mardi 13 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2008110 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | BLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 juin 2020, M. B, représenté par Me Blanc, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision, révélée par le comportement de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, par laquelle son directeur général lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir le versement de l'allocation de demandeur d'asile dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'a pas fait l'objet d'une décision écrite et motivée, en méconnaissance des dispositions du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2022, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut à ce qu'il n'y ait lieu à statuer sur la requête.
Il soutient que les conditions matérielles d'accueil ont été valablement suspendues à
M. B dès lors qu'il n'était plus en possession d'une attestation de demandeur d'asile sur la période considérée.
Par ordonnance du 5 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 6 mai 2022, 12 heures.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 février 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Leravat,
- et les conclusions de M. Lamy, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant afghan né en 1996, a déposé une première demande d'asile auprès de la préfecture de police le 19 août 2019, enregistrée en procédure dite " Dublin ". Il a accepté le 26 août 2019 le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Un arrêté de transfert vers l'Autriche a été pris par le préfet de police le 14 octobre 2019.
M. B a contesté cette décision et son recours a été rejeté le 17 décembre 2019 par le juge administratif du tribunal de Paris. Le 2 mars 2020, M. B a fait l'objet d'une mesure de placement en centre de rétention administrative puis a été déclaré en fuite le 5 mars 2020. Le
15 mai 2020, M. B a adressé un courriel à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) suite à l'arrêt du versement de son allocation pour demandeur d'asile à partir du mois de mars 2020. Par un courriel de réponse en date du 18 mai 2020, l'OFII lui a indiqué que ses conditions matérielles d'accueil avaient été suspendues au motif de non-présentation aux convocations de la préfecture. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle l'OFII lui a suspendu ses conditions matérielles d'accueil, révélée par l'arrêt du versement de l'allocation pour demandeur d'asile.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. L'OFII soutient que les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant sont dépourvues d'objet, du fait de la reprise des versements de l'allocation pour demandeur d'asile à compter du mois d'août 2020, en exécution de l'ordonnance n° 2008111
du 23 juin 2020 du juge des référés du tribunal administratif de Paris. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'OFII n'a pas procédé au rétablissement rétroactif des conditions matérielles d'accueil pendant la période courant de mars 2020 à juillet 2020. Dès lors, l'OFII n'est pas fondée à soutenir que les conclusions à fin d'annulation du requérant seraient dépourvues d'objet. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Dans sa décision du 31 juillet 2019, l'association la CIMADE et autres, N°s 428530, 428564, le Conseil d'Etat a jugé que, dans l'attente de la modification des articles L. 744 -7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction issue de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018, jugées partiellement incompatibles avec la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013, il reste possible à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, après examen de sa situation particulière et par une décision motivée, au demandeur qui a refusé le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation. Il lui est également possible, dans les mêmes conditions et après avoir mis, sauf impossibilité, l'intéressé en mesure de présenter ses observations, de suspendre le bénéfice de ces conditions lorsque le demandeur a quitté le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation ou n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes.
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision suspendant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du mois du 1er mars 2020, révélée par l'interruption du versement de l'allocation pour demandeur d'asile, ait été prise après que M. B ait été mis à même de présenter des observations, conformément à ce qui a été dit au point 2. Le requérant a ainsi été privé d'une garantie et est fondé à soutenir que la décision implicite, par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, à compter du mois de mars 2020, a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière et demander son annulation pour ce motif et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. D'une part, il est constant que l'OFII, en application de l'ordonnance n° 2008111 du 23 juin 2020 du juge des référés du tribunal administratif de Paris a procédé au réexamen de la situation de M. B et a rétabli le versement de l'allocation pour demandeur d'asile à compter du mois d'août 2020.
6. D'autre part, l'OFII fait valoir que le requérant n'était plus en possession d'une attestation de demandeur d'asile en cours de validité à partir du 14 février 2020. Il résulte de l'instruction qu'à compter du 5 mars 2020, l'absence d'attestation de demandeur d'asile du requérant résulte de son placement en situation de fuite. M. B ne justifiant pas d'un motif légitime pour expliquer le non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile, l'OFII peut se prévaloir de l'absence d'attestation de demandeur d'asile en cours de validité pour refuser le rétablissement rétroactif des conditions matérielles d'accueil au bénéfice du requérant.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction de rétablissement des conditions matérielles d'accueil ou de réexamen de la situation de M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Blanc renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite de l'Office français de l'immigration et de l'intégration suspendant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 3 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me Blanc la somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991 sous réserve que Me Blanc renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Blanc.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Ladreyt, président,
M. Gandolfi, premier conseiller,
Mme Leravat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2022.
Le président,
J-P. LADREYT
La rapporteure,
C. Leravat
La greffière,
L. SUEUR
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026