Le Tribunal administratif de Lyon statue sur un recours pour excès de pouvoir concernant le refus implicite de renouvellement d'une carte de résident. La juridiction constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'annulation et d'injonction, la préfète ayant accordé la carte postérieurement à l'introduction de la requête. Elle condamne néanmoins l'État à verser 800 euros au requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en raison des frais exposés pour la procédure.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er octobre 2025, M. A... B..., représenté par Me Naili, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite par laquelle la préfète du Rhône a rejeté sa demande tendant au renouvellement de sa carte de résident ;
2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une carte de résident, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jugement et subsidiairement, de procéder à un réexamen de sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jugement, et de le munir, dans l’attente de ce réexamen, d’une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par des pièces, enregistrées le 15 décembre 2025, la préfète du Rhône a informé le tribunal avoir décidé, le 8 décembre 2025 de délivrer à M. B... une carte de résident valable du 8 décembre 2025 au 7 décembre 2035 et l’avoir muni dans l’attente de sa fabrication d’une autorisation provisoire de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance / (…) 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ;/ (…). / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; (…) ; ».
2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l’introduction de la requête, la préfète du Rhône a décidé de délivrer une carte de résident, valable du 8 décembre 2025 au 7 décembre 2035, à M. B... et dans l’attente de sa fabrication, lui a remis une autorisation provisoire de séjour. Dans ces conditions, les conclusions à fin d’annulation de la requête ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d’injonction sous astreinte sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d’y statuer.
3. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 800 euros à M. B... en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
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O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation et d’injonction sous astreinte de la requête de M. B....
Article 2 : L’Etat versera à M. B... la somme de 800 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 20 mars 2026.
La présidente de la 7ème chambre,
V. Vaccaro-Planchet
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,