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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2012386

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2012386

mercredi 12 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2012386
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5e Section - 3e Chambre
Avocat requérantVELASCO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 août et 7 octobre 2020 et

le 6 décembre 2021, M. A B, représenté par Me Velasco, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre du 28 novembre 2019 portant refus d'apposer la mention " Mort pour la France " sur l'acte de décès de son père, M. C B ;

2°) de mettre à la charge de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et une somme de 1 800 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

3°) de condamner l'Office national des anciens combattants aux entiers dépens.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- il n'est pas établi que le signataire de cette décision bénéficiait d'une délégation de signature ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que son père était engagé auprès des soldats français et est décédé durant la guerre d'Algérie, tué par le Front de libération nationale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2022, l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- en, application de l'article R. 511-2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, les recours contre les décisions prises en application des dispositions de l'article R. 511-1 de ce code relèvent de la compétence du juge judiciaire ;

- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par une décision du 8 octobre 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :

- le rapport de M. Gandolfi,

- et les conclusions de M. Lamy, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B est le fils de M. E B, né en 1928 et décédé en Algérie en 1961, et a sollicité de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG), le 6 décembre 2018, que la mention " Mort pour la France " soit attribuée à son père. Par une décision du 29 novembre 2019, la directrice générale de l'ONACVG a rejeté cette demande. M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision.

2. Aux termes du 1er alinéa de l'article R. 511-2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Les recours contre les décisions prises en application de l'article L. 511-1 sont portés devant le tribunal judiciaire compétent pour connaître des demandes en annulation des actes de l'état civil, en application des articles 1047 à 1049 du code de procédure civile. ". L'article L. 511-1 du même code est relatif à l'apposition sur l'acte de décès de la mention " Mort pour la France. ".

3. Il résulte de ces dispositions que les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation du refus des autorités compétentes de faire procéder à l'attribution de la mention " Mort pour la France " à son père ont été portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître. Il y a lieu pour ce motif, ainsi que le fait valoir à raison en défense la directrice générale de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre, de les rejeter, ainsi que, par voie de conséquences, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et celles tendant à ce que l'Office soit condamné aux entiers dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées.

Délibéré après l'audience du 28 septembre à laquelle siégeaient :

- M. Ladreyt, président,

- M. Gandolfi, premier conseiller,

- Mme Leravat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 12 octobre 2022.

Le rapporteur,

G. Gandolfi

Le président,

J-P. Ladreyt

La greffière,

L. Sueur

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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