vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-1924055 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET SYLLA (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
I. Par un jugement du 10 novembre 2017, le tribunal des pensions militaires d'invalidité de la ville de Paris a donné acte du désistement d'instance de M. C.
Par une requête enregistrée sous le n° 1924055 le 12 novembre 2019, M. C, représenté par Me Sylla, doit être regardé comme demandant :
1°) de rétablir au rôle son affaire, enregistrée le 30 octobre 2014 au greffe du tribunal des pensions militaires d'invalidité de la ville de Paris ;
2°) de réviser à hauteur de 70 % le taux d'invalidité auquel l'arrêté
du 24 décembre 2012 du ministre des armées lui a concédé une pension militaire d'invalidité concernant les lombosciatalgies bilatérales avec sciatiques à bascule à répétition et spasmes du membre inférieur droit ;
3°) de supprimer le taux documentaire de 10 % concernant cette même infirmité ;
4°) de modifier l'origine de cette infirmité en " infirmité imputable au titre du décret du 10 janvier 1992, guerre d'Algérie ou combats Tunisie-Maroc ".
Il soutient que la totalité de son infirmité est imputable aux opérations de guerre, dès lors qu'elle a été homologuée comme blessure de guerre par le bureau des affaires juridiques du ministère de la défense le 20 septembre 2013.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 mars 2021, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors qu'elle est forclose ;
- elle est irrecevable, dès lors que M. C n'a pas adressé de demande préalable ;
- les autres moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 8 avril 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 10 mai 2021, 12 heures.
Un mémoire présenté pour M. C a été enregistré le 24 juin 2022, postérieurement à la clôture d'instruction, et n'a pas fait l'objet d'une communication.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 octobre 2020 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun.
II. Par une requête enregistrée sous le n° 1926240 le 6 décembre 2019, M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 24 juin 2019 par laquelle le ministre des armées a rejeté sa demande de révision de sa pension militaire d'invalidité pour aggravation.
Il soutient que l'expertise judiciaire du docteur A du 13 mai 2008 a fixé le taux d'invalidité à 75 % pour ses lombosciatalgies bilatérales avec sciatiques à bascule à répétition et spasmes du membre inférieur droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2020, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 19 août 2020, la clôture d'instruction a été fixée
au 21 septembre 2020, 12 heures.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 octobre 2020 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre ;
- le décret n° 59-327 du 20 février 1959 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Lamy, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est entré en service le 1er septembre 1958 puis a été rayé des cadres le 1er juillet 1991 au grade de colonel. Il s'est blessé à deux reprises au niveau du dos lors d'une opération de commando en hélicoptère en 1960. Une pension militaire d'invalidité au taux de 60 % lui a été concédée par un arrêté du 17 août 2009, avec une jouissance à compter
du 4 novembre 1994. Suite à un arrêt de la cour régionale des pensions militaires de Versailles, en date du 2 octobre 2012, une nouvelle pension lui a été concédée par un arrêté
du 24 décembre 2012, au taux de 70 %, avec jouissance à compter du 19 septembre 2000.
