LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2006164

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2006164

vendredi 12 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2006164
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5e Section - 1re Chambre
Avocat requérantBOUKHELOUA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 6 avril 2020 et le 18 novembre 2021, M. C B, représenté par Me Boukheloua, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 février 2020 par laquelle le préfet de police l'a radié des cadres et admis à la retraite pour invalidité non imputable au service à compter du 1er décembre 2019 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'erreur de droit en raison de son caractère rétroactif ;

- la décision attaquée ainsi que l'avis du ministre du budget sur lequel elle est fondée sont entachés d'erreur d'appréciation et d'erreur de fait ;

- la décision attaquée est entachée d'un détournement de pouvoir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 novembre 2021, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés et qu'il a agi dans l'intérêt du requérant, afin d'éviter qu'il ne perçoive qu'un demi-traitement durant le temps de l'examen de sa requête.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et du numérique, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'en l'absence des expertises complémentaires sollicitées, il n'est pas en mesure de se prononcer sur la demande de mise à la retraite

Un mémoire présenté pour M. B par Me Boukheloua a été enregistré le 21 mars 2023 et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- et les conclusions de M. Thulard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, major de police, a été victime de deux accidents reconnus imputables au service en 1998. Il a été placé en congé maladie depuis le 21 octobre 2010 en raison d'un syndrome anxio-dépressif sévère. Le 22 février 2016 le médecin chargé de l'expertise a conclu à son incapacité absolue et définitive à exercer toute fonction. Le 28 septembre 2016, M. B a demandé sa mise en retraite pour invalidité. La commission de réforme a rendu le 12 novembre 2019 un avis favorable à l'imputabilité au service de l'invalidité totale. Toutefois, le préfet de police a transmis au service des retraites de l'Etat (SRE) une demande de mise à la retraite pour invalidité non imputable au service, à laquelle le SRE a rendu un avis conforme le 29 janvier 2020. Le 11 février 2020, le préfet de police a pris un arrêté admettant M. B à la retraite pour invalidité non imputable au service, dont ce dernier demande au tribunal administratif l'annulation.

2. Aux termes de l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires des retraites : " Le fonctionnaire civil qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladie contractées ou aggravées soit en service, soit en accomplissant un acte de dévouement dans un intérêt public, soit en exposant ses jours pour sauver la vie d'une ou plusieurs personnes et qui n'a pu être reclassé dans un autre corps en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée peut être radié des cadres par anticipation soit sur sa demande, soit d'office à l'expiration d'un délai de douze mois à compter de sa mise en congé si cette dernière a été prononcée en application de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ainsi que du deuxième alinéa des 2° et 3° de l'article 34 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée. () " L'article R. 49bis du code des pensions civiles et militaires de retraite dispose que " Dans tous les cas, la décision d'admission à la retraite pour invalidité, prise en application de l'article L. 31, est subordonnée à l'avis conforme du ministre chargé du budget. "

3. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.

4. Il ressort des pièces du dossier que les accidents de M. B ont été reconnus imputables au service. Par ailleurs le rapport d'expertise rendu le 9 novembre 2015 a retenu des taux de 40 % au titre des névralgies cervico-brachiales à gauche, 35 % au titre des mêmes névralgies à droite et 10% au titre des troubles anxieux. Un second rapport du 22 février 2016 a conclu à une incapacité absolue et définitive de l'intéressé à ses fonctions et à l'impossibilité d'un reclassement, en retenant les mêmes taux d'invalidité et en précisant que ces invalidités étaient apparues en 2000 et que M. B n'avait aucune invalidité préexistante. Par un rapport d'expertise du 19 octobre 2016, un ophtalmologiste a retenu un taux d'IPP de 14 %. Dans un rapport du 21 février 2017, le médecin chef de la préfecture de police a également estimé que le requérant était inapte à ses fonctions et à toute fonction au sein de la fonction publique, en retenant des taux d'invalidité un peu différents de ceux précédemment retenus, à savoir 30% pour les névralgies cervico-brachiales à gauche, 30 % pour les névralgies cervico-brachiales à droite, 10 % pour les troubles dépressifs réactionnels et 10 % pour les troubles visuels. Le 17 octobre 2017, le comité médical a émis un avis d'inaptitude à ses fonctions et à toutes fonctions. Le 12 juin 2018, la commission de réforme a confirmé l'inaptitude à reprendre ses fonctions et a retenu les taux d'invalidité maximums proposés par les différents experts, soit 40 % au titre des névralgies cervico-brachiales à gauche, 35 % au titre des mêmes névralgies à droite, 15% au titre des troubles anxieux et 14 % au titre des troubles visuels. Cette même commission a confirmé ces taux le 12 novembre 2019. M. B produit également un avis rendu le 5 septembre 2017 par un psychiatre selon lequel il est inapte à l'exercice de toute fonction et proposant un taux d'invalidité au titre des troubles psychiatriques de 15 %.

5. Au vu du grand nombre de documents médicaux qui concluent à l'inaptitude de M. B à toute fonction et à l'imputabilité de cette dernière, M. B est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation et à en demander l'annulation.

6. Les pièces du dossier ne permettent pas de se prononcer sur les taux précis d'invalidité de M. B. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de prendre tout mesure pour transmettre dans le délai de trois mois les éléments demandés par le service de retraite de l'Etat afin que la demande de M. B puisse être examinée le plus rapidement.

7. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "

8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 11 février 2020 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de transmettre dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement les éléments médicaux sollicités par le service de retraite de l'Etat et d'organiser les expertises demandées par le service des retraites de l'Etat.

Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 500 euros à en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au ministre chargé du budget et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 20 avril 2023 à laquelle siégeaient :

M. Gros, président,

Mme Kanté, première conseillère,

M. Coz, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.

Le rapporteur,

Y. A

Le président,

L. Gros

La greffière,

V. Lagrède

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui les concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions