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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2516046

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2516046

mardi 31 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2516046
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantFLAUX

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté le recours en excès de pouvoir d'un ressortissant camerounais contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction a jugé que la décision était régulière, notamment quant à la compétence de son auteur et à sa motivation, et a estimé que l'administration n'avait pas méconnu les dispositions de l'article L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Par conséquent, les décisions attaquées (refus de titre, obligation de quitter le territoire, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour) sont maintenues.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2025 et un mémoire enregistré le 11 mars 2026, M. A... C... B..., représenté par Me Flaux demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 27 novembre 2025 par lequel la préfète de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d’un an ;
2°) d’enjoindre à la préfète de la Loire à titre principal de lui délivrer un titre de séjour « vie privée et familiale » ou « salarié » ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer dans l’attente une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
sur le refus de titre de séjour :
il a été pris par une autorité incompétente ;
la décision méconnait les dispositions de l’article L. 435-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
la décision méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
elle est illégale dès lors que le refus de titre est illégal ;
elle a été prise par une autorité incompétente ;
elle est insuffisamment motivée ;
elle méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
sur la décision fixant le pays de renvoi :
elle est illégale dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale ;
elle a été prise par une autorité incompétente ;
elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
sur la décision prononçant une interdiction du territoire français :
elle est insuffisamment motivée ;
elle est entachée d’erreur de fait et d’erreur manifeste d’appréciation.

Des pièces ont été enregistrées pour la préfète de la Loire le 9 mars 2026 qui ont été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative ;

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l’audience publique :
le rapport de M. Clément, président ;
et les observations de Me Flaux pour le requérant.

Considérant ce qui suit :

1. M. A... C... B..., ressortissant camerounais né le 6 mars 2000 est entré en France en 2020. Il demande l’annulation de l’arrêté du 27 novembre 2025 par lequel la préfète de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d’un an.

En ce qui concerne les moyens communs à l’ensemble des décisions :

2. En premier lieu, l’obligation de quitter le territoire français en litige a été signée par M. Dominique Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture de la Loire, en vertu d’une délégation de signature consentie par un arrêté du 2 septembre 2025 de la préfète de la Loire, régulièrement publié le lendemain au recueil des actes administratifs de la préfecture, accessible tant au juge qu’aux parties. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur des décisions contestées doit être écarté.

3. En deuxième lieu, alors que la préfète de la Loire n’était pas tenue de mentionner l’ensemble des éléments caractérisant la situation de l’intéressé, la décision contestée précise les motifs de droit et de fait qui la fondent, tenant en particulier à la situation administrative, personnelle et familiale de M. B.... Par suite, la décision en litige est suffisamment motivée et le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision refusant un titre de séjour :

4. En premier lieu aux termes de l’article L. 435-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « A titre exceptionnel, et sans que les conditions définies au présent article soient opposables à l'autorité administrative, l'étranger qui a exercé une activité professionnelle salariée figurant dans la liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement définie à l'article L. 414-13 durant au moins douze mois, consécutifs ou non, au cours des vingt-quatre derniers mois, qui occupe un emploi relevant de ces métiers et zones et qui justifie d'une période de résidence ininterrompue d'au moins trois années en France peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention “ travailleur temporaire ” ou “ salarié ” d'une durée d'un an. ».

5. Si M. B... soutient qu’il exerce à temps partiel depuis 2022 un métier d’agent d’entretien qui est inscrit sur la liste des métiers en tension, la préfète de la Loire n’était pas tenue de lui accorder le titre de séjour sollicité alors qu’elle fait valoir qu’il ne dispose pas de qualification particulière pour cet emploi. Par suite le moyen doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (…) ».

7. M. B... fait valoir son intégration en France par notamment par son activité à temps partiel depuis 2022 d’agent d’entretien et son investissement au sein d’un club de football ainsi que la présence en France d’une partie de sa famille. Cependant, alors que le requérant est célibataire et sans enfant, qu’il ne soutient pas avoir des liens avec les membres de sa famille résidant en France et qu’il est entré en France récemment en 2020, la préfète de la Loire n’a pas porté au droit de l’intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée en refusant de lui délivrer un titre de séjour. Par suite, la préfète de la Loire n’a pas méconnu les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré d’une erreur manifeste d’appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision prononçant une obligation de quitter le territoire français :

8. En l’absence d’illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d’exception à l’encontre la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

9. En l’absence d’élément spécifique à l’obligation de quitter le territoire français, le moyen tirés de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et ainsi que de l’erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant doivent être écartés pour les mêmes motifs que précédemment.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

10. En l’absence d’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d’exception à l’encontre la décision fixant le pays de renvoi, doit être écarté.

11. En l’absence d’élément spécifique à la décision fixant le pays de renvoi, au demeurant n’étant pas le Maroc, le moyen tiré d’une erreur manifeste d’appréciation doit être écarté comme n’étant pas assorti de précisions suffisantes.

En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de territoire :

12. Aux termes de l’article L. 612-8 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ». Et aux termes de l’article L. 612-10 du même code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l’autorité administrative tient compte de la durée de présence de l’étranger sur le territoire français, de la nature et de l’ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu’il a déjà fait l’objet ou non d’une mesure d’éloignement et de la menace pour l’ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ».

13. Pour édicter une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an, la préfète de la Loire, qui cite les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile applicables, a tenu compte du fait que l’intéressé, qui ne justifie d’aucune circonstance humanitaire et dont le comportement représente une menace pour l’ordre public, ne justifie pas de liens privés et familiaux intenses en France où il se maintient irrégulièrement depuis son arrivée en 2020 et qu’il a fait l’objet d’une précédente obligation de quitter le territoire en 2023 qu’il n’a pas exécuté. Dans ces conditions, la décision en litige est suffisamment motivée et l’intéressé n’est pas fondé à soutenir que la durée de l’interdiction de retour, seulement fixée à un an, serait disproportionnée et entachée d’une erreur d’appréciation. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d’injonction, et celles présentées sur le fondement de l’article L.761-1 du code de justice administrative.



D É C I D E :

Article 1 : La requête de M. A... C... B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... C... B... et à la préfète de la Loire.


Délibéré après l'audience du 17 mars 2026, à laquelle siégeaient :

M. Clément, président,
M. Verguet, premier conseiller,
Mme Viallet, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mars 2026.





Le président,

M. Clément
L’assesseur le plus ancien,

H. Verguet



Le greffier,





D. Guillot

La République mande et ordonne à la préfète de la Loire, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,


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