mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2006768 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET SAIDJI ET MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 avril 2020, Mme A B, représentée par Me Moreau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 février 2020 par laquelle le ministre des armées a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident survenu le 15 octobre 2019 ;
2°) d'enjoindre au ministre des armées, à titre principal, de reconnaître l'imputabilité au service de son accident ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, la déclaration d'accident de service pouvant intervenir par tous moyens et le ministre disposant à compter du 28 octobre 2019 de l'ensemble des éléments nécessaires à l'instruction de la demande de reconnaissance d'imputabilité au service ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, Mme B ayant des motifs légitimes de ne pas avoir transmis sa déclaration dans le délai imparti.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 21 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 21 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983,
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de M. Guérin-Lebacq, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, aide-soignante civile à l'Institution Nationale des Invalides de Paris, a été victime d'une chute sur son lieu de travail le 15 octobre 2019. Un certificat médical d'accident de travail a été établi le même jour. Le 4 novembre 2019, l'intéressée a demandé la reconnaissance de l'imputabilité au service de cette chute. Par une décision du 19 février 2020, le ministre des armées a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident subi par l'intéressée en raison du caractère tardif de la demande. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service () ". L'article 47-2 du décret du 14 mars 1986 précise que : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à son administration une déclaration d'accident de service () accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : / 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Un formulaire type est mis en ligne sur le site internet du ministère chargé de la fonction publique et communiqué par l'administration à l'agent à sa demande ; / 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. ". Enfin, aux termes de l'article 47-3 du même décret : " I.-La déclaration d'accident de service ou de trajet prévue à l'article 47-2 est adressée à l'administration dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. / Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 47-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale. () / IV.-Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. / Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire () justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes. ".
3. En premier lieu, Mme B fait valoir qu'elle a transmis le 25 octobre 2019 le certificat médical initial et le certificat de prolongation d'accident de travail, et le 28 octobre 2019 l'attestation d'un témoin. Elle soutient que le ministre disposait de l'ensemble des éléments nécessaires pour instruire sa demande dès le 28 octobre 2019 et qu'il a commis une erreur de droit en rejetant sa demande comme tardive alors que la transmission peut intervenir par tous moyens. Toutefois, il résulte des dispositions citées ci-dessus que la déclaration d'accident de travail, qui peut certes être transmise par tout moyen, doit nécessairement comporter un formulaire précisant les circonstances de l'accident. Il n'est pas contesté que Mme B n'a adressé ce formulaire que le 4 novembre 2019 à son administration. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
4. En second lieu, la requérante soutient n'avoir reçu le formulaire que le 28 octobre 2019 et n'avoir pu le remettre que le 4 novembre en raison, d'une part, de la fermeture du bureau des personnels les samedi 2 et dimanche 3 novembre et, d'autre part, de l'éloignement de son domicile par rapport à son lieu de travail. Toutefois, ainsi que le fait valoir le ministre des armées, le formulaire était accessible en ligne et la requérante n'atteste ni même n'allègue avoir été dans l'impossibilité de le télécharger. En outre, il ressort des pièces du dossier que Mme B s'est rendue au bureau des personnels une première fois le 25 octobre, date à laquelle il lui était loisible de demander le formulaire, pour pouvoir ensuite le remettre lors de sa seconde visite du 28 octobre. Par suite, Mme B ne justifie pas d'un motif légitime à même d'expliquer le retard dans le dépôt de sa déclaration d'accident de travail, et le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 19 février 2020, par laquelle le ministre des armées a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident survenu le 15 octobre 2019. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris en ce qui concerne ses conclusions à fin d'injonction et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Demurger, présidente,
Mme Hombourger, conseillère,
M. Theoleyre, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La rapporteure,
C. C
La présidente,
F. DemurgerLa greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2006768/6-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026