mercredi 10 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2002922 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CATTIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés le 13 février 2020, le 14 août 2020 et le 21 octobre 2020, la société par actions simplifiée (SAS) O10C GROUP, représentée par Me Cattier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 décembre 2019 par laquelle la direction régionale des Finances publiques d'Ile-de-France et du département de Paris a rejeté sa demande en date du 13 novembre 2019 de délivrance de l'agrément prévu au II de l'article 209 du code général des impôts (CGI) à la suite de l'opération de fusion par voie d'absorption de la SASU Finegil expansion à son profit ;
2°) d'enjoindre à l'administration fiscale de procéder au réexamen de la demande d'agrément dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en excluant les holdings ayant une activité d'animation et de prestations de service auprès de leurs filiales du champ d'application de l'agrément, l'administration a commis une erreur de droit ;
- l'intention du législateur a été uniquement d'exclure du transfert de déficits les sociétés financières sans activité propre ;
- les déficits dont le transfert est sollicité proviennent d'une activité autre que celle de l'activité de gestion d'un patrimoine mobilier et ont été générés par une activité d'animation de groupe.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 26 juin 2020 et le 2 octobre 2020, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris (pôle gestion fiscale) conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. A,
-et les conclusions de M. Pottier, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SA O10C Group a présenté, le 13 novembre 2019, une demande d'agrément auprès de l'administration fiscale afin de pouvoir bénéficier, en application des dispositions du II de l'article 209 du code général des impôts, du report du déficit constaté au 31 décembre 2015 de la société Finegil expansion, dans le cadre de la fusion-absorption de cette société à son profit. Par une décision du 15 décembre 2019, dont la société requérante demande l'annulation, l'administration fiscale a rejeté cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du II de l'article 209 du Code général des impôts, dans sa rédaction en vigueur au moment des faits : " () / II. En cas de fusion ou opération assimilée placée sous le régime de l'article 210 A, les déficits antérieurs et la fraction d'intérêts mentionnée au sixième alinéa du 1 du II de l'article 212 non encore déduits par la société absorbée ou apporteuse sont transférés, sous réserve d'un agrément délivré dans les conditions prévues à l'article 1649 nonies, à la ou aux sociétés bénéficiaires des apports, et imputables sur ses ou leurs bénéfices ultérieurs dans les conditions prévues respectivement au troisième alinéa du I et au sixième alinéa du 1 du II de l'article 212. / En cas de scission ou d'apport partiel d'actif, les déficits transférés sont ceux afférents à la branche d'activité apportée. / L'agrément est délivré lorsque : / a. L'opération est justifiée du point de vue économique et obéit à des motivations principales autres que fiscales ; / b) L'activité à l'origine des déficits ou des intérêts dont le transfert est demandé n'a pas fait l'objet par la société absorbée ou apporteuse, pendant la période au titre de laquelle ces déficits et ces intérêts ont été constatés, de changement significatif, notamment en termes de clientèle, d'emploi, de moyens d'exploitation effectivement mis en œuvre, de nature et de volume d'activité ; / c) L'activité à l'origine des déficits ou des intérêts dont le transfert est demandé est poursuivie par la ou les sociétés absorbantes ou bénéficiaires des apports pendant un délai minimal de trois ans, sans faire l'objet, pendant cette période, de changement significatif, notamment en termes de clientèle, d'emploi, de moyens d'exploitation effectivement mis en œuvre, de nature et de volume d'activité ; / d) Les déficits et intérêts susceptibles d'être transférés ne proviennent ni de la gestion d'un patrimoine mobilier par des sociétés dont l'actif est principalement composé de participations financières dans d'autres sociétés ou groupements assimilés ni de la gestion d'un patrimoine immobilier () ".
3. Il ressort des termes mêmes du d) du II de l'article 209 du code général des impôts que, s'agissant des sociétés dont l'actif est principalement composé de participations financières, ce qui est le cas des sociétés holdings, le bénéfice du dispositif de transfert de déficit sur agrément prévu au II de cet article n'est exclu que pour les seuls déficits provenant de la gestion du patrimoine mobilier ou immobilier de telles sociétés. Ces dispositions ne font donc pas obstacle à la délivrance de l'agrément pour les déficits qui proviennent d'autres activités exercées par les sociétés holdings. Pour l'application de ces dispositions, les déficits qui proviennent de la " gestion d'un patrimoine mobilier " ne peuvent s'entendre, à défaut de toute autre précision légale, que des déficits qui sont attachés à l'acquisition, la détention, la gestion ou la cession de participations, et non des déficits qui résulteraient des prestations d'animation rendues par une société holding animatrice de groupe ou qui résulteraient de la fourniture de services administratifs, financiers, commerciaux et techniques par une société holding mixte à ses filiales.
4. En l'espèce, il est constant que la société Finegil expansion, dont la société O10C Group souhaitait transférer les déficits dans le cadre de l'agrément qu'elle avait sollicité, exerce une activité de société holding animatrice. Il s'ensuit que l'agrément prévu par ces dispositions ne pouvait être refusé à la société requérante au motif que, du seul fait de la nature de société holding de la société Finegil expansion, les déficits générés par l'activité d'animation de ses filiales devaient être regardés comme provenant d'une activité de gestion de son patrimoine mobilier. Dès lors, la société requérante est fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement implique que la demande d'agrément de la SA O10C Group soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au ministre délégué chargé des comptes publics de procéder à ce réexamen dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais d'instance :
6. Il y lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 15 décembre 2019 par laquelle l'administration fiscale a refusé à la SA O10C Group l'agrément prévu au II de l'article 209 du code général des impôts est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre délégué chargé des comptes publics de procéder au réexamen de la demande de la SA O10C Group dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à la SA O10C Group la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société O10C Group et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris (pôle gestion fiscale).
Délibéré après l'audience du 19 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rohmer, président,
M. Guiader, premier conseiller,
M. Lenoir, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2023.
Le rapporteur,
V. A
Le président,
B. ROHMER
La greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026