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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2006197

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2006197

lundi 22 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2006197
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6e Section - 3e Chambre - R.222-13
Avocat requérantBOHBOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une décision n°458595 du 7 novembre 2022, le Conseil d'État, statuant au contentieux, a annulé le jugement n°2006197 du 21 septembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Paris a prononcé l'annulation de la décision du 18 novembre 2019 par laquelle le centre d'action sociale du 13ème arrondissement de la Ville de Paris a refusé d'attribuer à M. D le bénéfice de l'allocation " Paris solidarité " et d'enjoindre au centre d'action sociale de la Ville de Paris de lui attribuer le bénéfice de cette allocation à compter de la date de sa demande.

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 8 avril, 25 juillet, 26 octobre et 17 décembre 2020, M. C D, représenté par Me Bohbot, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision expresse du 10 février 2020 par laquelle le centre d'action sociale de la Ville de Paris a rejeté son recours hiérarchique à l'encontre de la décision du 18 novembre 2019 par laquelle le centre d'action sociale du 13ème arrondissement de la Ville de Paris a refusé de lui attribuer le bénéfice de l'allocation " Paris solidarité " ;

2°) d'enjoindre au centre d'action sociale du 13ème arrondissement de la Ville de Paris de lui attribuer le bénéfice de l'allocation " Paris solidarité " à compter de novembre 2019 ;

3°) de mettre à la charge du centre d'action sociale de la Ville de Paris la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- son recours n'est pas tardif ;

- le centre d'action sociale de la Ville de Paris n'était pas fondé à tenir compte dans la détermination de ses ressources pour 2019 d'une somme de 11 230 euros correspondant à la base d'une régularisation de prélèvement libératoire d'assurance-vie. Il ne l'a en effet jamais perçue, cette somme ayant été prélevée à la source lors du rachat de son assurance vie. Par ailleurs, ce rachat est intervenu en 2018 et ne pouvait être pris en considération pour déterminer ses revenus 2019. Enfin, ce capital a été constitué sur plusieurs années ;

- dans ces conditions, ses ressources et celles de son épouse sont inférieures au plafond de 1 553 euros mensuels prévu par le règlement municipal des prestations d'aide sociale facultative de la Ville de Paris pour l'octroi de l'allocation " Paris solidarité ".

Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 juillet et 27 août 2020, la maire de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête de M. D est, à titre principal, irrecevable en raison de sa tardiveté ;

- le moyen soulevé par M. D n'est, à titre subsidiaire, pas fondé dès lors que le règlement municipal des prestations d'aide sociale facultative de la Ville de Paris fixe un plafond de ressources et non de revenus à l'attribution de l'allocation " Paris solidarité " et que le capital investi dans une assurance-vie une fois racheté constitue bien une ressource financière, que l'intéressé a d'ailleurs pu librement réinvestir.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles,

- le code des assurances,

- le code général des impôts,

- le code monétaire et financier,

- le règlement municipal des prestations d'aide sociale facultative de la Ville de Paris,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Pény, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C D et son épouse, Mme B D, bénéficiaient depuis de nombreuses années de l'allocation " Paris solidarité ", compte tenu de ressources, constituées quasi-exclusivement de diverses pensions de retraite et d'une rente versée par l'assurance maladie, d'un montant inférieur au plafond institué par le règlement municipal des prestations d'aide sociale facultative de la Ville de Paris pour son octroi. M. D a déposé une demande de renouvellement d'octroi de cette allocation en octobre 2019. Le centre d'action sociale du 13ème arrondissement de la Ville de Paris a rejeté cette demande le 18 novembre 2019. M. D a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision par un courrier daté du 22 novembre 2019. Ce recours gracieux a été expressément rejeté par le centre d'action sociale du 13ème arrondissement de la Ville de Paris le 16 décembre 2019. Par un courrier du 9 janvier 2020, M. D a formé un recours hiérarchique à l'encontre de la décision initiale du 18 novembre 2019 devant la directrice générale du centre d'action sociale de la Ville de Paris. Ce recours hiérarchique a été expressément rejeté le 10 février 2020. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler cette décision du 10 février 2020.

