vendredi 23 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2008886 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | PIGOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juin 2020, M. B A, représenté par Me Pigot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour portant la mention " salarié " révélée par la remise d'un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, le temps de cet examen, une autorisation provisoire de séjour, assortie d'une autorisation de travail, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît le principe de l'autorité de la chose jugée par le tribunal le 4 juillet 2019 ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 47 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 313-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'un détournement de procédure.
Par ordonnance du 21 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 21 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Kanté, première conseillère.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais né le 10 octobre 1959, entré en France en octobre 2014, mis en possession d'un titre de séjour portant la mention " visiteur " le 27 août 2015, valable jusqu'au 26 août 2016 a sollicité, le 27 août 2016, le renouvellement de son titre de séjour et son changement de statut afin d'obtenir un titre de séjour " salarié ". Par un arrêté du 19 février 2019, le préfet de police de Paris a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par un jugement du 4 juillet 2019, le présent tribunal a annulé cet arrêté et a enjoint au préfet de police de Paris de délivrer à M. A un titre de séjour portant la mention " salarié " dans un délai de trois mois à compter de sa notification. Le 12 mars 2020, M. A s'est vu remettre un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire ". M. A demande l'annulation de la décision du préfet de police rejetant implicitement sa demande de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ", révélée par la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Ainsi qu'il a été dit au point 1, par un arrêté en date du 19 février 2019, le préfet de police a rejeté la demande de titre séjour portant la mention " salarié " de M. A. Cet arrêté a été annulé par un jugement du 4 juillet 2019 du présent tribunal au motif de l'erreur manifeste d'appréciation dont il était entaché et il a été enjoint au préfet de délivrer à l'intéressé un titre de séjour portant la mention " salarié ". Dans ces conditions, la remise à M. A, le 12 mars 2020, d'un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire ", révélant le refus du préfet de délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", en l'absence de toute modification dans les circonstances de droit et de fait propres à l'espèce, a ainsi méconnu l'autorité de la chose jugée par le tribunal dont le jugement du 4 juillet 2019 revêt un caractère définitif. Il est ainsi entaché d'excès de pouvoir. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, M. A est fondé à demander l'annulation de la décision rejetant implicitement sa demande de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ", révélée par la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire ".
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
3. Le présent jugement implique nécessairement, par application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, sous réserve de toute modification de fait ou de droit, d'enjoindre au préfet de police de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " dans un délai qu'il convient de fixer à trois mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de prononcer contre l'Etat, à défaut pour celui-ci de justifier de l'exécution du présent jugement dans un délai de trois mois à compter de sa notification, une astreinte de 50 euros par jour jusqu'à la date à laquelle ce jugement aura reçu exécution.
Sur les frais liés au litige :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet de police rejetant implicitement la demande de titre de séjour portant la mention " salarié " de M. A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de délivrer à M. A un titre de séjour portant la mention " salarié " dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Une astreinte de 50 euros par jour est prononcée à l'encontre de l'Etat s'il n'est pas justifié de l'exécution du présent jugement dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. Le préfet de police communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 200 (mille deux cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Riou, présidente,
Mme Lambrecq, première conseillère,
Mme Kanté, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2022.
La rapporteure,
C. KantéLa présidente,
C. Riou
La greffière,
V. Lagrède
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026