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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2604162

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2604162

jeudi 26 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2604162
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantSHIBABA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé, rejette la demande de suspension des décisions de refus d'entrée et de placement en zone d'attente d'un ressortissant comorien. Le juge estime que le requérant n'a pas démontré en quoi ces mesures administratives, prises sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers, seraient entachées d'une illégalité manifeste portant une atteinte grave à une liberté fondamentale, condition exigée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative. La requête est donc rejetée comme mal fondée par application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 mars 2026, M. B... A..., représenté par Me Shibaba, demande au juge des référés :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, à titre principal, d’ordonner la suspension d’exécution des décisions du 17 mars 2026 par lesquelles le ministre de l’intérieur a refusé son entrée sur le territoire français et l’a placé en zone d’attente pendant une durée de 96 heures, subsidiairement, d’enjoindre au ministre de l’intérieur de l’assigner à résidence ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le paiement à son conseil d’une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Il soutient que les décisions attaquées portent une atteinte grave au droit à l’exercice effectif d’un recours, au droit à un procès équitable, au droit à accéder à un avocat et au droit d’accès aux documents administratifs nécessaires à l’exercice de la défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :


Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. » En vertu de l’article L. 522‑3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

La mise en œuvre de la protection juridictionnelle particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative implique qu'il soit satisfait non seulement à la condition d'urgence inhérente à la procédure de référé mais également que l'illégalité commise par une personne publique revête un caractère manifeste et ait pour effet de porter une atteinte grave à une liberté fondamentale. Il résulte tant des termes de l'article L. 521-2 que du but dans lequel la procédure qu'il instaure a été créée que doit exister un rapport direct entre l'illégalité relevée à l'encontre de l'autorité administrative et la gravité de ses effets au regard de l'exercice de la liberté fondamentale en cause.

En l’espèce, M. A..., ressortissant comorien né le 5 septembre 2004, se borne à soutenir qu’une atteinte grave est portée à plusieurs libertés fondamentales, sans aucunement préciser les raisons pour lesquelles les décisions en litige, refusant son entrée sur le territoire français et le plaçant en zone d’attente, seraient entachées d’une illégalité manifeste.

Dès lors, sans qu’il soit besoin de l’admettre à l’aide juridictionnelle provisoire, les conclusions présentées par M. A... sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées par application de l'article L. 522-3 précité du même code. Doivent être rejetées par voie de conséquence les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du même code.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....








Fait à Lyon le 26 mars 2026.




Le juge des référés







J.-P. Chenevey


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier



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