vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-1923681 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET FOURNIER LABAT - SIBON |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance du 11 octobre 2019, le président du tribunal des pensions militaires d'invalidité de Paris a ordonné son dessaisissement au profit au tribunal administratif de Paris.
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 août 2018 et le 21 octobre 2021, M. A, représenté par Me Fournier-Labat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 juillet 2018 par laquelle le ministre des armées a rejeté sa demande d'octroi d'une pension militaire d'invalidité ;
2°) d'enjoindre au ministre des armées de lui concéder une pension militaire d'invalidité avec un taux de 10 % ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient qu'il est fondé à se voir attribuer une pension militaire d'invalidité dès lors qu'il a subi une blessure à la tête lors de son emprisonnement en Algérie entre mars 1957 et novembre 1958.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 août 2019 et le 14 février 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 18 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée
au 18 février 2022, 12 heures.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 février 2019 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal de grande instance de Paris.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre ;
- la loi n° 59-901 du 31 juillet 1959 ;
- la loi de finances rectificative n° 63-778 du 31 juillet 1963 ;
- le décret n° 64-505 du 5 juin 1964 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Lamy, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né en 1942, a formé une demande de pension militaire d'invalidité
le 30 septembre 2016, reçue le 21 décembre 2016, pour une blessure à la tête reçue lors de son emprisonnement avec sa famille au complexe militaire dit D, en Algérie, entre mars 1957 et novembre 1958. Par une décision du 13 juillet 2018, le ministre des armées a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
2. D'une part, aux termes de l'article 13 de la loi de finances rectificative du 31 juillet 1963 : " Sous réserve de la subrogation de l'Etat dans les droits des victimes ou de leurs ayants cause, les personnes de nationalité française, ayant subi en Algérie depuis le 31 octobre 1954 et jusqu'au 29 septembre 1962 des dommages physiques du fait d'attentat ou de tout autre acte de violence en relation avec les évènements survenus sur ce territoire ont, ainsi que leurs ayants cause de nationalité française, droit à pension. / Ouvrent droit à pension, les infirmités ou le décès résultant : / 1° De blessures reçues ou d'accidents subis du fait d'attentat ou de tout autre acte de violence en relation avec les évènements d'Algérie mentionnés à l'alinéa premier ; [] ". Aux termes de l'article 1er du décret du 5 juin 1964 portant règlement d'administration publique pour l'application de l'article 13 de la loi n° 63-778 du 31 juillet 1963 relatif à la réparation des dommages physiques subis par certaines catégories de personnes en Algérie par suite des évènements qui se sont déroulés sur ce territoire depuis le 31 octobre 1954 : " Les pensions allouées aux personnes remplissant la condition de nationalité française à la date de promulgation de la loi n° 63-778 du 31 juillet 1963 qui ont, depuis le 31 octobre 1954 et jusqu'au 29 septembre 1962, subi des dommages physiques dans les circonstances définies par l'article 13 de ladite loi, ainsi qu'à leurs ayants cause, seront liquidées dans des conditions identiques à celles prévues par la loi n° 59-901 du 31 juillet 1959. / Ces personnes et leurs ayants cause auront droit également au bénéfice des droits accessoires, des avantages et des institutions prévues par la loi précitée du 31 juillet 1959 ". Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 juillet 1959 relative à la réparation des dommages physiques subis en métropole par les personnes de nationalité française, par suite des événements qui se déroulent en Algérie : " Les personnes de nationalité française ayant subi en métropole, depuis le 31 octobre 1954 et jusqu'à une date qui sera fixée par arrêté interministériel, des dommages physiques du fait d'attentat ou de tout autre acte de violence en relation avec les événements survenus en Algérie ont, ainsi que leurs ayants cause, droit à pension dans les conditions prévues pour les victimes civiles de la guerre par le Code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre. [] ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 213 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre, dans sa version applicable au litige : " Il appartient aux postulants de faire la preuve de leurs droits à pension en établissant notamment : / Pour les victimes elles-mêmes, que l'infirmité invoquée a bien son origine dans une blessure ou dans une maladie causée par l'un des faits définis aux paragraphes 1er et 2 de la section I ; pour les ayants cause, que le décès sur lequel ils fondent leur demande a été causé par l'un de ces mêmes faits. [] ".
4. En l'espèce, dans sa demande de pension militaire d'invalidité, M. A a allégué avoir été victime, en Algérie, de coups reçus à la tête lorsque sa famille et lui-même ont été emprisonnés au complexe militaire de D, entre mars 1957 et novembre 1958, et cette blessure aurait occasionné les céphalées ressenties par le requérant. Il produit, à l'appui de sa demande, une attestation de reconnaissance sur témoignages de militants du Front de Libération Nationale. Au demeurant, ce point n'est pas contesté par la ministre des armées. Il produit également un compte-rendu d'imagerie par résonance magnétique (IRM) en date
du 6 novembre 2016, relevant une " séquelle post-traumatique ancienne frontale gauche ".
5. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'administration a sollicité le service historique de la défense pour corroborer les faits allégués par le requérant. Par un courriel du 9 avril 2018, ce service a indiqué ne pas détenir d'archives sur le complexe militaire de D et ne pas avoir retrouvé de traces de l'emprisonnement de M. A et de sa famille. De plus, le compte-rendu d'IRM produit par le requérant fait état de céphalées depuis les années 1980 et relève également que l'anomalie constatée est sans lien avec les céphalées actuelles. Dans ces conditions, par les seuls renseignements fournis par M. A et alors même qu'il fait valoir être dans l'incapacité de fournir d'autres éléments, compte-tenu de l'ancienneté des faits, le requérant n'apporte pas la preuve des faits allégués dont il aurait victime en Algérie entre mars 1957 et novembre 1958. Par conséquent, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du ministre des armées du 13 juillet 2018.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris, par voie de conséquences, ses conclusions à fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre des armées et à Me Fournier-Labat.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Ladreyt, président,
M. Gandolfi, premier conseiller,
Mme Leravat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.
La rapporteure,
C. C
Le président,
J-P. LADREYT
La greffière,
L. SUEUR
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/5-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026