vendredi 2 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-1906623 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | POLI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 28 mai 2019 prise sur le fondement de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis au tribunal administratif de Paris, à la suite d'une ordonnance du président de ce tribunal du 11 avril 2019, le jugement de la requête de M. B.
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 4 avril 2019, le 20 juillet 2022 et le 21 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Poli, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de faire droit à sa demande tendant à la rectification de la base de son traitement mensuel brut et au versement de la somme de 9 267,87 euros, à compter de la réception de sa demande et pour les traitements des mois suivants, à laquelle doivent être ajoutés les compléments de rémunération applicables régularisés selon cette même base, pour les mois et années antérieurs et jusqu'à sa mise à la retraite, et la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à la rectification de la base de son traitement brut à compter de sa demande préalable pour la fixer à la somme de 9 267,87 euros à laquelle devront être ajoutés les compléments de rémunération applicables et de réviser en conséquence le montant de sa pension de retraite, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à l'ensemble des régularisations de sa rémunération sur cette même base, pour les mois et années antérieurs à sa demande préalable jusqu'à sa mise à la retraite, et de lui verser les sommes y afférentes dans le même délai et sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- il peut se prévaloir des dispositions de l'arrêté du 4 avril 2013 qui est applicable dès lors qu'il a fait l'objet de formalités de publication suffisantes et qu'il est visé dans son contrat ; ainsi que le prévoient les dispositions de cet arrêté il doit bénéficier de la rémunération mensuelle minimale en vigueur fixée par le CISME issue de l'accord du 22 février 2017 ;
- le principe de loyauté des relations contractuelles impose à l'administration une gestion de bonne foi de ses relations contractuelles et de tenir compte de la convention collective nationale du 20 juillet 1976 " Santé au travail : service interentreprises " étendue par un arrêté du 20 juillet 1976 ;
- étant visé par le contrat, et alors même qu'il n'a pas été publié, l'arrêté du 4 avril 2013 est entré dans le champ contractuel et devenu la loi des parties ;
- il se prévaut du principe général selon lequel tout agent public bénéficie d'un avancement à l'ancienneté et du fait de l'écoulement du temps entraîne nécessairement une hausse de sa rémunération ; le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 prévoit pour sa part que la rémunération d'un agent contractuel est réévaluée au moins tous les trois ans en tenant compte de l'évolution de ses fonctions et de sa manière de servir ;
- le raisonnement de l'administration conduirait à payer les nouveaux agents recrutés mieux que ceux en fonction depuis plusieurs années.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le règlement intérieur du 6 juillet 1977 applicable aux agents contractuels du ministère de l'intérieur, notamment son annexe 4 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Blusseau, conseiller,
- et les conclusions de M. Degand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, alors médecin inspecteur régional contractuel de la police nationale, a demandé au ministre de l'intérieur, par un courrier réceptionné le 16 août 2018, la rectification de la base de son traitement brut pour que lui soient versés, d'une part, à compter de la réception de ce courrier et pour les traitements des mois suivants jusqu'à sa mise à la retraite, la somme de 9 267,87 euros, augmentée des compléments de rémunération applicables et, d'autre part, un rappel de rémunération, calculé sur la même base, pour les mois et années antérieurs. Du silence de l'administration sur cette demande, une décision implicite de rejet est née et le recours administratif qu'il a formé contre cette décision, réceptionné le 7 décembre 2018, a été implicitement rejeté. M. B demande au tribunal d'annuler ces décisions et d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui verser les sommes auxquelles il estime avoir droit.
2. Aux termes des dispositions de l'article 1-3 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat pris pour l'application de l'article 7 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat alors en vigueur : " Le montant de la rémunération est fixé par l'autorité administrative () ". En application de ces dispositions, la rémunération d'un médecin inspecteur régional contractuel de la police nationale est fixée par l'annexe du 4 mai 1983 au règlement intérieur du 6 juillet 1977 applicable aux agents contractuels du ministère de l'intérieur.
3. Il résulte de l'instruction que M. B a été recruté en qualité de médecin inspecteur régional de la police nationale à compter du 1er septembre 2004 par un contrat du 18 novembre 2004 puis renouvelé dans ses fonctions par contrats successifs jusqu'au 31 janvier 2017.
4. Aux termes de l'article 1er de l'avenant du 10 juillet 2013 à son contrat du 8 novembre 2010 : " A compter du 1er janvier 2013, le docteur B, médecin contractuel de la police nationale, perçoit, conformément à l'article 1er de l'arrêté du 4 avril 2013 et de l'instruction n° 192 du 17 avril 2013 susvisés : - une rémunération correspondant au niveau 5 (coefficient 1,6) de la grille de rémunération, soit un montant de 6 577,14 euros bruts mensuels - un complément de rémunération lié à sa fonction de médecin inspecteur régional d'un montant de 137,02 euros bruts mensuels ".
5. En premier lieu, M. B se fonde sur ces stipulations pour demander la réévaluation du montant de sa rémunération ainsi que, par voie de conséquence, celle des compléments de rémunération pendant toute la période de la relation contractuelle antérieure à sa mise à la retraite sur la base de la grille de rémunération de l'arrêté du 4 avril 2013 laquelle prévoit cinq niveaux de rémunération affectés chacun d'un coefficient différent et qui augmente en fonction du nombre d'années d'exercice au sein de la direction générale de la police nationale. Toutefois, il résulte de l'article 1er de l'avenant du 10 juillet 2013 que le montant de sa rémunération est directement fixé par son contrat à 6 577,14 euros. En outre, si, pour fixer la rémunération de M. B à ce montant, le ministre s'est référé au coefficient 1,6 figurant dans la grille de rémunération de l'arrêté du 4 avril 2013, cette référence est superfétatoire et il est constant qu'il n'a pas entendu faire application à l'ensemble de la relation contractuelle antérieure à sa mise à la retraite des modalités de revalorisation résultant de cette grille. Au demeurant, ainsi qu'il le fait valoir en défense, l'arrêté du 4 avril 2013, qui n'a pas été publié, est dépourvu de toute portée juridique. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'application de la grille de rémunération prévue par l'arrêté du 4 avril 2013 doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que les moyens tirés de l'absence de réévaluation de la rémunération au cours de la relation contractuelle, de la méconnaissance du principe de loyauté dans les relations contractuelles et de la force obligatoire de l'arrêté du 4 avril 2013 du fait de la reprise dans les stipulations contractuelles ne sont pas fondés.
7. En troisième lieu, il ne résulte d'aucun principe qu'un agent public contractuel a droit à une augmentation automatique de sa rémunération en fonction de son ancienneté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 4 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
M. Blusseau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2022.
Le rapporteur,
A. BLUSSEAU
La présidente,
S. AUBERT
La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026