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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2603145

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2603145

mercredi 25 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2603145
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon rejette la demande de suspension en référé d'une exclusion définitive d'un collégien. La requête est jugée irrecevable car le requérant n'a pas introduit de recours contentieux principal et n'a pas exercé au préalable le recours administratif obligatoire devant le recteur d'acacadémie. La décision s'appuie sur les articles L. 521-1, L. 522-3 et R. 522-1 du code de justice administrative, ainsi que sur les articles R. 511-49 et R. 511-53 du code de l'éducation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 mars 2026, le 23 mars 2026 et le 24 mars 2026, M. C... B..., agissant en qualité de représentant légal de son fils, A... B..., demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

de suspendre l’exécution de la décision du 24 février 2026 du conseil de discipline du collège Lucie Aubrac de Givors a prononcé l’exclusion définitive de son enfant, A... B... ;

d’ordonner la réintégration provisoire de son fils dans son établissement scolaire, ou, à défaut, d’ordonner toute mesure permettant d’assurer sa scolarisation immédiate.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’éducation ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». L’article R. 522-1 du même code précise que : « (…) / A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable (…), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

D’une part, M. B... n’a pas présenté de requête au fond tendant à l’annulation de la décision dont il demande la suspension. Par suite, sa requête est irrecevable et doit être rejetée.

D’autre part, aux termes de l’article R. 511-49 du code de l’éducation : « Toute décision du conseil de discipline de l'établissement (…) peut être déférée au recteur de l'académie, dans un délai de huit jours à compter de sa notification écrite, soit par le représentant légal de l'élève, ou par ce dernier s'il est majeur, soit par le chef d'établissement. / Le recteur d'académie décide après avis d'une commission académique. ». Aux termes de l’article R. 511-53 du même code : « La juridiction administrative ne peut être saisie qu'après mise en œuvre des dispositions de l'article R. 511-49. ».

L’institution, par ces dispositions, d’un recours administratif préalable obligatoire pour contester les sanctions prononcées par le conseil de discipline des collèges et lycées, a pour effet de laisser au recteur d’académie le soin d’arrêter définitivement la position de l’administration avant une éventuelle saisine du tribunal. Il s’ensuit que la décision prise par l’autorité administrative à la suite de ce recours préalable obligatoire se substitue nécessairement à la décision initiale qui est seule susceptible d’être déférée au juge de l’excès de pouvoir. Par suite, la demande présentée devant le tribunal par M. B... devait, à peine d’irrecevabilité, être précédée d’un recours préalable prévu à l’article R. 511-49 du code de l’éducation, dont il n’est pas justifié dans le cadre de la présente instance.

Ainsi, il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... du désistement est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B....


Fait à Lyon, le 25 mars 2026.


Le juge des référés,





R. Reymond-Kellal


La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Une greffière


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