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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2511594

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2511594

mardi 25 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2511594
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantRAHMANI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en formation collégiale, a été saisi par M. B... d'une demande d'exécution d'un précédent jugement du 14 janvier 2025. Ce jugement avait enjoint à la préfète du Rhône de réexaminer la demande de titre de séjour de l'intéressé, mais l'administration n'a pas justifié avoir procédé à ce réexamen. Sur le fondement des articles L. 911-4 et R. 921-6 du code de justice administrative, le tribunal a prononcé une astreinte de 50 euros par jour à l'encontre de l'État si l'exécution n'est pas justifiée avant le 18 décembre 2025. Il a également condamné l'État à verser 1 000 euros à M. B... au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 15 septembre 2025, la présidente du tribunal administratif de Lyon a décidé de l’ouverture d’une procédure juridictionnelle, en application de l’article R. 921-6 du code de justice administrative, afin de statuer sur la demande enregistrée le 6 mai 2025, de M. A... B..., représenté par Me Rahmani, tendant à faire exécuter le jugement n° 2401302 rendu le 14 janvier 2025 par le tribunal administratif de Lyon.

Par cette demande et par un mémoire, enregistré le 30 septembre 2025, M. B..., représenté par Me Rahmani, demande au tribunal l’exécution de ce jugement en faisant injonction à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la préfète du Rhône n’a pas exécuté le jugement du tribunal administratif de Lyon du 14 janvier 2025 qui lui a enjoint de réexaminer sa situation au regard de son droit au séjour.

La requête a été communiquée à la préfète du Rhône qui n’a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le jugement n° 2401302 rendu le 14 janvier 2025 par le tribunal administratif de Lyon ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Pin, président-rapporteur, a été entendu au cours de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 911-4 du code de justice administrative : « En cas d’inexécution d’un jugement ou d’un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d’en assurer l’exécution. / (...) Elle peut fixer un délai d’exécution et prononcer une astreinte ». Aux termes de l’article R. 921-5 du même code : « Le président (...) du tribunal administratif saisi d’une demande d’exécution sur le fondement de l’article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu’ils jugent utiles pour assurer l’exécution de la décision juridictionnelle qui fait l’objet de la demande. / (...) ». Enfin, l’article R. 921-6 de ce code dispose que : « Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d’exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, (...), le président (...) du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. / (...) Cette ordonnance n’est pas susceptible de recours. L’affaire est instruite et jugée d’urgence. Lorsqu’elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d’effet ».

2. Par le jugement susvisé n° 2401302 rendu le 14 janvier 2025, devenu définitif, le tribunal, après avoir annulé la décision par laquelle la préfète du Rhône a implicitement refusé de délivrer un titre de séjour à M. B..., a, par son article 2, enjoint à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de la demande de l’intéressé, dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.

3. La préfète du Rhône n’a pas justifié, ni durant la phase administrative ni durant la phase juridictionnelle de la procédure d’exécution, avoir procédé au réexamen de la demande de l’intéressé et avoir ainsi procédé à l’exécution de l’article 2 de ce jugement du tribunal. Par suite, dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de prononcer à l’encontre de l’Etat, à défaut pour la préfète du Rhône de justifier de cette exécution avant le 18 décembre 2025, une astreinte de 50 euros par jour jusqu’à la date à laquelle le jugement précité aura reçu exécution.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B... et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : Une astreinte est prononcée à l’encontre de l’Etat si la préfète du Rhône ne justifie pas avoir, avant le 18 décembre 2025, exécuté le jugement du tribunal n° 2401302 rendu le 14 janvier 2025, et ce jusqu’à la date de cette exécution. Le taux de cette astreinte est fixé à 50 euros par jour à compter de l’expiration de ce délai.

Article 2 : La préfète du Rhône communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement n° 2401302 rendu le 14 janvier 2025.

Article 3 : L’Etat versera à M. B... une somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à la préfète du Rhône.


Délibéré après l’audience du 13 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

- M. François-Xavier Pin, président,
- Mme Bardad, première conseillère,
- Mme Boulay, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2025.


Le président-rapporteur,

F.-X. Pin

L’assesseure la plus ancienne,

N. Bardad



La greffière,





A. Calmès



La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Une greffière,



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