vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2006135 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 avril 2020 et 14 juin 2022, M. A C, représenté par Me Béguin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du ministre de l'intérieur du 25 mars 2020 portant tableau d'avancement au grade de commandant de la police nationale au titre de l'année 2020 et la décision implicite refusant l'examen de sa candidature et son inscription sur ce tableau ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à la révision du tableau d'avancement au grade de commandant de police au titre de l'année 2020 et de l'inscrire à ce tableau, avec un effet rétroactif au 1er juillet 2020, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui permettre de satisfaire à l'obligation de formation professionnelle prévue à l'article 15 du décret n°2017-216 du 20 février 2017 portant statut particulier du corps de commandement de la police nationale en le faisant participer au premier stage ouvert, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors que son dossier administratif était incomplet et comprenait à tort des notations annulées par le tribunal ;
- le tableau d'avancement a été établi à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que la composition de la commission administrative nationale était irrégulière ;
- sa candidature à l'avancement ne peut être regardée comme tardive dès lors qu'il n'a pas été informé de la date d'ouverture des candidatures à l'avancement ;
- le ministre a commis une erreur de droit dès lors qu'aucun texte ne prévoit que l'examen des mérites d'un agent en vue d'une inscription à un tableau d'avancement soit soumis à une candidature de sa part à présenter dans un délai déterminé ;
- le tableau d'avancement a été établi en méconnaissance du principe d'égalité entre les fonctionnaires d'un même corps, dès lors qu'il n'a pas été informé de la publication du télégramme relatif à l'avancement ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa valeur professionnelle et de ses mérites comparés à ceux des autres agents dont la candidature à l'avancement a été retenue ;
- le refus de l'inscrire sur le tableau d'avancement méconnait les dispositions de l'article 6 quinquiès de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 dès lors qu'elle constitue un harcèlement moral ;
- la décision implicite refusant l'examen de sa candidature est entachée de détournement de pouvoir dès lors que l'administration a délibérément pris du retard pour traiter sa demande afin qu'elle soit rejetée comme tardive. Elle répond ainsi à un mobile étranger à l'intérêt général dans la mesure où elle vise en réalité à l'écarter en raison de son refus d'appliquer des ordres manifestement illégaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2022, le préfet de police conclut à ce que les pièces de procédure soient transmises au ministre de l'intérieur, seul défendeur compétent.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, les conclusions dirigées contre le télégramme du 4 février 2020 sont irrecevables, cette décision ne faisant pas grief ;
- à défaut de production de l'arrêté du 25 mars 2020, la requête est également irrecevable ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale ;
- le décret n° 2005-716 du 29 juin 2005 portant statut particulier du corps de commandement de la police nationale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Abrahami, rapporteur public,
- et les observations de Me Béguin pour M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, capitaine de police, affecté à la brigade de nuit du commissariat du 16ème arrondissement de Paris depuis le 23 septembre 2019, a présenté, le 7 novembre 2019, sa candidature à l'avancement au grade de commandant de la police nationale. Par un télégramme du 6 février 2020, le ministre de l'intérieur a diffusé la liste des capitaines de police dont l'avancement au grade de commandant de la police nationale au titre de l'année 2020 a reçu un avis favorable de la commission administrative paritaire nationale (CAPN) réunie le 4 février 2020, et sur laquelle le nom de l'intéressé ne figurait pas. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de l'arrêté portant tableau d'avancement au grade de commandant de la police nationale au titre de l'année 2020 en date du 25 mars 2020 et de la décision implicite refusant l'examen de sa candidature et son inscription sur ce tableau.