Par un arrêté du 12 mai 2014, M. C s'est vu renouveler son droit à pension militaire d'invalidité au taux de 70 %, avec jouissance à compter du 19 septembre 2003. Celle-ci a été concédée, pour la première infirmité, à savoir des lombosciatalgies bilatérales avec sciatiques à bascule à répétition et spasmes du membre inférieur droit, à taux global de 70 %, dont 10 % à un taux documentaire, soit un taux de 60 % indemnisable. Par un courrier en date
du 2 octobre 2017, M. C a demandé la révision de sa pension militaire d'invalidité pour aggravation concernant cette infirmité, ainsi que la suppression du taux documentaire de 10 %. Par une décision du 24 juin 2019, le ministre des armées lui a notifié le rejet de sa demande en aggravation. Par la présente requête, M. C demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n° 1924055 et n° 1926240, présentées pour M. C présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 5 du décret du 20 février 1959, dans sa version applicable au litige : " L'intéressé peut, dans un délai de six mois, se pourvoir devant le tribunal des pensions contre la décision prise en vertu soit du premier alinéa, soit du dernier alinéa de l'article L. 24 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre. / [] / L'intéressé peut également, dans le même délai, se pourvoir devant le tribunal des pensions contre la décision prise en vertu de l'article L. 24, deuxième alinéa, sauf si cette décision a simplement confirmé la décision primitive. " Aux termes de l'article L. 24 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre, dans sa version applicable au litige : " Les pensions militaires prévues par le présent code sont liquidées et concédées, sous réserve de la confirmation ou modification prévues à l'alinéa ci-après, par le ministre des anciens combattants et victimes de guerre ou par les fonctionnaires qu'il délègue à cet effet. Les décisions de rejet des demandes de pension sont prises dans la même forme. / Les concessions ainsi établies sont confirmées ou modifiées par un arrêté conjoint du ministre des anciens combattants et victimes de guerre et du ministre de l'économie et des finances. La concession ne devient définitive qu'après intervention dudit arrêté. [] ".
4. Il est constant que la pension militaire d'invalidité a été concédée à M. C par un arrêté du 17 septembre 1974, avec un taux global de 30 % dont un taux antérieur de 10 %. Dès lors que le requérant n'a pas contesté ce dernier dans les délais prévus par les textes précités, l'arrêté est devenu définitif. Par suite, M. C n'est pas fondé à demander la suppression du taux documentaire de 10 % pour la première infirmité, ni à ce qu'elle soit imputée en totalité au service.
5. En second lieu, aux termes de l'article 29 du code précité, dans sa version applicable au litige : " Le titulaire d'une pension d'invalidité concédée à titre définitif peut en demander la révision en invoquant l'aggravation d'une ou plusieurs infirmités en raison desquelles cette pension a été accordée. / Cette demande est recevable sans condition de délai. / La pension ayant fait l'objet de la demande est révisée lorsque le degré d'invalidité résultant de l'infirmité ou de l'ensemble des infirmités est reconnu supérieur de 10 % au moins du pourcentage antérieur. / [] ".
6. Suite à la demande en aggravation adressée par le requérant, le ministère des armées a demandé une expertise médicale. Celle-ci a été réalisée le 6 février 2019 par le docteur D. Elle conclut au maintien du taux de 70 % dont 10 % en rapport à un état antérieur, soit un taux d'invalidité indemnisable de 60 %. Le médecin chargé des pensions militaires et la commission consultative médicale ont rendu un avis identique. L'administration a ensuite transmis à M. C le constat provisoire faisant état du maintien des taux, ainsi qu'un formulaire à renseigner pour faire connaître au ministère son choix entre une décision prise sur le constat provisoire ou la soumission de son dossier à la commission de réforme des pensions militaires d'invalidité. Il est constant que le requérant n'a pas fait part de son choix. Dès lors, ainsi que le mentionnait le formulaire, il est réputé avoir accepté les propositions formulées. Par ailleurs, M. C n'a pas produit de documents médicaux venant démontrer l'aggravation de son infirmité, et l'expertise médicale réalisée le 13 mai 2008 par le docteur A, dont il se prévaut, n'est pas de nature, à elle seule et de par son ancienneté, à remettre en cause l'expertise du docteur D. De même, l'homologation, par le ministère des armées, des blessures subies par le requérant en tant que blessures de guerre ne constitue pas un document médical de nature à remettre en cause l'expertise du docteur D. Par suite, M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du ministre des armées en date du 24 juin 2019.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par le ministre des armées, que la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, au ministre des armées et à Me Sylla.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Ladreyt, président,
M. Gandolfi, premier conseiller,
Mme Leravat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.
La rapporteure,
C. B
Le président,
J-P. LADREYT
La greffière,
L. SUEUR
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026