vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2012708 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | NUMBI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 août 2020 et 16 juin 2022, Mme D A, représentée par Me Numbi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 juin 2020 par lequel le ministre de la justice a mis fin à ses fonctions pour insuffisance professionnelle.
2°) d'enjoindre au ministre de la justice de la réintégrer dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation :
- la matérialité des faits reprochés n'est pas établie :
- elle est entachée d'erreur de droit au regard de l'article 7 du décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 fixant les dispositions communes applicables aux stagiaires de l'Etat.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 16 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 30 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kanté, première conseillère,
- les conclusions de M. Schaeffer, rapporteur public,
- et les observations de Me Numbi, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, après sa réussite au concours externe d'adjointe administrative à la session de juin 2018, a été affectée en cette qualité en tant que fonctionnaire stagiaire, à compter du 1er septembre 2018, au pôle administration et gestion de la sous-direction des missions de protection judiciaire et de l'éducation de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ) où elle exerce les fonctions de secrétaire de direction. Placée en congé de maladie pour une durée de trois mois du 6 novembre 2018 au 1er février 2019, son stage a été prolongé, pour une même durée, au sein de la direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse d'Ile-de-France et Outre-Mer, lieu de sa nouvelle affectation, à compter du 1er septembre 2019, en qualité d'assistante de direction. Par un arrêté du 24 décembre 2019, sur avis de la commission administrative paritaire des adjoints administratifs, le ministre de la justice a prolongé, à nouveau, le stage de Mme A pour une durée de sept mois à compter du 25 novembre 2019. Par un arrêté du 18 juin 2020, sur avis de la commission administrative paritaire réunie en séance du 10 juin 2020, le ministre de la justice a mis fin aux fonctions de Mme A en procédant à son licenciement pour insuffisance professionnelle à l'issue de celui-ci. Mme A demande l'annulation de l'arrêté du 18 juin 2020, lequel doit être regardé comme portant refus de titularisation en fin de stage.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par une décision du 27 mars 2019 portant délégation de signature, Mme C B, attachée principale hors classe, cheffe du bureau des carrières et du développement professionnel a reçu délégation, de la directrice de la protection judiciaire de la jeunesse, pour signer au nom du garde des sceaux, ministre de la justice, tous actes, arrêtés et décisions à l'exclusion des décrets, " dans les limites de ses attributions " qui incluent, eu égard à l'article 32 du décret du 30 décembre 2019 relatif à l'organisation du secrétariat général et des directions du ministère de la justice (titre VI consacré à la DPJJ) la politique de recrutement et de formation des personnels de la protection judiciaire de la jeunesse. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué, qui manque en fait, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 7 du décret du 7 octobre 1994 fixant les dispositions communes applicables aux stagiaires de l'Etat et de ses établissements publics : " Le fonctionnaire stagiaire peut être licencié pour insuffisance professionnelle lorsqu'il est en stage depuis un temps au moins égal à la moitié de la durée normale du stage. La décision de licenciement est prise après avis de la commission administrative paritaire prévue à l'article 29 du présent décret, sauf dans le cas où l'aptitude professionnelle doit être appréciée par un jury () " ;
4. Pour apprécier la légalité d'une décision de refus de titularisation, il incombe au juge de vérifier qu'elle ne repose pas sur des faits matériellement inexacts, qu'elle n'est entachée ni d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste dans l'appréciation de l'insuffisance professionnelle de l'intéressé, qu'elle ne revêt pas le caractère d'une sanction disciplinaire et n'est entachée d'aucun détournement de pouvoir et que, si elle est fondée sur des motifs qui caractérisent une insuffisance professionnelle mais aussi des fautes disciplinaires, l'intéressé a été mis à même de faire valoir ses observations
5. D'une part, Mme A conteste la matérialité des faits qui lui sont reprochés et qui fondent la décision concernant ses retards quotidiens, son absence de professionnalisme, son défaut de communication auprès de ses collègues ou de sa hiérarchie et ses difficultés en termes de positionnement. Si ses " ses retards presque quotidiens à son poste " ne sont pas établis, il ressort cependant des pièces du dossier, que lors de sa première affectation, en septembre 2018, comme secrétaire du Pôle Administration et gestion de la SDMPJE, Mme A avait déjà connu des difficultés pour gérer les tâches qui lui étaient confiées, certaines capacités professionnelles et relationnelles restant à acquérir, ainsi que le souligne le chef du Pôle dans son rapport intermédiaire de stage du 21 mai 2019, préconisant la prolongation des solutions d'accompagnement pour pallier les insuffisances de Mme A (formations techniques diverses) et appuyant sa demande de changement de lieu de stage. Mme A n'a toutefois pas su pallier ses difficultés et insuffisances, malgré ses deux prolongations de stage, justifiées compte tenu de ses absences (congés, congés maladie) et un changement d'affectation. Le premier mémoire de titularisation établi par le chef de cabinet de la direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse Ile-de-France, lieu de sa seconde affectation de stage depuis le 1er septembre 2019, fait ainsi état du manque de rigueur de l'intéressée dans la finalisation des dossiers confiés, de son manque d'attention et de la répétition d'erreurs pour lesquelles des remarques lui ont été faites. Il réitère son analyse dans son second mémoire de titularisation du 5 mai 2020 relevant précisément les nombreuses défaillances de Mme A sur l'ensemble des tâches inhérentes à un travail de secrétariat de direction qu'il s'agisse notamment de l'enregistrement du courrier, de la mise sous parapheurs de documents, de la réalisation des ordres de mission, de l'accueil téléphonique, de l'envoi de courriel à la signature du directeur ou de son positionnement problématique par rapport à son environnement professionnel. Et les témoignages produits par Mme A, s'ils font état des tensions au sein du secrétariat de direction de la direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse d'Ile-de-France et Outre-Mer et de la mauvaise entente de l'intéressée avec le directeur de cabinet, ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée sur sa manière de servir.
6. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A, dont le stage a été prolongé à deux reprises par l'administration et qui a vu sa demande de changement de lieu d'affectation, pour le déroulement de sa seconde période de stage, être satisfaite, à son retour de congé maladie, n'ait pas été suffisamment accompagnée ou n'ait pas bénéficié de conditions favorables à son exécution et lui permettant de mettre en avant ses qualités et compétences professionnelles. Ayant fait état, lors de sa première affectation, en qualité de secrétaire de direction, de difficultés rencontrées dans l'exercice de ses fonctions, ses missions ont été allégées à son retour de congé maladie. Nouvellement affectée, à compter du 1er septembre 2019, sur un poste d'assistante de direction, si elle n'a pu être évaluée à l'issue de la prolongation de son stage de trois mois, en raison d'un cumul dix-sept jours d'absence sur une période de 49 jours, elle a cependant bénéficié d'une prolongation supplémentaire de sa période de stage pendant sept mois. Enfin, aucun texte n'imposait à l'administration de mettre en œuvre d'autres moyens pour assurer la formation et l'adaptation de Mme A à son emploi. Et, malgré l'absence regrettable de sa tutrice, sur une période non déterminée, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A était isolée à son poste.
7. Eu égard à tout ce qui précède, il ne ressort pas des pièces du dossier que le ministre de la justice, en refusant de procéder à la titularisation de Mme A en fin de stage, ait entaché sa décision d'erreur de fait, d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation. La requête de Mme A doit, par suite, être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Riou, présidente,
Mme Lambrecq, première conseillère,
Mme Kanté, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
La rapporteure,
C. KantéLa présidente,
C. Riou
La greffière,
V. Lagrède
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026