LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2603945

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2603945

vendredi 3 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2603945
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantATV AVOCATS ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé-suspension, a suspendu l'exécution d'une sanction disciplinaire (exclusion temporaire de six mois) infligée à un agent communal. Le juge a estimé que la condition d'urgence était remplie en raison de la privation de rémunération supérieure à un mois, et qu'un doute sérieux existait sur la légalité de la procédure disciplinaire, notamment au regard des articles L. 521-1 du code de justice administrative et L. 532-7 du code général de la fonction publique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 mars 2026, M. B..., représenté par la société Walgenwitz Avocats (Me Walgenwitz), demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du 5 mars 2026 par laquelle le maire de Décines-Charpieu l’a temporairement exclu de ses fonctions pour une durée de six mois, dont quatre avec sursis ;

2°) d’enjoindre à cette autorité de le réintégrer dans ses fonctions, dans un délai de 5 jours ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Décines-Charpieu la somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que la présomption d’urgence en raison d’une privation de revenus pendant une durée supérieure à un mois n’est pas renversée ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens tirés d’un vice de procédure en raison de l’absence de « parité numérique » lors de la séance du conseil de discipline, en méconnaissance de l’article L. 532-7 du code général de la fonction publique, et de la prescription d’une partie des faits reprochés, en application de l’article L. 532-2 du code général de la fonction publique ;

Par un mémoire, enregistré le 31 mars 2026, la commune de Décines-Charpieu, représentée par la société ATV Avocats Associés (Me Vieux-Rochas), conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l’absence de preuve d’une requête au fond ;
- la condition d’urgence n’est pas remplie dès lors que la durée de la sanction est courte, que l’agent, qui est en couple, n’est pas privé de toutes ressources et qu’il ne démontre pas que la décision porte une atteinte grave et immédiate à sa situation ;
- aucun des moyens soulevés n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée en l’état de l’instruction.

Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée sous le n° 2603943 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision en litige.

Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Après avoir, au cours de l’audience publique tenue en présence de Mme C... en qualité de greffière, présenté son rapport et entendu les observations :

- de Me Vialeton de la société Walgenwitz Avocats pour M. B... ;

- et de Me Vieux-Rochas de la société ATV Avocats Associés pour la commune de Décines-Charpieu.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

M. B..., brigadier-chef principal, a été temporairement exclu de ses fonctions pour une durée de six mois, dont quatre avec sursis, par une décision du 5 mars 2026 prise par le maire de Décines-Charpieu à titre disciplinaire. Il demande au juge des référés de suspendre l’exécution de cette décision.

Sur la demande de suspension :

Aux termes l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ».

En ce qui concerne la fin de non-recevoir :

Par une requête enregistrée le 24 mars 2026 sous le n° 2603943 dont copie est jointe à la présente requête en référé, M. B... a demandé l’annulation de la décision du 5 mars 2026 pour excès de pouvoir. Dès lors, la fin de recevoir opposée en défense doit être écartée.

En ce qui concerne l’urgence :

L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Une mesure prise à l’égard d’un agent public ayant pour effet de le priver de la totalité de sa rémunération doit, en principe, être regardée, dès lors que la durée de cette privation excède un mois, comme portant une atteinte grave et immédiate à la situation de cet agent, de sorte que la condition d’urgence doit être regardée comme remplie, sauf dans le cas où son employeur justifie de circonstances particulières tenant aux ressources de l’agent, aux nécessités du service ou à un autre intérêt public, qu’il appartient au juge des référés de prendre en considération en procédant à une appréciation globale des circonstances de l’espèce.

Les circonstances invoquées par la commune de Décines-Charpieu ne sont pas de nature à faire obstacle à ce que la condition d’urgence soit regardée comme étant remplie compte tenu de la privation de la totalité de la rémunération du requérant pendant plus d’un mois qui est occasionnée par la sanction disciplinaire en litige, alors que les seules ressources de son épouse ne permettent pas de couvrir les charges courantes du ménage en tout état de cause. La condition d’urgence requise doit donc être regardée comme étant remplie.

En ce qui concerne le doute sérieux :

En l’état de l’instruction, le moyen tiré d’un vice de procédure ayant privé le requérant d’une garantie, en l’absence de respect de la parité prévue par les dispositions de l’article L. 532-7 du code général de la fonction publique lors de la séance de la commission administrative paritaire siégeant en formation disciplinaire, est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Les deux conditions posées par les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, M. B... est fondé à demander la suspension de l’exécution de la décision du 5 mars 2026 par laquelle le maire de Décines-Charpieu l’a temporairement exclu de ses fonctions pour une durée de six mois, dont quatre avec sursis, à titre disciplinaire.

Sur les demandes d’injonction :

Aux termes du second alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu’il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ».

Eu égard au motif retenu par la présente ordonnance, il y a lieu d’enjoindre au maire de Décines-Charpieu de réintégrer provisoirement M. B... dans ses fonctions, dans un délai qu’il convient de fixer à quinze jours dans les circonstances de l’espèce.

Sur les frais d’instance :

M. B... n’étant pas partie perdante, les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’il soit fait droit aux conclusions présentées sur leur fondement par la commune de Décines-Charpieu. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de cette dernière la somme de 1 000 euros au titre des frais non compris dans les dépens qui ont été exposés par M. B....


O R D O N N E :

Article 1er : L’exécution de la décision du 5 mars 2026 par laquelle le maire de Décines-Charpieu a temporairement exclu M. B... de ses fonctions, pour une durée de six mois dont quatre avec sursis, à titre disciplinaire, est suspendue.

Article 2 : Il est enjoint au maire de Décines-Charpieu de réintégrer provisoirement M. B... dans ses fonctions dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : La commune de Décines-Charpieu versera à M. B... la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions de la commune de Décines-Charpieu présentées au titre des frais non compris dans les dépens qu’elle a exposés sont rejetées.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... et à la commune de Décines-Charpieu.


Fait à Lyon, le 3 avril 2026.


Le juge des référés,




R. Reymond-Kellal


La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions