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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2011290

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2011290

vendredi 24 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2011290
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4e Section - 3e Chambre
Avocat requérantCAUDRON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 28 juillet 2020, le 14 septembre 2021, le 26 septembre 2022 et le 5 octobre 2022 et le 10 janvier 2023, la SAS entreprise Battaglino, la Selarl AJUP, agissant en qualité d'administrateur judiciaire et la Selarl Berthelot, agissant en sa qualité de liquidateur judiciaire, représentés par Me Tauleigne, demandent au tribunal de :

1°) condamner SNCF Réseau à verser à la société Battaglino une somme de 1 138 167,23 euros TTC en réparation des préjudices subis dans l'exécution du marché de travaux litigieux ;

2°) condamner SNCF Réseau à verser à la société Battaglino au titre du décompte général une somme de 185 000 euros ;

4°) à titre subsidiaire, de modérer les pénalités de retard à l'euro symbolique ;

5°) de mettre à la charge de SNCF Réseau la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- elle peut être indemnisée au regard des sujétions techniques imprévues rencontrées ;

- la qualité de préparation de surface due exigée par la SNCF était supérieure à celle contractuellement prévue ;

- la complexité de l'ouvrage n'a pas été prise en compte ;

- les intempéries ont décalé l'exécution des travaux ;

- le décompte final mentionne et chiffre ces éléments et il est donc recevable à demander une indemnisation sur ces fondements ;

- la présence de plomb dans les sols et les mesures compensatoires qui y sont liée doivent être prises en compte par SNCF Réseau ;

- le retard dans l'exécution des travaux ne lui est pas imputable et ne peut engendrer de pénalités ;

- SNCF Réseau n'a subi aucun préjudice lié au retard et le montant des pénalités de retard doit être modulé à l'euro symbolique ;

- elle ne peut pas être condamnée à verser des frais irrépétibles en application de l'article L. 622-21 du code de commerce dès lors qu'elle a été placée en situation de redressement puis de liquidation judiciaire.

Par des mémoires en défense, enregistré le 15 avril 2021, le 15 octobre 2021 et le 16 novembre 2022, la société SNCF Réseau, représentée par Me Caudron, conclut à ce qu'il soit donné acte qu'elle accepte d'allouer à la société Battaglino, en sus des sommes allouées au décompte général, la somme de 9 411,76 euros HT soit 11 294,11 euros TTC, au rejet du surplus des conclusions et à ce que la société Battaglino soit condamnée à lui verser la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les demandes indemnitaires relatives aux intempéries et à l'encadrement supplémentaire sont irrecevables à défaut d'avoir été réclamées lors du décompte final et que les autres demandes ne sont pas fondées.

Par un mémoire en intervention volontaire, enregistré le 10 janvier 2023, la Selarl Berthelot, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Battaglino et la SAS entreprise Battaglino, représentés par la Selarl Pragma Juris, demandent au tribunal :

1°) déclarer recevable et bien fondée l'intervention volontaire de la SELARL Berthelot es qualité de liquidateur judiciaire de la société Battaglino ;

2°) condamner SNCF Réseau à verser à la Serarl Berthelot, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Battaglino, une somme de 1 138 167,23 euros TTC en réparation des préjudices subis dans l'exécution du marché de travaux litigieux ;

3°) condamner SNCF Réseau à verser à la Serarl Berthelot, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Battaglino, au titre du décompte général une somme de 185 000 euros ;

4°) à titre subsidiaire, de modérer les pénalités de retard à l'euro symbolique ;

5°) de mettre à la charge de SNCF Réseau la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle reprend les mêmes moyens que celles des écritures présentées pour la société Battaglino.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de Mme de Schotten, rapporteure publique,

- et les observations de Me Tauleigne, représentant les requérants et de Me Juquin, représentant de SNCF Réseau.

Considérant ce qui suit :

1. Par un bon de commande du 15 février 2018, SNCF Réseau a confié à la société Entreprise Battaglino les travaux de réfection totale de la protection anticorrosion des travées 1, 2 et 3 du viaduc de l'Ardèche situé sur la ligne de Givors à Grezan pour un prix de 1 592 728,26 euros hors taxe. Par ordre de service n° 1 du 15 février 2018, SNCF Réseau a fixé l'origine du délai global contractuel de 233 jours au 26 mars 2018. Par ordre de service n° 3 du 16 juillet 2019, la réception sans réserve des travaux avec effet au 22 mai 2019 a été prononcée par la personne responsable du marché. Par un courrier du 18 juillet 2019, la société Battaglino a envoyé un projet de décompte final à SNCF Réseau. Le décompte général du marché a été adressé à la société requérante par ordre de service n°4 du 3 octobre 2019 et retient un montant de travaux de 1 606 791,59 euros hors taxe, fixé à 1 407 839 euros HT après déduction des acomptes payés et des pénalités de retard d'un montant de 185 000 euros soit un solde de 53 743,11 euros TTC. Par un courrier du 30 octobre 2029, la société Battaglino a retourné le décompte général signé avec réserves accompagné d'un mémoire en réclamation et un mémoire en réclamation révisé le 5 décembre 2019. La société Battaglino demande l'indemnisation de ses préjudices pour une somme de 1 138 167,23 euros TTC et l'annulation des pénalités de retard appliquées pour un montant de 185 000 euros. Par un jugement du tribunal de commerce de Grenoble du 1er décembre 2022, la société Battaglino a été placée en liquidation judiciaire et la Selarl Berthelot et associés - mandataires judiciaires, prise en la personne de Me Berthelot, a été désignée liquidateur judiciaire de cette société, laquelle est désormais représentée devant le tribunal par ce liquidateur. Dans ces conditions, le mémoire en intervention volontaire présenté par la Selarl Berthelot le 10 janvier 2023 doit être regardé comme un nouveau mémoire.

Sur les demandes d'indemnisation :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par SNCF Réseau sur la demande d'indemnisation au titre des intempéries et d'un encadrement supplémentaire :

2. Aux termes de l'article 13.31 du CCCG Travaux : " Dans les quarante-cinq jour suivant la date d'établissement du procès-verbal de réception des travaux, l'entrepreneur dresse et remet au maître d'œuvre le projet de décompte final établissant le montant total des sommes auxquelles il peut prétendre du fait de l'exécution du marché ". Aux termes de l'article 13.32 du CCC Travaux : " Sous peine de forclusion l'entrepreneur joint au projet de décompte final toutes les réserves antérieurement formulées. L'entrepreneur est lié par les indications figurant dans un projet de décompte final, sauf sur le montant définitif des intérêts moratoires de paiement. () ".

3. Le décompte final de l'entreprise Battaglino du 18 juillet 2019 comporte dans une rubrique " Prix supplémentaires " un poste " Intempérie " avec la mention d'un montant de 81 069,88 euros HT et un autre poste intitulé " Encadrement supplémentaire " avec un montant de 113 176,47 euros HT. Toutefois, si ces éléments sont mentionnés dans le décompte final, les sommes correspondant à ces deux postes n'ont pas été réclamées. L'absence de demande de paiement sur ces deux fondements est d'ailleurs confirmée par le courrier du 19 juillet 2019 de l'entreprise Battaglino précisant le détail du prix " intempéries " et celui du prix " Encadrement supplémentaire " et indiquant " nous proposons une prise en charge de ces jours d'intempéries supplémentaires " puis " compte tenu de notre implication dans ce dossier, nous proposons de prendre en charge ce dépassement budgétaire ". En application des stipulations précitées, l'entrepreneur est lié par les indications figurant dans un projet de décompte final. Or, il résulte de l'instruction que l'entrepreneur a explicitement renoncé dans son décompte final à demander une somme pour les intempéries et une somme pour l'encadrement supplémentaire et la société Battaglino, représentée par la Serlarl Berthelot, n'est ainsi plus recevable à en demander le montant.