Sur la recevabilité de la requête :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 110-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérées comme des demandes au sens du présent code les demandes et les réclamations, y compris les recours gracieux ou hiérarchiques, adressées à l'administration. ". Son article L. 112-3 dispose : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception. / () / Les modalités d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'Etat. ". Son article R. 112-5 précise : " [L'accusé de réception prévu par l'article L. 112-3 ] indique si la demande est susceptible de donner lieu à une décision implicite de rejet ou à une décision implicite d'acceptation. Dans le premier cas, l'accusé de réception mentionne les délais et les voies de recours à l'encontre de la décision. (). ". Enfin, aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

3. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que les délais de recours contre une décision administrative prise en matière de refus d'admission au bénéfice de l'aide sociale facultative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, soit dans sa notification si la décision est expresse, soit dans l'accusé de réception de la demande l'ayant fait naître si elle est implicite. Il en va ainsi y compris lorsque la décision, prise à la suite de l'exercice d'un recours gracieux ou hiérarchique qui n'est pas un préalable obligatoire au recours contentieux, ne se substitue pas à la décision qui a fait l'objet de ce recours.

4. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative, l'administration n'est tenue de faire figurer dans la notification de ses décisions que les délais et voies de recours contentieux ainsi que les délais de recours administratifs préalables obligatoires. Si elle peut y ajouter la mention des recours gracieux et hiérarchiques facultatifs, c'est à la condition toutefois qu'il n'en résulte pas des ambiguïtés de nature à induire en erreur les intéressés dans des conditions telles qu'ils pourraient se trouver privés du droit à un recours contentieux effectif.

5. En l'espèce, il est constant que la décision du 18 novembre 2019 par laquelle le centre d'action sociale du 13ème arrondissement de la Ville de Paris a rejeté la demande de

M. D tendant à l'octroi de l'allocation " Paris solidarité " mentionnait correctement les voies et délais de recours. L'intéressé en a eu connaissance au plus tard le 22 novembre 2019, date à laquelle il a formé à son encontre un recours gracieux, qui a toutefois interrompu le délai de recours. Par une décision du 16 décembre 2019, ce recours gracieux a été rejeté. M. D en a eu connaissance au plus tard le 16 décembre 2019, date à laquelle il a formé un recours hiérarchique à l'encontre de la décision initiale du 18 novembre 2019 dans lequel il mentionne expressément la décision du 16 décembre 2019.

6. Il résulte des textes et principes rappelés au point 2 et 3 que la décision du 16 décembre 2019 portant rejet expresse du recours gracieux de M. D devait mentionner les voies et délais de recours applicables afin que ceux-ci lui soient opposables. Toutefois, si cette décision était accompagnée d'une " notice " relative aux " voies de recours ", celle-ci indiquait : " En cas de désaccord avec cette décision et dans un délai de deux mois à compter de la date de la notification de cette décision, vous pouvez former par courrier : - un recours hiérarchique auprès de la Directrice générale du centre d'action sociale de la Ville de Paris () - un recours contentieux auprès du tribunal administratif de Paris (). / En l'absence de réponse de l'administration dans un délai de deux mois (ce qui correspond à un rejet implicite), vous pouvez former un recours contentieux auprès du Tribunal administratif de Paris dans un nouveau délai de deux mois, à compter de la date du rejet implicite ". En présentant ainsi à tort un possible recours hiérarchique comme interrompant à nouveau le recours contentieux contre la décision initiale ayant fait l'objet d'un recours gracieux d'ores et déjà rejeté, cette notice comporte une ambiguïté de nature à induire les destinataires en erreur sur les effets du recours hiérarchique sur le cours du délai de recours contentieux, et, ainsi, à faire obstacle à l'exercice de leur droit à un recours contentieux effectif. Dès lors, cette notification comportait des ambiguïtés telles qu'elle ne pouvait être regardée comme faisant courir le délai du recours contentieux.

7. Enfin, le recours hiérarchique de M. D en date du 8 janvier 2020 a été rejeté par une décision expresse de la directrice générale du centre d'action sociale de la Ville de Paris en date du 10 février 2020, qui mentionnait un délai de recours à son encontre de deux mois à compter de sa notification. La présente requête a été enregistrée le 8 avril 2020, soit nécessairement dans ce délai, et n'est donc pas tardive, contrairement à ce que soutient en défense le centre d'action sociale de la Ville de Paris dont la fin de non-recevoir doit donc être rejetée.