Sur la recevabilité de la requête :
2. D'une part, contrairement à ce que soutient le ministre de l'intérieur, les conclusions de la requête de M. C ne sont pas dirigées contre le télégramme du 6 février 2020 communiquant l'avis de la CAPN du 4 février 2020 relatif à l'avancement au grade de commandant de police au titre de l'année 2020 mais uniquement contre l'arrêté du ministre de l'intérieur du 25 mars 2020. D'autre part, l'arrêté attaqué du 25 mars 2020 contesté a été produit en cours d'instance par M. C. Les fins de non-recevoir opposées en défense doivent par suite être écartées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984, dans sa rédaction alors en vigueur : " L'avancement de grade a lieu de façon continue d'un grade au grade immédiatement supérieur. Il peut être dérogé à cette règle dans les cas où l'avancement est subordonné à une sélection professionnelle. / L'avancement de grade peut être subordonné à la justification d'une durée minimale de formation professionnelle au cours de la carrière. / Pour les fonctionnaires relevant des corps de catégorie A, il peut également être subordonné à l'occupation préalable de certains emplois ou à l'exercice préalable de certaines fonctions correspondant à un niveau particulièrement élevé de responsabilités ou à des conditions d'exercice difficiles ou comportant des missions particulières. / Sauf pour les emplois laissés à la décision du Gouvernement, l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : /1° Soit au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. Sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, l'autorité chargée d'établir le tableau annuel d'avancement tient compte des lignes directrices de gestion prévues à l'article 18 () ". Et aux termes de l'article 15 du décret du 29 juin 2005, dans sa rédaction alors applicable : " Peuvent être nommés au grade de commandant de police au choix, par voie d'inscription sur un tableau annuel d'avancement, après avis de la commission administrative paritaire, les capitaines de police qui comptent au moins douze ans de services effectifs depuis leur titularisation dans le corps de commandement de la police nationale, et qui remplissent les conditions suivantes : / 1° Avoir satisfait dans le grade de capitaine à une obligation de deux mobilités géographique ou fonctionnelle. Toutefois, la seconde mobilité peut être accomplie à l'occasion de la nomination dans le grade de commandant ; / 2° Avoir satisfait dans le grade de capitaine, après leur inscription au tableau annuel d'avancement au grade de commandant, à une obligation de formation professionnelle dont la durée ne saurait excéder six semaines et dont le contenu et les modalités sont fixés par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de la fonction publique () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la candidature au grade de commandant de M. C n'a pas été transmise à la commission administrative paritaire nationale au motif que celle-ci avait été déposée le 7 novembre 2019, alors que le télégramme du 7 octobre 2019 avait fixé la date de clôture des candidatures au 21 octobre 2019. Toutefois, il ne résulte d'aucun texte que l'examen des mérites d'un agent en vue d'une inscription à un tableau d'avancement soit soumis à une candidature à présenter dans un délai déterminé. Dans ces conditions, M. C est fondé à soutenir que le ministre a commis une erreur de droit en refusant de transmettre sa candidature à la CAPN au motif que sa candidature avait été déposée au-delà de la date mentionnée par le télégramme du 7 octobre 2019. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du ministre de l'intérieur du 25 mars 2020 portant tableau d'avancement au grade de commandant de la police nationale au titre de l'année 2020, ensemble la décision implicite refusant l'examen de sa candidature pour tardiveté en vue d'une éventuelle inscription sur ce tableau.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. L'annulation d'un arrêté établissant un tableau d'avancement pour une année donnée n'a pas d'effet sur les nominations prononcées sur son fondement dès lors qu'elles sont devenues définitives, faute d'avoir été contestées dans le délai du recours contentieux. L'exécution de la chose jugée n'implique donc pas que le ministre établisse un nouveau tableau d'avancement pour l'année en cause.
6. A défaut d'avoir été attaquées dans le délai de recours contentieux, les décisions de nomination des agents inscrits sur le tableau d'avancement au titre de l'année 2020 sont devenues définitives. Dès lors, le présent jugement n'implique pas l'établissement d'un nouveau tableau d'avancement ni que la demande d'avancement au grade de commandant présentée par M. C soit réexaminée en vue d'une inscription rétroactive au tableau d'avancement pour l'année 2020. Il en va de même des conclusions tendant à permettre à M. C de satisfaire à l'obligation préalable de formation professionnelle prévue à l'article 15 du décret du 20 février 2017 portant statut particulier du corps de commandement de la police nationale.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, partie perdante, une somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du ministre de l'intérieur du 25 mars 2020 portant tableau d'avancement au grade de commandant de la police nationale au titre de l'année 2020 et la décision implicite refusant l'examen de la candidature de M. C sont annulés.
Article 2 : L'État versera à M. C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente,
M. Pény, premier conseiller,
M. Doan, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.
Le rapporteur
A. B
La présidente,
F. VersolLe greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026