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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2603806

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2603806

vendredi 20 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2603806
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé, rejette la demande d'un élu d'opposition visant à enjoindre la maire de publier sa tribune dans les supports municipaux. Le juge estime que le délai de quatre mois depuis la transmission du texte et l'absence de circonstances exigeant une information immédiate du public ne caractérisent pas l'urgence particulière requise par l'article L. 521-2 du code de justice administrative pour sauvegarder une liberté fondamentale. La requête est donc rejetée par application de l'article L. 522-3 du même code, sans examen du bien-fondé de l'atteinte alléguée à la liberté d'expression.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée 20 mars 2026, M. A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre à la maire de Vaulx-en-Velin de publier sa tribune, telle qu’elle a été transmise le 2 mars 2026, dans le magazine municipal « Vaulx-en-Velin le journal » ainsi que sur le site internet et la page dite « Facebook » de la commune, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Vaulx-en-Velin la somme de 300 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des collectivités territoriales :
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». L’usage par le juge des référés des pouvoirs qu’il tient de ces dispositions est subordonné à la condition qu’une urgence particulière rende nécessaire l’intervention dans les quarante-huit heures d’une mesure destinée à la sauvegarde d’une liberté fondamentale. Selon l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. »

Par ordonnance n° 2603806 du 20 mars 2026, le juge des référés a rejeté une requête similaire de M. A... après avoir retenu que la circonstance que la décision de s’opposer depuis 4 mois à la publication de sa tribune dans l’espace réservé à l’opposition le prive de sa liberté d’expression sur les réalisations et la gestion de la municipalité dans le magazine municipal et les autres supports demandés, alors que le sujet qu’il souhaite aborder est d’actualité, ne caractérise pas, en l’absence de circonstances particulières exigeant que les lecteurs de ces supports en aient immédiatement connaissance, une situation d’urgence impliquant qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un très bref délai. Les éléments invoqués à l’appui de la présente requête, tirés d’un article de presse et des déclarations de la maire de Vaulx-en-Velin publiés récemment ainsi que d’une procédure pénale en cours et de la proximité du second tour des élections municipales, ne suffisent à établir l’existence d’une telle situation d’urgence.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres conditions requises par l’article L. 521-2 du même code.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A....

Fait à Lyon, le 20 mars 2026.


Le juge des référés,




R. Reymond-Kellal


La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,


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