En ce qui concerne la demande d'indemnisation au titre du préjudice " préparation de surface " :

4. La notice descriptive prévoit que : " 1.4.1. Généralités / Les travaux à exécuter au titre du présent marché consistent principalement en la réfection du revêtement anticorrosion du tablier après décapage total de l'ancien système en place contenant du plomb par projection d'abrasif angulaire par voie sèche ". Elle précise également : " III.4.2.2.1 Ossature / Il s'agit de remettre à nu le fer puddlé, l'acier ou la fonte des zones à traiter par projection mécanique d'abrasif angulaire par voie sèche pour élimination intégrale de la protection en place avec degré de soin Sa 2.5 (cf. ISO 8501-1) et une rugosité G grit moyen (cf. ISO 8503-1). L'abrasif est soumis à l'agrément du Maître d'œuvre avant son utilisation. () / Les zones difficilement mise à nu par projection, seront traitées par d'autres moyens appropriés et ne donneront lieu à aucune rémunération supplémentaire. Les zones oxydées qui ne seront pas éliminées par le décapage à l'abrasif devront être traitées par d'autres moyens plus appropriés et ne donneront lieu à aucune rémunération particulière ". Enfin, la norme NF EN ISO 8501-1 définit les degrés de décapage de la façon suivante : " Sa 2,5 Décapage très soigné : Examinée à l'œil nu, la surface doit être exempte de toute trace visible d'huile, de graisse et de saleté, ainsi que de tous matériaux tels que calamine, rouille, peinture et matériaux étrangers. Toute trace restante de contamination doit ne laisser que de légères marques sous forme de taches ou de traînées () / Sa 3 Décapage jusqu'à propreté de l'acier évaluée visuellement : Examinée à l'œil nu, la surface doit être exempte de toute trace visible d'huile, de graisse et de saleté, ainsi que de tous matériaux tels que calamine, rouille, peinture et matériaux étrangers. Elle doit présenter une couleur métallique uniforme () ".

5. D'une part, il résulte du compte-rendu de l'épreuve de convenance s'étant déroulée le 1er et le 6 juin 2018 que, lors du contrôle du 1er juin 2018, d'anciens fonds demeuraient présents, notamment la couche de finition et la conclusion du compte-rendu indique que " le support doit être de nouveau décapé afin d'éliminer toute trace de l'ancienne peinture au droit des rivets et des assemblages des cornières ". De même, elle précise que " le décapage de cette zone n'est pas satisfaisant. Il convient d'insister sur les têtes de rivet et aux assemblages des cornières afin d'éliminer totalement les anciens fonds ". Après le contrôle effectué le 6 juin 2018, la conclusion relative à la zone 1 relevait que " le décapage de cette zone est acceptable malgré la présence d'un peu de minium sur de rares périphériques de rivets. Cette validation par le MOE est due aux grand nombre de points singuliers que comporte la structure et la présence de minium ne doit en aucun cas être une référence lors du décapage de la structure. / ". Il résulte également du rapport rédigé à la suite du contrôle effectué le 6 septembre 2018 et illustré par des photographies montrant des restes de peintures, que le degré de soin Sa 2,5 n'était pas atteint. Il est constant que la société Battaglino n'a pas contesté les conclusions de l'épreuve de convenance de juin 2018 et elle reconnaît, dans son message du 11 septembre 2018 avoir " bien conscience que le degré de soin n'était pas conforme ". En outre, elle n'établit pas, en produisant des photographies et un mail envoyé par ses soins le 21 septembre 2018 indiquant que la préparation des surfaces exigée est supérieure au niveau Sa 2,5 que les conclusions du compte-rendu de l'épreuve de concordance et celle du rapport de contrôle seraient erronées et que le degré de décapage demandé excédait celui contractuellement prévu. De même, si la société requérante produit une note technique du 26 novembre 2019 émanant de la société Ingcoat, établie à sa demande au titre d'une mission de conseil et qui remet en doute le degré de décapage en se basant essentiellement sur les points singuliers de type rivet et souligne les difficultés d'accès de certaines zones, cet élément ne suffit pas à établir que le degré de préparation de surface exigé par SNCF Réseau n'aurait pas été conforme à celui prévu au marché alors que la notice descriptive précisait explicitement que les zones difficilement mise à nu par projection, seront traitées par d'autres moyens appropriés et ne donneront lieu à aucune rémunération supplémentaire. Enfin, la société Battaglino ne peut utilement se prévaloir des travaux effectués lors d'un précédent marché pour démontrer que le décapage demandé par SNCF Réseau correspondait au degré Sa 3. Ainsi, il résulte de l'instruction que la société Battaglino, représentée par la Selarl Berthelot, n'est pas fondée à demander une indemnisation au titre du degré de préparation de surface exigée.

6. D'autre part, il résulte de l'instruction que le dossier de consultation comportait des plans et des photographies représentant l'ouvrage à traiter, qu'une visite avait été effectuée sur site par la société requérante le 10 octobre 2017 et qu'elle a procédé à la réfection d'autres travées du même ouvrage en 2010. Ainsi, la société requérante, qui connaissait les caractéristiques de l'ouvrage mais également les normes de construction devant être respectées lors du dépôt de son offre, n'est pas fondée à invoquer l'existence de sujétions techniques imprévues et à demander une indemnisation liée à la complexité de l'ouvrage.

En ce qui concerne la demande au titre des protections collectives plomb au sol :

7. La société Battaglino, représentée par la Selarl Berthelot, a demandé une indemnisation complémentaire d'un montant de 9 411,76 euros HT au titre des protections collectives mises en place du fait de la présence de plomb dans le sol sous l'ouvrage et SNCF Réseau a accordé cette rémunération complémentaire. Cette somme sera donc ajoutée à l'actif du décompte général en faveur de la société requérante.

En ce qui concerne la demande de suppression des pénalités de retard appliquées :

8. Aux termes de l'article 3.2 du cahier des prescriptions spéciales relatif au délai global d'exécution des études et travaux : " La durée du marché, études incluses est de 233 jours à partir des dates fixées à la commande(s) ou par ordre (s) de service ". L'article 11 relatif aux pénalités de ce même cahier prévoit une pénalité forfaitaire journalière sur le délai global d'un montant de 1 000 euros dès le 1er jour de retard.

9. Par ordre de service n°1 du 15 février 2018, le début du délai global de 233 jours a été fixé au 26 mars 2018. La fin du délai contractuel intervenait donc le 14 novembre 2018. Or, par ordre de service n°3 du 16 juillet 2019, la réception sans réserve et l'achèvement des travaux ont été fixés au 22 mai 2019. Ainsi, les travaux ont été achevés avec un retard de 189 jours. En prenant en compte les 9 jours d'intempéries dont les 5 jours prévus au marché, le retard passible de pénalité a été fixé à 185 jours.

10. La société Battaglino, représentée par la Selarl Berthelot, soutient que les causes du retard ne lui sont pas imputables et que les pénalités de retard ne sont pas justifiées. Toutefois, il résulte de l'instruction que les éléments techniques évoqués étaient contractuellement prévus et ne constituent ainsi pas des sujétions techniques imprévues. Si la société requérante se prévaut des contraintes horaires de travaux liés au camping à proximité et au modification du contexte d'intervention, les restrictions horaires évoquées de 7h à 20h étaient mentionnées à l'article 5.1.1 du cahier des prescriptions spéciales et les modalités d'exécution des travaux, le degré de qualité attendu ainsi que le niveau d'encadrement nécessaire étaient également spécifiquement prévus dans les pièces contractuelles et ne peuvent être utilement invoqués pour établir que le retard ne lui est pas imputable. Ainsi qu'il a été dit au point 5, la société requérante n'établit pas que le niveau d'exigence des prestations était supérieur à celui contractuellement prévu et n'est donc pas fondée à s'en prévaloir pour justifier le retard dans l'exécution des travaux. En outre, si le compte rendu du 23 mai 2018 indique qu'un mouvement de grève était annoncé sur plusieurs journées des mois de mai et juin 2018, aucun élément ne permet de justifier que le mouvement social s'est effectivement produit et qu'il aurait eu des conséquences sur l'exécution des travaux. De même, il ne résulte pas de l'instruction que les intempéries intervenues pendant le délai contractuel n'auraient pas été correctement prises en compte par SNCF Réseau. Enfin, il ne résulte pas davantage de l'instruction que les mesures prises liées à la présence de plomb dans le sol ont été de nature à allonger le délai d'exécution des travaux, ces mesures ayant consisté principalement à l'installation d'un pédiluve et de lino, la mise en place de panneaux et la mise à disposition de masques et des combinaisons jetables. En revanche, il résulte de l'instruction que le grenaillage a été réalisé avec un mois de retard comme cela a été souligné lors de la réunion du 23 mai 2018, que jusqu'en septembre 2018 les moyens humains et notamment l'encadrement du chantier n'était pas conforme à ce qui était exigé dans la notice descriptive et dans l'offre de l'entrepreneur et que la société requérante a été confrontée à des difficultés en lien avec son matériel dont de nombreuses pannes. Il résulte de tout ce qui précède que le retard sur le délai global est imputable à la société Battaglino et elle n'est donc pas fondée à demander la suppression des pénalités de retard.

En ce qui concerne la demande de modulation des pénalités de retard :

11. D'une part, l'article 22.1 du cahier des clauses et conditions générales stipule : " Les pénalités sont encourues du simple fait de la constatation du retard par le maître d'œuvre ". D'autre part si, lorsqu'il est saisi d'un litige entre les parties à un marché public, le juge du contrat doit, en principe, appliquer les clauses relatives aux pénalités dont sont convenues les parties en signant le contrat, il peut, à titre exceptionnel, saisi de conclusions en ce sens par une partie, modérer ou augmenter les pénalités de retard résultant du contrat si elles atteignent un montant manifestement excessif ou dérisoire, eu égard au montant du marché et compte tenu de l'ampleur du retard constaté dans l'exécution des prestations.

12. En se bornant à invoquer l'absence de préjudice du maître de l'ouvrage, la société requérante, qui n'établit ni même n'allègue que le montant des pénalités de retard serait manifestement excessif eu égard au montant du marché et compte tenu de l'ampleur du retard constaté dans l'exécution des prestations, ne conteste pas utilement le montant des pénalités de retard. Par conséquent, elle n'est pas fondée à demander la modération du montant des pénalités et la demande de fixer les pénalités de retard à un euro symbolique ne peut qu'être rejetée.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

13. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de SNCF Réseau et de la société Battaglino, représentée par la Selarl Berthelot, une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : SNCF Réseau versera la somme mentionnée au point 7 du jugement de 9 411,76 euros HT, soit 11 294,11 euros toutes taxes comprises à la société Battaglino, représentée par la Selarl Berthelot.

Article 2 : Le surplus des conclusions présentées par la société Battaglino, représentée par la Selarl Berthelot, est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par la SNCF Réseau au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Battaglino, à la Selarl Berthelot en sa qualité de mandataire liquidateur de la société Battaglino, à SNCF Réseau et à la Selarl AJUP.

Délibéré après l'audience du 10 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Simonnot, président,

Mme Voillemot, première conseillère,

M. Paret, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 février 2023.

La rapporteure,

C. B Le président,

J-F. SIMONNOT

La greffière,

S. RAHMOUNI

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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