaux routiers qui sont sous la maîtrise d’ouvrage de cette communauté de communes, ne vise pas les travaux d’infrastructure ferroviaire ; l’exception prévue par cet arrêté, relative aux travaux du pont-rail qui sont sous la maîtrise d’ouvrage de SNCF Réseau, est donc superfétatoire ; par ailleurs, les opérations de diagnostic archéologique ont été prescrites par un arrêté distinct ; dans ces conditions, la mesure de suspension d’exécution demandée par les associations requérantes n’emporterait pas la suspension des travaux de construction du pont-rail et des travaux liés à ce diagnostic ; cette demande n’est donc pas susceptible de produire un quelconque effet utile ;
- les dispositions litigieuses ne permettent pas la réalisation immédiate de travaux ; les travaux de débroussaillage, dont l’arrêté du 14 mars 2025 impose la réalisation avant le 1er octobre 2025, sont d’ores et déjà terminés au niveau de l’emprise du projet de pont-rail ; par ailleurs, le projet de déviation, qui a été déclaré d’utilité publique, présente un caractère d’intérêt général ; le projet de rétablissement de l’infrastructure ferroviaire doit être réalisé de manière anticipée en raison d’importantes contraintes opérationnelles ; un report des travaux de construction du pont-rail entraînerait d’importantes conséquences financières ; dans ces conditions, et compte tenu de l’intérêt public qui s’attache à la poursuite de ces travaux, la condition d’urgence ne peut être regardée comme remplie ;
- aucun moyen n’est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des dispositions contestées ; en effet, les associations requérantes n’établissent pas qu’il existe un risque caractérisé d’atteinte à des espèces protégées ou à l’habitat de ces espèces, par destruction, dégradation ou altération d’un site de reproduction ou d’une aire de repos nécessaire au bon accomplissement du site biologique ; il n’est pas davantage démontré que de telles atteintes seraient susceptibles de remettre en cause le bon accomplissement des cycles biologiques de certaines espèces identifiées dans la zone ; par ailleurs, les associations requérantes ne tiennent pas compte des mesures d’évitement et de réduction prescrites par l’arrêté du 14 mars 2025 ; la mise en œuvre de ces mesures a permis d’affiner la caractérisation des enjeux environnementaux, ce qui a justifié, par précaution, l’édiction, le 25 septembre 2025, d’un arrêté complémentaire pour adapter les mesures conservatoires prescrites, lesquelles présentent des garanties d’effectivité suffisantes ; dans ces circonstances, c’est à bon droit, au regard des enjeux limités, de l’emprise des travaux, du faible impact de ceux-ci et des mesures conservatoires prescrites, et en l’absence de tout risque suffisamment caractérisé pour des espèces protégées, que l’État a estimé qu’une dérogation à la protection des espèces n’est pas nécessaire pour la réalisation des travaux de construction du pont-rail, au titre de l’article L. 411-2 du code de l’environnement.


Par un mémoire, enregistré le 26 septembre 2025, la communauté de communes Rhône-Crussol, représentée par la SELARL Retex Almodovar Avocats, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, subsidiairement, à la modulation des effets dans le temps de la décision de suspension d’exécution, et, et toute hypothèse, à ce qu’une somme de de 5 000 euros soit mise à la charge des associations requérantes au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la requête au fond est tardive, le recours gracieux des associations requérantes n’ayant pas interrompu le délai du recours contentieux, ce recours gracieux n’ayant pas été introduit par des personnes régulièrement habilitées ; par suite, la requête en référé-suspension est elle-même irrecevable ;
- l’arrêté du 14 mars 2025 ne permet la reprise des travaux que sur une zone strictement définie, dans laquelle il n’existe aucun enjeu naturaliste du point de vue des espèces protégées ; les associations requérantes ne démontrent pas la présence effective de certaines espèces ou habitats protégés dans l’emprise des travaux projetés et que ceux-ci auraient un impact suffisamment significatif, une fois les mesures de réduction et d’évitement mises en œuvre, sur ces espèces ou habitats ; par ailleurs, les travaux de débroussaillage et de déboisement ont déjà été réalisés ; enfin, le projet de déviation, qui a été déclaré d’utilité publique, présente un caractère d’intérêt général ; or, ce projet deviendrait caduc si les travaux de construction du pont-rail étaient suspendus ; en outre, un report de ces travaux entraînerait d’importantes conséquences financières ; une mesure de suspension entraînerait également l’absence de mise en œuvre des travaux de remise en état et des mesures d’accompagnement prescrites ; dans ces conditions, et compte tenu de l’intérêt public qui s’attache à la poursuite des travaux, la condition d’urgence ne peut être regardée comme remplie ;
- aucun moyen n’est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des dispositions contestées ; les travaux de réalisation du pont-rail, qui sont sous la maîtrise d’ouvrage de SNCF Réseau, sont totalement dissociables de l’aménagement de la déviation routière et peuvent être réalisés sans attendre l’obtention d’une dérogation à la protection des espèces protégées ; comme indiqué précédemment, ces travaux répondent à une nécessité d’intérêt général ; les éléments produits en défense permettent de conclure à l’absence de tout risque suffisamment caractérisé, les travaux nécessaires à la réalisation du pont-rail ayant seulement un impact résiduel sur les espèces protégées ;
- subsidiairement, le cas échéant, il appartiendra au juge des référés de moduler dans le temps les effets de la mesure de suspension


Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée le 28 juillet 2025 sous le n° 2509546, par laquelle les associations requérantes demandent au tribunal d’annuler les dispositions de l’arrêté du 14 mars 2025 dont elles demandent la suspension dans la présente requête.

