vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-1919351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | PIERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 septembre 2019, le 14 novembre 2019 et le 18 novembre 2021, M. A, représenté par Me Pierre, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler les décisions par lesquelles le préfet de police a prolongé son délai de transfert de six à dix-huit mois, a refusé d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demande d'asile ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de le convoquer aux fins d'enregistrement de sa demande d'asile et de délivrance d'une attestation de demande d'asile dans un délai de trois jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de trois jours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- c'est à tort que le préfet l'a considéré comme étant en fuite dès lors qu'il n'a pu se rendre aux convocations des 6 et 13 février pour des raisons médicales ;
- le Danemark n'ayant pas été informé de la prolongation du délai de transfert comme le prévoit l'article 9 du règlement du 2 septembre 2003 tel que modifié par le règlement (UE) 118/2014 du 30 janvier 2014, la responsabilité de sa demande d'asile a été transférée à la France en application de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 novembre 2019, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 18 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er février 2022.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 janvier 2022.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la prolongation du délai de transfert dès lors que celle-ci ne constitue qu'une des modalités d'exécution de la décision initiale de transfert et ne peut être regardée comme révélant une décision distincte, susceptible de recours.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Lambrecq, rapporteure publique,
- et les observations de Me Pierre, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant afghan né le 1er janvier 1991, a déposé une demande d'asile en France le 20 août 2018. Le 18 octobre 2018, le préfet de police lui a notifié un arrêté de transfert vers le Danemark, qu'il a contesté devant le tribunal administratif de Paris. Son recours a été rejeté par un jugement du 14 janvier 2019. Les 6 et 13 février 2019, il a été convoqué en vue de l'exécution de son arrêté de transfert mais ne s'est pas rendu aux rendez-vous. Le 15 juillet 2019, il s'est présenté à la préfecture de police pour faire enregistrer sa demande d'asile en procédure normale. Sa demande a été rejetée au motif que le préfet de police l'avait placé en fuite et que son délai de transfert était par conséquent passé de six à dix-huit mois. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision de préfet de police portant prolongation de son délai de transfert ainsi que le refus d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demande d'asile qui lui a été opposé le 15 juillet 2019 au guichet de la préfecture.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. A ayant été admis à l'aide juridictionnelle, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte :
3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'enregistrement de la requête, le préfet de police a délivré à M. A une attestation de demande d'asile en procédure normale, valable du 27 mai 2022 au 26 novembre 2022. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions du requérant tendant à l'annulation des décisions attaquées et à la délivrance de cette attestation sous astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
4. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Pierre renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Pierre de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de M. A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions en annulation et en injonction sous astreinte présentées par M. A.
Article 3 : L'Etat versera à Me Pierre, avocat de M. A, une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de police et à Me Pierre.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Riou, présidente,
Mme Laforêt, première conseillère,
Mme Marchand, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
La rapporteure,
L. B
La présidente,
C. Riou
La greffière,
V. Lagrède
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026