vendredi 19 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2004756 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET HOWARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 mars 2020, Mme A B, représentée par Me Zard demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 septembre 2019 du recteur de la région académique d'Ile-de-France, recteur de l'académie de Paris, en tant qu'il ne reconnaît pas l'imputabilité au service des troubles anxio-dépressifs dont elle est atteinte ;
2°) d'enjoindre au recteur de la région académique d'Ile-de-France, recteur de l'académie de Paris, de réexaminer sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de ces troubles, de saisir la commission de réforme afin qu'il soit statué sur leur imputabilité au service et de lui transmettre son dossier complet ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine préalable de la commission de réforme ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'elle ne reconnaît pas l'origine professionnelle de sa maladie.
Par un mémoire enregistré le 15 novembre 2021, le recteur de la région académique d'Ile-de-France, recteur de l'académie de Paris, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arnaud, conseillère,
- les conclusions de M. Degand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, adjointe administrative principale de 1ere classe, a été affectée à partir du 1er septembre 2016 au collège Moulin-des-Près dans le 13ème arrondissement de Paris. Après avoir été placée en congé de longue durée pour un syndrome anxio-dépressif du 12 octobre 2018 au 11 octobre 2019, Mme B a vu ce congé prolongé jusqu'au 11 avril 2020 par un arrêté du recteur de l'académie d'Ile-de-France et de Paris du 9 septembre 2019, précisant que ce congé n'est pas imputable au service. Par un courrier du 7 novembre 2019, Mme B a introduit un recours gracieux contre cette décision. Du silence de l'administration est née une décision implicite de rejet le 7 janvier 2020. Par une décision du 29 juin 2021, le recteur de la région académique d'Ile-de-France, recteur de Paris, a rejeté sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie. Mme B doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision du 9 septembre 2019 ainsi que celle de la décision du 29 juin 2021 qui s'est substituée à la décision implicite de rejet du recours gracieux qui s'était d'abord formée.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier qu'en réponse à la demande de reconnaissance de maladie professionnelle renseignée par Mme B le 4 janvier 2021, l'administration a saisi la commission de réforme qui s'est prononcée le 21 juin 2021. Dès lors, le moyen manque en fait et doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes du IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 : " Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. () / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ".
4. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
5. La requérante invoque des faits de harcèlement moral de la part de sa supérieure hiérarchique qui auraient provoqué l'apparition des troubles anxio-dépressifs à l'origine du congé de maladie dont elle demande qu'il soit reconnu comme imputable au service. Elle soutient que sa supérieure hiérarchique a opéré sur son temps de travail un contrôle quotidien, a comptabilisé toutes les sorties de son bureau comme des temps de pause, lui a interdit d'utiliser le même matériel que ses collègues et de se rendre en salle des professeurs, lui a suggéré que ses collègues se taisaient lorsqu'elle entrait dans la salle des professeurs, a confisqué certaines de ses affaires et a procédé devant elle à des comparaisons entre ses responsabilités et celles confiées à sa précédente assistante, d'une part, et entre ses conditions de travail et celles qui existent dans le secteur privé, d'autre part. La circonstance dont se prévaut la défense selon laquelle Mme B a reçu une évaluation élogieuse de la part de sa supérieure hiérarchique dans le compte rendu d'entretien professionnel établi pour l'année 2017-2018 ne suffit pas à elle seule à exclure l'existence d'une situation de harcèlement moral. Toutefois, la requérante n'apportant à l'appui de ses allégations aucune pièce de nature à prouver la réalité des faits qu'elle dénonce, aucun de ces faits ne peut, dans les circonstances de l'espèce, être regardé comme établi. En outre, il ressort de la déclaration de maladie professionnelle remplie par l'intéressée le 4 janvier 2021 qu'elle a été en difficulté avec plusieurs de ses supérieurs hiérarchiques depuis 2005, au sein de différents établissements, et elle n'apporte aucun élément de nature à établir que ces difficultés étaient causées par le comportement de ses collègues. Dans ces conditions, la requérante ne peut pas être regardée comme ayant subi une situation de harcèlement moral susceptible d'être à l'origine ou d'avoir aggravé sa pathologie.
6. En outre, si la requérante soutient que ses conditions de travail sont à l'origine des troubles dont elle est atteinte, les faits invoqués, qui sont ceux exposés au point 5, ne peuvent, pour les mêmes motifs, être considérés comme établis.
7. Enfin, Mme B se prévaut d'un certificat médical daté du 5 novembre 2018 dans lequel un psychiatre atteste du fait que ses symptômes sont en lien avec ses difficultés professionnelles et qu'elles sont à l'origine de son arrêt de travail. Elle se prévaut également d'un second certificat médical, établi par son médecin traitant, qui ne constate pas le lien entre sa pathologie et l'exercice de ses fonctions. Or, il ressort des pièces du dossier que la requérante a déjà été placée en congé de longue maladie pour la même affection du 28 mars 2008 au 27 mars 2009 puis en congé de longue durée du 28 mars au 27 décembre 2009. L'existence de cet état antérieur est également constatée par un psychiatre agréé dans un certificat daté du 30 mars 2021. Ces derniers éléments établissent que la pathologie au titre de laquelle elle a été placée en congé de longue durée préexiste aux difficultés professionnelles dont elle se prévaut.
8. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin, avant de statuer, de demander à l'administration de communiquer son dossier administratif, que les conclusions à fin d'annulation de Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée, pour information, au recteur de la région académique d'Ile-de-France, recteur de l'académie de Paris.
Délibéré après l'audience du 28 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
Mme Arnaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mai 2023.
La rapporteure,
B. Arnaud
La présidente,
S. AubertLa greffière,
A. Louart
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026