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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-1912472

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-1912472

jeudi 7 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-1912472
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2e Section - 3e Chambre
Avocat requérantJOUSSELIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 juin 2019 et le 1er octobre 2019, M. C B, représenté par Me Jousselin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision implicite du 12 avril 2019 par laquelle la ville de Paris a refusé de retirer l'arrêté du 11 juillet 2006 fixant sa situation administrative dans le corps des professeurs de conservatoires de la ville de Paris et de reconstituer sa carrière ;

2°) d'enjoindre à la ville de Paris de réexaminer sa situation et de reconstituer sa carrière en prenant en compte les 20 années d'ancienneté acquises avant sa titularisation ;

3°) de mettre à la charge de la ville de Paris la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit dès lors qu'en exécution de l'article L. 242-4 du code des relations entre le public et l'administration, la ville de Paris aurait dû faire droit à sa demande du 6 février 2019 et rapporter la décision le classant au 1er échelon de son grade lors de sa titularisation ;

- l'arrêté du 11 juillet 2006 méconnaît les dispositions de l'article 14 de la délibération D. 154 du 3 février 1995 dès lors que ses services antérieurs n'ont pas été pris en compte ;

- ses fonctions d'adjoint d'enseignement musical, exercées dans le cadre d'un contrat conclu avec la ville de Paris le 1er janvier 1988, doivent être considérées comme relevant de la catégorie A pour le calcul de son ancienneté ; il en va de même de celles d'ingénieur du son qu'il exerçait au sein de la Maison des conservatoires, dans le cadre d'un contrat qui a la nature d'un contrat de droit public, eu égard au caractère transparent de cette association.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2019, la ville de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 7 octobre 2019, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 novembre 2019.

Des mémoires ont été présentés pour M. B le 20 mai 2020 et le 11 juin 2022, postérieurement à la clôture de l'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983,

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984,

- la loi n° 2005-843 du 26 juillet 2005,

- la délibération du conseil de Paris n° D. 154, 1°, 2° et 3° du 13 février 1995 modifiée fixant le statut particulier applicable au corps des professeurs des conservatoires de Paris,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Marmier, rapporteur public,

- et les observations de Me Jousselin, représentant M. B, et de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été recruté par la ville de Paris en qualité d'adjoint d'enseignement musical vacataire à compter du 1er janvier 1988, puis en qualité de professeur d'enseignement artistique vacataire à compter du 8 septembre 2003. Par un arrêté du 22 décembre 2005, il a été nommé professeur des conservatoires de Paris stagiaire à compter du 1er janvier 2006, rémunéré pendant la durée de son stage sur la base de l'indice brut 433 afférent au 1er échelon du grade de professeur des conservatoires de Paris. Il a été titularisé, à compter du 1er juillet 2006, par un arrêté du 3 juillet 2006. Par un arrêté du 11 juillet 2006, le maire de Paris l'a classé au 2ème échelon de son grade à compter du 1er juillet 2006. Par un courrier du 6 février 2019, reçu le 12 février suivant par la ville de Paris, il a demandé à celle-ci la reconstitution de sa carrière, en faisant valoir qu'eu égard à son ancienneté de service en qualité d'agent non titulaire, il aurait dû être intégré au 1er janvier 2006 à l'échelon 5 du grade de professeur des conservatoires de Paris de classe normale. Devant le Tribunal, il demande l'annulation de la décision implicite par laquelle la ville de Paris a rejeté sa réclamation du 6 février 2019, qui, selon lui, tendait au retrait de l'arrêté " du 1er janvier 2006 " le classant au 1er échelon de son grade.

2. Aux termes de l'article L. 242-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Sur demande du bénéficiaire de la décision, l'administration peut, selon le cas et sans condition de délai, abroger ou retirer une décision créatrice de droits, même légale, si son retrait n'est pas susceptible de porter atteinte aux droits des tiers et s'il s'agit de la remplacer par une décision plus favorable au bénéficiaire ". Si, lorsque les conditions prévues par ces dispositions sont réunies, l'auteur d'une décision peut, sans condition de délai, faire droit à une demande de retrait présentée par son bénéficiaire, il n'est toutefois pas tenu de procéder à un tel retrait, alors même que la décision serait entachée d'illégalité. Il appartient ainsi à l'auteur de la décision d'apprécier, sous le contrôle du juge, s'il peut procéder ou non au retrait, compte tenu tant de l'intérêt de celui qui l'a saisi que de celui du service.

3. M. B soutient que la ville de Paris a méconnu les dispositions précitées de l'article 242-4 du code des relations entre le public et l'administration, en refusant de faire droit à sa réclamation du 6 février 2019. Cependant, d'une part, celle-ci ne tendait pas au retrait de la décision du 11 juillet 2006 fixant la situation administrative de M. B lors de son intégration dans le corps des professeurs des conservatoires de Paris mais avait seulement pour objet de reconstituer sa carrière " selon les modalités que vous voudrez bien lui proposer ", en prenant en compte un classement à l'échelon 5 au 1er janvier 2006 au lieu de l'échelon 2 effectivement retenu. D'autre part, en admettant que cette réclamation avait un tel objet, M. B se borne dans sa requête à soutenir que la décision par laquelle la ville de Paris l'a classé lors de son intégration au 1er ou au 2ème échelon de son grade est illégale faute que son ancienneté et sa rémunération antérieures en qualité d'agent non titulaire aient été prises en compte. Or, à supposer même que la décision du 11 juillet 2006 aurait été illégale, cette circonstance n'obligeait pas l'administration à la rapporter dès lors qu'ainsi qu'il a été dit au point précédent, elle dispose d'un pouvoir discrétionnaire pour retirer une décision créatrice de droits et lui substituer une décision plus favorable. Dans ces conditions et dès lors que le requérant ne fait état d'aucune circonstance d'où ressortirait que, compte tenu de son intérêt et de celui de la ville de Paris, celle-ci aurait commis une illégalité en refusant de rapporter l'arrêté du 11 juillet 2006, ses conclusions à fin d'annulation ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la ville de Paris.

Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Dalle, président,

Mme Mauclair, premier conseiller,

Mme Belkacem, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.

L'assesseur le plus ancien,

A.-G. MAUCLAIR

Le président-rapporteur,

D. A

La greffière,

M.-C. POCHOT

La République mande et ordonne au préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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