Sur les conclusions de la requête :

En ce qui concerne l'office du juge :

8. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.

En ce qui concerne le droit de M. D au bénéfice de l'allocation " Paris solidarité " :

9. Aux termes de l'article L. 111-4 du code de l'action sociale et des familles : " L'admission à une prestation d'aide sociale est prononcée au vu des conditions d'attribution telles qu'elles résultent des dispositions législatives ou réglementaires et, pour les prestations légales relevant de la compétence du département ou pour les prestations que le département crée de sa propre initiative, au vu des conditions d'attribution telles qu'elles résultent des dispositions du règlement départemental d'aide sociale mentionné à l'article L. 121-3 ". L'article L. 121-3 du même code dispose que : " Dans les conditions définies par la législation et la réglementation sociales, le conseil départemental adopte un règlement départemental d'aide sociale définissant les règles selon lesquelles sont accordées les prestations d'aide sociale relevant du département " et l'article L. 121-4 de ce code précise que : " Le conseil départemental peut décider de conditions et de montants plus favorables que ceux prévus par les lois et règlements applicables aux prestations mentionnées à l'article L. 121-1 [c'est-à-dire les prestations légales d'aide sociale à la charge du département]. Le département assure la charge financière de ces décisions ". Et aux termes de l'article 125-0 A du code général des impôts : " I. - 1° Les produits attachés aux bons ou contrats de capitalisation ainsi qu'aux placements de même nature souscrits auprès d'entreprises d'assurance établies en France sont, lors du dénouement du contrat, soumis à l'impôt sur le revenu. () / II. - 1. Les personnes physiques qui bénéficient de produits mentionnés au I attachés à des primes versées jusqu'au 26 septembre 2017 peuvent opter pour leur assujettissement à un prélèvement qui libère les revenus auxquels il s'applique de l'impôt sur le revenu lorsque la personne qui assure le paiement de ces revenus est établie en France () ".

10. Il résulte de ces dispositions que le département a l'obligation de verser celles des prestations d'aide sociale que la loi met à sa charge à toute personne en remplissant les conditions légales. Lorsque les conditions d'attribution ou les montants des prestations sont déterminées par les lois et décrets qui les régissent, le règlement départemental d'aide sociale ne peut édicter que des dispositions plus favorables. En l'absence de conditions ou montants précisément fixés par les lois et décrets, si le règlement départemental d'aide sociale peut préciser les critères au vu desquels il doit être procédé à l'évaluation de la situation des demandeurs, il ne peut fixer de condition nouvelle conduisant à écarter par principe du bénéfice des prestations des personnes qui entrent dans le champ des dispositions législatives applicables. Enfin, pour les prestations d'aide sociale qu'il crée de sa propre initiative, le département définit, par le règlement départemental d'aide sociale, les règles selon lesquelles ces prestations sont accordées.

11. En l'espèce, l'article 5 du A du titre I du règlement municipal des prestations d'aide sociale facultative de la Ville de Paris, relatif aux bénéficiaires de l'aide sociale municipale facultative, dispose que : " Selon les dispositions relatives aux conditions d'attribution de l'allocation sollicitée, il est tenu compte : / () - pour la détermination des ressources du (ou des) demandeur(s) : / soit du montant des revenus déclarés () / soit de l'ensemble des ressources personnelles ", à l'exclusion, dans cette dernière hypothèse, de certaines ressources qu'il énumère. L'article b/3 du 1.1, relatif à la prestation Paris Solidarité, du chapitre 1 du B/ du titre II du même règlement prévoit que : " Le montant mensuel de Paris Solidarité est égal à la différence entre un plafond de ressources mensuelles et les ressources mensuelles du demandeur. () / Toutes les ressources du demandeur, et le cas échéant, de son conjoint () sont prise en compte à l'exclusion de celles mentionnées dans les dispositions générales ".

