jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2006980 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ARENTS, TRENNEC (SCP) |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2006980 le 6 mai 2020 et un mémoire enregistré le 11 octobre 2022 mais non communiqué, M. M E, représenté par Me Trennec, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions de nomination en qualité de brigadier de police au titre de l'année 2019 de Mme H D, de M. O B, de Mme I L et de M. J G ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à la réfection du tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2019 et de l'y inscrire dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'illégalité de l'arrêté portant tableau d'avancement au grade de brigadier au titre de l'année 2019 a pour conséquence l'annulation des arrêtés de nomination critiqués ; l'élaboration du tableau d'avancement n'a pas donné lieu à un examen approfondi de la valeur respective des intéressés lors de la réunion de la commission administrative paritaire ; il est entaché d'un vice de procédure, la commission administrative paritaire nationale ayant statué en formation plénière et non en formation restreinte ; il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses mérites par rapport à ceux de ses collègues.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2007068 le 8 mai 2020 et un mémoire enregistré le 11 octobre 2022 mais non communiqué, M. N, représenté par Me Trennec, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de nomination en qualité de brigadier de police au titre de l'année 2019 de M. F A.
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à la réfection du tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2019 et de l'y inscrire dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard.
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'illégalité de l'arrêté portant tableau d'avancement au grade de brigadier au titre de l'année 2019, pour les mêmes motifs que ceux invoqués dans la requête n° 2006980, a pour conséquence l'annulation de l'arrêté de nomination critiqué.
Par un mémoire en défense commun aux deux requêtes n° 2006980 et n° 2007068, enregistré le 30 septembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de ces requêtes.
Il soutient que :
- à titre principal, les requêtes sont irrecevables ; en premier lieu, les conclusions à fin d'annulation du tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2019, introduites en dehors des délais de recours contentieux, sont irrecevables ; en second lieu, les conclusions à fin d'annulation des décisions individuelles de nomination au grade de brigadier de police qui ne sont pas jointes aux présentes requêtes sont irrecevables ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. C E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kanté, première conseillère,
- et les conclusions de M. Schaeffer, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C E, gardien de la paix, titularisé dans ce grade le 1er janvier 2014, demande, par sa requête n° 2006980, l'annulation des nominations de Mme D, de M. B, de Mme L et de M. G en qualité de brigadier de police au titre de l'année 2019. Par sa requête n°2007068, il demande l'annulation de la nomination de M. A en qualité de brigadier de police au titre de l'année 2019.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la recevabilité :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision attaquée ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. ". Et aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
4. Il ressort des pièces du dossier que par courrier électronique du 6 mai 2020, M. C E a demandé à l'administration la communication des arrêtés de nomination du 4 octobre 2019 dont il demande l'annulation. Ces arrêtés ont été produits, dans le cadre de l'instance, le 1er décembre 2020. Les fins de non-recevoir tirées du défaut de production des décisions attaquées doivent, par suite, être écartées.
5. En outre, si le tableau d'avancement au grade de brigadier au titre de l'année 2019 en date du 2 août 2019 a été régulièrement publié le 16 septembre 2019 au bulletin officiel du ministère de l'intérieur, les conclusions présentées par M. C E dans le cadre de ses requêtes n°2006980 et n°1007068 ne tendent pas à l'annulation de ce tableau d'avancement mais à celle des arrêtés de nomination, dont il a sollicité communication à l'administration le 6 mai 2020 et qui, faute de publication, n'étaient dès lors pas devenus définitifs, à la date d'enregistrement des requêtes. Les fins de non-recevoir tirées de la tardiveté des requêtes doivent, par suite, être écartées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Aux termes de l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " L'avancement de grade a lieu de façon continue d'un grade au grade immédiatement supérieur. Il peut être dérogé à cette règle dans les cas où l'avancement est subordonné à une sélection professionnelle. () Sauf pour les emplois laissés à la décision du Gouvernement, l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : 1° Soit au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après avis de la commission administrative paritaire, par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents ,· 2° Soit par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après avis de la commission administrative paritaire, après une sélection par voie d'examen professionnel. () ". Aux termes de l'article 17 du décret du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale : " Pour l'établissement du tableau d'avancement de grade qui est soumis à l'avis des commissions administratives paritaires, il est procédé à un examen approfondi de la valeur professionnelle des agents susceptibles d'être promus compte tenu des notes obtenues par les intéressés, des propositions motivées formulées par les chefs de service et de l'appréciation portée sur leur manière de servir. Cette appréciation prend en compte les difficultés des emplois occupés et les responsabilités particulières qui s'y attachent ainsi que, le cas échéant, les actions de formation continue suivies ou dispensées par le fonctionnaire et l'ancienneté. ". Aux termes de l'article 13 du décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat : " Les fonctionnaires sont inscrits au tableau par ordre de mérite. Les candidats dont le mérite est jugé égal sont départagés par l'ancienneté dans le grade. ".
7. Il ressort des pièces du dossier, notamment des comptes rendus professionnels produits par le ministre, que M. C E a obtenu pour les années 2016, 2017 et 2018 des notes supérieures ou équivalentes à celles obtenues par les cinq agents inscrits sur le tableau d'avancement dont il conteste la nomination, mais des appréciations bien plus favorables et qu'il a été seul reconnu apte à accéder au grade de brigadier dès 2018. Il a également fait l'objet de 5 lettres de félicitations pour les années 2016 à 2018, soit, plus que tous les autres candidats. L'ensemble des éléments produits (notes, appréciations littérales, lettres de félicitation) atteste ainsi des mérites supérieurs de celui-ci comparé à ces agents dont il conteste la nomination. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le ministre de l'intérieur a entaché ses décisions d'erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, les nominations de Mme D, de M. B, de Mme L, de M. G et de M. A qui ont été contestées dans le délai de recours contentieux et ne sont donc pas devenues définitives, doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Faute pour M. C E d'avoir contesté dans les délais de recours contentieux, le tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2019, l'annulation des nominations de Mme D, de M. B, de Mme L, de M. G et de M. A n'implique pas d'établir un nouveau tableau.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C E et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés de nomination de Mme D, de M. B, de Mme L, de M. G et de M. A sont annulés.
Article 2 : L'Etat versera à M. C E la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. K C E, au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à Mme H D, M. O B, Mme I L, M. J G et à M. F A.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Duchon-Doris, président,
Mme Lambrecq, première conseillère,
Mme Kanté, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La rapporteure,
C. KantéLe président,
J-Ch. Duchon-Doris
La greffière,
V. Lagrède
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2006980 - 2007068
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026