Vu :
- le code de l’environnement ;
- l’arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection ;
- l’arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection ;
- l’arrêté du 8 janvier 2021 fixant la liste des amphibiens et des reptiles représentés sur le territoire métropolitain protégés sur l'ensemble du territoire national et les modalités de leur protection ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président, pour statuer sur les demandes de référé.


Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique, tenue en présence de Mme Gaillard, greffière d’audience :

- le rapport de M. Chenevey, juge des référés ;
- Me Bronzani, pour les associations requérantes, et M. B..., expert auprès de ces dernières, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans la requête ;
- pour l’État :
. M. D..., sous-préfet, directeur de cabinet du préfet de l’Ardèche,
. Mme A..., chef de service déléguée à la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL),
. M. C..., chef de la mission juridique à la DREAL,
qui ont repris les faits, moyens et conclusions exposés dans le mémoire en défense ;
- Me Matras, pour la communauté de communes Rhône-Crussol, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans le mémoire en défense.

En application de l’article R. 522-8 du code de justice administrative, la clôture de l’instruction a été reportée au 29 septembre 2025 à 16 heures.



Considérant ce qui suit :

Aux termes du 1er alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. »

Par un arrêté du 10 janvier 2022, le préfet de l’Ardèche a déclaré d’utilité publique le projet d’aménagement de la déviation de Guilherand-Granges, section nord du Mialan à la route départementale 86, sur le territoire des communes de Saint-Péray et Cornas. Par une ordonnance du 15 novembre 2024, le juge des référés du tribunal, saisi par la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (FRAPNA) Drome Nature Environnement et l’association ALTERRE qui contestent ce projet, a notamment enjoint à la préfète de l’Ardèche, d’une part, de réexaminer la demande de ces associations tendant à mettre en demeure la communauté de communes Rhône-Crussol de déposer une dérogation « espèces protégées » et de prendre une nouvelle décision dans le délai de deux mois, d’autre part, de prendre toute mesure conservatoire, dès notification de l’ordonnance, pour éviter des atteintes irréversibles aux espèces protégées présentes sur le site du projet. A la suite de cette ordonnance, par un arrêté du 14 mars 2025, la préfète de l’Ardèche a mis en demeure cette communauté de communes de déposer une demande de dérogation à la protection des espèces et de suspendre les travaux liés au projet d’aménagement de la déviation de Guilherand-Granges. Toutefois, par des dispositions contenues dans l’article 2 relatif à la suspension des travaux, la préfète a excepté de cette mesure de suspension les travaux de création d’un pont-rail, sur la ligne de Givors à Grézan. L’arrêté du 14 mars 2025 comporte donc un chapitre II, relatif à l’autorisation de réalisation des travaux de création de ce pont-rail.

Par la présente requête, la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (FRAPNA) Drome Nature Environnement, l’association ALTERRE et la Fédération des associations de protection de la nature (FRAPNA) d’Ardèche demandent au juge des référés du tribunal, sur le fondement de l’article L. 521-1 précité du code de justice administrative, de suspendre l’exécution des dispositions de l’article 2 de l’arrêté du 14 mars 2025 exceptant de la mesure de suspension des travaux les travaux de création d’un pont-rail et des articles 4 et 5 de cet arrêté figurant au chapitre II.

Aux termes de l’article L. 171-7 du code de l’environnement : « I.-Indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées, lorsque des installations ou ouvrages sont exploités, des objets et dispositifs sont utilisés ou des travaux, opérations, activités ou aménagements sont réalisés sans avoir fait l'objet de l'autorisation, de l'enregistrement, de l'agrément, de l'homologation, de la certification ou de la déclaration requis en application du présent code, ou sans avoir tenu compte d'une opposition à déclaration, l'autorité administrative compétente met l'intéressé en demeure de régulariser sa situation dans un délai qu'elle détermine, et qui ne peut excéder une durée d'un an. (…). / Elle peut, par le même acte ou par un acte distinct, suspendre le fonctionnement des installations ou ouvrages, l'utilisation des objets et dispositifs ou la poursuite des travaux, opérations, activités ou aménagements jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la déclaration ou sur la demande d'autorisation, d'enregistrement, d'agrément, d'homologation ou de certification, à moins que des motifs d'intérêt général et en particulier la préservation des intérêts protégés par le présent code ne s'y opposent. / (…) ».

En l’état de l’instruction, et compte tenu de l’office du juge des référés, le moyen visé ci-dessus invoqué par les associations requérantes, tiré de ce que, en ne suspendant que partiellement les travaux de la déviation, la préfète de l’Ardèche a méconnu l’article L. 171-7 du code de l’environnement, n’est pas propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des dispositions contestées de l’arrêté du 14 mars 2025. Dès lors, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense et sur l’urgence, les conclusions aux fins de suspension de l’exécution de ces dispositions doivent être rejetées.

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l’État et la communauté de communes Rhône-Crussol, qui ne sont pas, dans la présente instance, parties perdantes, versent aux associations requérantes la somme qu’elles demandent au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par cette communauté de communes au titre de ces mêmes dispositions.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (FRAPNA) Drome Nature Environnement, de l’association ALTERRE et de la Fédération des associations de protection de la nature (FRAPNA) d’Ardèche est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté de communes Rhône-Crussol au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (FRAPNA) Drome Nature Environnement, à l’association ALTERRE, à la Fédération des associations de protection de la nature (FRAPNA) d’Ardèche, à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche, au préfet de l’Ardèche et à la communauté de communes Rhône-Crussol.



Fait à Lyon le 30 septembre 2025.





Le juge des référés







J.-P. Chenevey



La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier



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