12. Il résulte des dispositions citées au point 11 que les revenus de placement ne figurent pas parmi les ressources dont le règlement municipal prévoit qu'il n'en est pas tenu compte. Par conséquent, ces revenus doivent être pris en compte pour déterminer les droits à la prestation " Paris solidarité ". S'agissant d'une assurance vie, doivent ainsi être pris en compte l'ensemble des revenus produits par ce placement au cours de l'année en cause, qu'il s'agisse d'intérêts ou de plus-values, sans qu'y fassent obstacle les dispositions du code des assurances définissant le régime des contrats d'assurance sur la vie ou celles du code général des impôts définissant leur régime fiscal, non plus que la circonstance que ces revenus soient encore latents ou temporairement indisponibles.

13. Il résulte de l'instruction que M. D a souscrit un contrat d'assurance vie en 2007, qu'il a alimenté par des virements mensuels. Il a procédé au rachat total de ce contrat d'assurance-vie en novembre 2018. La base des revenus que son foyer fiscal a perçus au titre de la régularisation du prélèvement libératoire a été fixée, ainsi qu'il ressort de son avis d'imposition 2019 sur ses revenus 2018, à 11 230 euros, sur la base d'un capital total investi dans ce contrat d'un montant de 12 150 euros. M. D a immédiatement investi la somme issue du rachat total de son assurance vie dans un plan d'épargne en actions. Contrairement à ce que fait valoir M. D, la circonstance que le produit du rachat de cette assurance-vie ait été réinvesti sur un autre support d'épargne, et par suite ait été temporairement indisponible, n'est pas de nature à lui ôter le caractère d'une ressource, au sens des dispositions précitées du règlement municipal de la Ville de Paris.

14. Toutefois, en l'espèce, la plus-value d'un montant de 11 230 euros perçue à la suite du rachat total de cette assurance vie correspond au rendement total de ce produit depuis sa souscription, et non à son rendement annuel. Il s'ensuit que la Ville de Paris n'était pas fondée à retenir l'intégralité de cette somme et à la regarder comme un revenu mensualisé dans le cadre de la détermination des droits de M. D au bénéfice de l'allocation " Paris solidarité ", mais uniquement à prendre en compte le rendement de ce produit au titre de l'année 2018. Par suite, M. D est fondé, pour ce motif, à demander l'annulation de la décision attaquée.

15. Il résulte de ce qui précède que M. D est fondé à demander au tribunal d'annuler la décision expresse du 10 février 2020 par laquelle le centre d'action sociale de la Ville de Paris a expressément rejeté son recours hiérarchique à l'encontre de la décision du 18 novembre 2019 par laquelle le centre d'action sociale du 13ème arrondissement de la Ville de Paris a refusé de lui attribuer le bénéfice de l'allocation " Paris solidarité ".

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. En l'espèce, en dépit de trois mesures d'instruction en ce sens, M. D n'a pas produit d'éléments suffisants pour déterminer le rendement de l'assurance vie en cause au titre de l'année 2018, de sorte qu'il n'est pas possible, en l'état de l'instruction, de déterminer son droit au bénéfice de l'allocation " Paris solidarité ". Par suite, il y a uniquement lieu d'enjoindre à la maire de Paris de réexaminer la situation de M. D, en tenant compte des motifs exposés au point 14 du présent jugement et en demandant à l'intéressé de bien vouloir produire tout document utile de nature à déterminer le rendement de l'assurance vie en cause, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

17. Dans les circonstances de l'espèce, M. D est fondé à demander au tribunal de condamner le centre d'action sociale de la Ville de Paris à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 10 février 2020 par laquelle la directrice générale du centre d'action sociale de la Ville de Paris a expressément rejeté le recours hiérarchique présenté par

M. D à l'encontre de la décision du 18 novembre 2019 par laquelle le centre d'action sociale du 13ème arrondissement de la Ville de Paris a refusé de lui attribuer le bénéfice de l'allocation " Paris solidarité " est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la maire de Paris de réexaminer la situation de M. D en tenant compte des motifs exposés aux points 14 et 16 du présent jugement, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le centre d'action sociale de la Ville de Paris versera à M. D la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à la directrice générale du centre d'action sociale de la ville de Paris.

Copie en sera envoyée pour information au centre d'action sociale du 13ème arrondissement de la Ville de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2023.

Le magistrat désigné,

A. A

La greffière,

A. Cardon

La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, en en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2006197/6-3

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