lundi 9 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-1922641 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 octobre 2019 et le 11 février 2020, M. A B, représenté par Me Beguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la lettre de mission du 13 août 2019 par laquelle le directeur de la sécurité et de la proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP) l'a affecté en qualité d'officier du service de sécurisation du quotidien en charge des unités de nuit de la circonscription de sécurité publique du 16ème arrondissement de Paris ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de le muter au poste d'officier du service de sécurisation du quotidien en charge des unités de nuit de la circonscription de sécurité publique des arrondissements centraux, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- la décision de changement d'affectation lui fait grief et est susceptible de faire l'objet d'un recours en excès de pouvoir dès lors qu'elle porte atteinte aux prérogatives qu'il tient de son statut, qu'elle ne permet pas l'avancement au grade de commandant et qu'elle traduit une discrimination voire une sanction ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- la décision, qui constitue une sanction disciplinaire déguisée, n'a pas respecté la procédure disciplinaire dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la saisine de la commission administrative paritaire, qu'il n'a pas été mis à même de consulter son dossier individuel et qu'il n'y a pas eu d'appel d'offre sur le poste ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 6 quinquiès de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 dès lors qu'elle constitue un harcèlement moral ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir dès lors qu'elle répond à un mobile étranger à l'intérêt général dans la mesure où elle vise en réalité à se débarrasser de lui en raison de son refus d'appliquer des ordres manifestement illégaux ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2020, le ministre de l'intérieur conclut à ce que les pièces de procédure soient transmises au préfet de police, seul défendeur compétent.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que décision attaquée ne fait pas grief à M. B ;
- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par un courrier du 25 mars 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'ordonnance à intervenir était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision de changement d'affectation du 13 août 2019 en tant que celle-ci constitue une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours.
Un mémoire en réponse au moyen d'ordre public, produit par M. B et enregistré le 13 avril 2022, a été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".
2. En amont de la fusion des commissariats des 1er, 2ème, 3ème et 4ème arrondissements de Paris programmée en septembre 2019 pour créer le commissariat de Paris-Centre, la direction de la sécurité et de la proximité de l'agglomération parisienne a demandé à M. B, capitaine de police alors affecté au commissariat central du 4ème arrondissement de Paris, de lui soumettre trois choix de postes. Ce dernier a demandé, par ordre de préférence, le commandement de la brigade de nuit du commissariat central des arrondissements centraux, en premier lieu, le commandement de la brigade de nuit du commissariat du 8ème arrondissement de Paris, en deuxième lieu, et le commandement de la brigade de nuit du commissariat du 16ème arrondissement de Paris, en dernier lieu. Par une lettre de mission du 13 août 2019, le directeur de la sécurité et de la proximité de l'agglomération parisienne l'a affecté en qualité d'officier du service de sécurisation du quotidien en charge des unités de nuit de la circonscription de sécurité publique du 16ème arrondissement de Paris. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.
3. D'une part, les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou de leur contrat ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent de perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination ou une sanction, est irrecevable.
4. D'autre part, un changement d'affectation revêt le caractère d'une mesure disciplinaire déguisée lorsque, tout à la fois, il en résulte une dégradation de la situation professionnelle de l'agent concerné, et que la nature des faits qui ont justifié la mesure et l'intention poursuivie par l'administration révèlent une volonté de sanctionner cet agent.
5. Enfin, il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
6. Comme dit au point 2 ci-dessus, M. B a été affecté en qualité d'officier du service de sécurisation du quotidien en charge des unités de nuit du commissariat du 16ème arrondissement de Paris. Cette décision n'avait pas à être précédée d'une publication ni de la saisine de la commission administrative paritaire. Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette nouvelle affectation, qui n'implique aucun changement de résidence, emporterait une perte de rémunération. Si le requérant soutient que sa nouvelle affectation ne lui ouvre pas droit à l'avancement, il ne l'établit pas. La circonstance que le poste d'officier du service de sécurisation du quotidien du commissariat du 16ème arrondissement de Paris, auquel il a été affecté et qui constituait son dernier choix, relève d'une cotation de niveau 3, alors que le poste d'officier du service de sécurisation du quotidien de nuit du commissariat central des arrondissements centraux est classé au niveau 2, auquel il n'a pas été affecté et qui constituait son premier choix, est sans incidence, dès lors que sa nouvelle affectation n'emporte aucune perte de responsabilité par rapport à sa précédente affectation, M. B ne disposant d'aucun droit à être muté sur un poste permettant l'avancement au grade de commandant. Enfin, M. B n'établit pas que la décision attaquée traduirait une discrimination à son encontre.
7. Par ailleurs, si le requérant soutient que la décision de changement d'affectation révèle l'intention du préfet de police de le sanctionner pour avoir refusé d'appliquer des ordres manifestement illégaux et qu'elle participe du harcèlement moral dont il fait l'objet, il ressort des pièces du dossier que la décision de changement d'affectation a été prise en amont de la fusion des commissariats des 1er, 2ème, 3ème et 4ème arrondissements de Paris programmée en septembre 2019 pour créer le commissariat de Paris-centre et que M. B a été affecté sur l'un des postes pour lequel il avait émis un vœu d'affectation au sein de la direction de la sécurité et de la proximité de l'agglomération parisienne. Ainsi, la décision attaquée, qui n'emporte pas de dégradation de la situation professionnelle de l'intéressé, ainsi qu'il a été dit au point précédent, ne révèle aucune volonté de le sanctionner mais constitue une mesure d'organisation du service prise dans l'intérêt de celui-ci. Par suite, la décision attaquée ne constitue pas une sanction déguisée. Pour les mêmes raisons, cette décision d'affectation, qui n'emporte pas de perte de responsabilité par rapport à son affectation précédente, ne permet pas, à elle seule, de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral à son égard.
8. Dans ces conditions, la décision attaquée, prise dans l'intérêt du service et qui n'a pas porté atteinte aux droits que M. B tient de son statut, présente le caractère d'une mesure d'ordre intérieur qui ne fait pas grief et n'est donc pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B est manifestement irrecevable et doit être rejetée en toutes ses conclusions sur le fondement du 4 ° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par le préfet de police sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le préfet de police au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 9 janvier 2023.
La vice-présidente de section,
F. Versol
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
2/6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026