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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2604423

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2604423

mardi 31 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2604423
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBOUARFA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon rejette la demande de référé-liberté d'une ressortissante algérienne visant à enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas caractérisée, car la requérante n'a pas démontré l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, en l'occurrence la liberté d'exercer une activité professionnelle. La décision s'appuie sur les articles L. 521-2 et L. 522-3 du code de justice administrative ainsi que sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à la délivrance des attestations.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 mars 2026, Mme A... B..., représentée par Me Bouarfa, demande au juge des référés :

1°) d’enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l’ordonnancer à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 200 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’elle a déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour le 11 décembre 2025, et qu’aucune attestation de prolongation d’instruction ne lui a été délivrée alors que son titre de séjour a expiré le 20 février 2026 ; elle risque de voir son contrat de travail annulé d’ici le 7 avril 2026 en raison de la carence imputable à l’administration ;
- il est porté atteinte à la liberté d’exercer une activité professionnelle, composante de la liberté d’entreprendre ; elle ne peut pas obtenir d’autorisation de travail sans attestation de prolongation d’instruction.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

2. Mme B..., ressortissante algérienne née le 7 décembre 1993, a bénéficié d’un certificat de résidence portant la mention « salarié » valable du 21 février 2025 au 20 février 2026. Elle demande au juge des référés d’enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction.

3. Aux termes de l’article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. ». Selon l’article R. 431-12 du même code, applicable à l’examen d’une demande présentée sans recours au téléservice mentionné à l’article R. 431-2 : « L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. ». Aux termes de l’article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à l’examen d’une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l’article R. 431-2 : « Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. / Lorsque l'étranger mentionné aux 2°, 3° ou 4° de l'article R. 431-5 a déposé une demande complète dans le respect du délai auquel il est soumis, le préfet est tenu de mettre à sa disposition via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. ».

4. Si Mme B... demande qu’il soit enjoint à la préfète du Rhône de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction, il ne résulte pas de l’instruction que sa demande de renouvellement d’un certificat de résidence portant la mention « salarié » s’effectuerait selon la procédure prévue à l’article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, seule susceptible, en application des dispositions précitées de l’article R. 431-15-1 du même code, de donner lieu à la délivrance d’une attestation de prolongation d’instruction. Par ailleurs, à supposer que Mme B... ait entendu solliciter la délivrance d’un récépissé tel que prévu par l’article R. 431-12 précité, il est constant qu’elle a seulement sollicité le 11 décembre 2025 un rendez-vous en préfecture en vue du renouvellement de son certificat de résidence, mais que sa demande n’a pas encore été enregistrée, la délivrance du récépissé étant en outre conditionnée à la complétude son dossier. Il en résulte que la requête de Mme B... est manifestement mal fondée.

5. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête de Mme B... en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.




O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....


Fait à Lyon, le 31 mars 2026.


Le juge des référés,



C. Bertolo



La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,



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