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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2515926

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2515926

mardi 31 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2515926
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantIDCHAR

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de M. A... B..., un ressortissant tunisien, qui contestait un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et que le requérant, qui n'avait pas présenté de contrat de travail visé, ne pouvait bénéficier de plein droit d'un titre de séjour au titre de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988. Le tribunal a également considéré que son insertion en France n'était pas établie au point de constituer une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle par le préfet.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 10 décembre 2025, transmise au tribunal par une ordonnance du 18 décembre 2025 du président du tribunal administratif de Marseille, M. A... B..., représenté par Me Idchar demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 11 novembre 2025 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de d’un an à compter de l’exécution de la mesure d’éloignement ;
2°) d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône à titre principal de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention « salarié » dans le délai d’un mois suivant la notification du jugement à intervenir et à titre subsidiaire de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail et de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d’un mois à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article
L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
l’arrêté est insuffisamment motivé ;
il pouvait prétendre à un titre de séjour sur le fondement de l’article 3 de l’accord franco-tunisien disposant d’une insertion professionnelle stable et continue depuis plus de trois ans ;
le préfet a commis une erreur manifeste d’appréciation sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2026, le préfet des Bouches-du Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative ;

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Clément, président, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A... B..., ressortissant tunisien né le 6 mai 1999. Il demande l’annulation de l’arrêté par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de d’un an à compter de l’exécution de la mesure d’éloignement.

En premier lieu, alors que le préfet des Bouches-du-Rhône n’était pas tenu de mentionner l’ensemble des éléments caractérisant la situation de l’intéressé, la décision contestée précise les motifs de droit et de fait qui la fondent, tenant en particulier à la situation administrative, personnelle et familiale de M. B.... Par suite, la décision en litige est suffisamment motivée et le moyen doit être écarté.

En deuxième lieu, d’une part, aux termes de l’article L.611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : (…) 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public (…) ». Lorsque la loi, prescrit que l’intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu’il puisse légalement être l’objet d’une mesure d’éloignement.

D’autre part, aux termes de l’article 3 de l’accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié : « Les ressortissants tunisiens désireux d’exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d’un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l’article 1er du présent Accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d’un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an et renouvelable et portant la mention «salarié ». ».

Si le requérant soutient qu’il pouvait bénéficier d’un titre de séjour sur le fondement des stipulations de l’article 3 de l’accord franco-tunisien, il ne soutient en tout état de cause pas avoir présenté le contrat de travail prévu par ces stipulations et le moyen doit être écarté.

En dernier lieu, si le requérant fait valoir son insertion en France et l’absence d’attaches en Tunisie, il est célibataire et sans enfant, entré récemment en 2021 en France. S’il produit à l’instance des fiches de paie et des relevés de comptes, ces éléments n’établissent pas une insertion professionnelle qui démontrerait que le préfet a commis une erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d’injonction, d’astreinte et celles présentées sur le fondement de l’article L.761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :

Article 1 : La requête de M. A... B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au préfet des Bouches-du-Rhône.


Délibéré après l'audience du 17 mars 2026, à laquelle siégeaient :

M. Clément, président,
Mme Viallet, première conseillère,
Mme Journoud, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2026.


Le président,

M. Clément
L’assesseure la plus ancienne,

M-L Viallet






Le greffier,





D. Guillot


La République mande et ordonne à la préfète de la Loire, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,


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