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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2602741

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2602741

mardi 17 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2602741
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNAILI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé, a suspendu l'exécution d'une décision implicite de refus de renouvellement d'un certificat de résidence opposée à un ressortissant algérien. Le juge a estimé que la condition d'urgence était satisfaite et qu'un doute sérieux existait sur la légalité de la décision, notamment au regard de l'absence de communication des motifs (article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration) et des stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. La suspension est ordonnée en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, dans l'attente d'un jugement au fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er mars 2026, M. B... A..., représenté par Me Naili, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision implicite née le 29 janvier 2026 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de renouveler son certificat de résidence ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ; à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l’attente une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est présumée, dès lors qu’il a sollicité le renouvellement de son certificat de résidence ; il est placé en situation irrégulière et risque de perdre son emploi ;
- sont de nature à faire naitre un doute sérieux sur la légalité de la décision en cause, les moyens suivants : les motifs de refus ne lui ont pas été communiqués, en méconnaissance de l’article L. 232-4 du code des relations entre le public et l’administration ; la décision méconnait les stipulations de l’article 7 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et est entachée d’une erreur de droit et d’appréciation.

La requête a été communiquée à la préfète du Rhône, qui n’a pas produit à l’instance.




Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2602740 par laquelle le requérant demande l’annulation de la décision en litige.

Vu :
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique tenue en présence de Mme Amato, greffière d’audience, M. Bertolo a lu son rapport.

Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture d’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :


Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ».

2. M. A..., ressortissant algérien né le 26 octobre 1967, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision implicite née le 29 janvier 2026 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de renouveler son certificat de résidence.

Sur les conclusions à fin de suspension :

3. D’une part, il résulte des dispositions qui précèdent que l’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. M. A..., qui était titulaire d’un certificat de résidence, en a sollicité le renouvellement et une confirmation de dépôt lui a été délivrée le 29 septembre 2025. En l’absence de réponse de l’autorité préfectorale, une décision implicite de rejet est née le 29 janvier 2026. Ainsi, eu égard à ce qui a été dit précédemment, et en l’absence de tout élément produit par la préfète du Rhône, la condition d’urgence doit être regardée comme satisfaite.

5. D’autre part, en l’état de l’instruction, les moyens tirés de ce que la décision méconnait les dispositions de l’article L. 232-4 du code des relations entre le public et l’administration en l’absence de communication des motifs du refus implicite ainsi que les stipulations de l’article 7 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

6. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’ordonner la suspension des effets de cette décision implicite de refus de renouvellement de certificat de résidence jusqu’à ce qu’il soit statué sur la requête au fond.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

7. D’une part, le juge des référés ne peut prescrire que des mesures présentant un caractère provisoire. Il s’en suit qu’il ne peut ordonner une mesure qui aurait des effets en tous points identiques à ceux qui résulteraient de l’exécution par l’autorité administrative d’un jugement annulant la décision administrative dont l’exécution est suspendue. Par suite, les conclusions de M. A... demandant qu’il soit enjoint sous astreinte de lui délivrer un titre de séjour doivent être rejetées.

8. D’autre part, la présente ordonnance implique que la préfète du Rhône réexamine la demande de M. A... dans un délai d’un mois à compter de la présente ordonnance, et lui délivre dans l’attente une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours, l’ensemble sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

Sur les frais liés au litige :

9. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’État la somme de 1 000 euros à verser à M. A... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.




O R D O N N E:

Article 1er : L’exécution de la décision implicite par laquelle la préfète du Rhône a rejeté la demande de renouvellement du certificat de résidence de M. A... est suspendue jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de la décision.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de réexaminer la demande de M. A... dans un délai d’un mois à compter de la présente ordonnance, et de lui délivrer dans l’attente une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours, l’ensemble sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

Article 3 : L’État versera à M. A... une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., à la préfète du Rhône et au ministre de l’intérieur.



Fait à Lyon, le 17 mars 2026.


Le juge des référés,





C. Bertolo



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,





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