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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2013100

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2013100

mercredi 12 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2013100
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1re Section - 1re Chambre
Avocat requérantVERDIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement le 24 août 2020,

le 21 mai et le 14 octobre 2021 et le 1er février 2022, M. D A C, représenté par

Me Verdier, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 8 avril 2021 rapportant celle du 19 août 2020 par laquelle la présidente de l'Université de Paris- Cité a refusé de l'inscrire en première année de deuxième cycle de master mention " management parcours entrepreneuriat " à l'université de Paris- Cité ;

2°) d'enjoindre à l'Université de Paris- Cité de l'inscrire à titre définitif dans le master mention " management parcours entrepreneuriat " ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat ou de l'Université de Paris-Cité une somme de

2500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- à titre principal, la décision est entachée d'un défaut de base légale en méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'éducation, dès lors qu'elle est fondée sur une délibération du sénat académique de l'université , lequel est incompétent pour fixer les capacités d'accueil du master, que cette délibération du sénat académique n'a pas été régulièrement notifiée en l'absence de preuve suffisante de publicité de l'acte et qu'elle n'a pas été transmise au recteur ;

- à titre subsidiaire, la décision est entachée d'un défaut de motivation, notamment en droit ;

- elle est entachée d'incompétence de son auteur ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, tiré de l'irrégularité de la composition de la commission pédagogique.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 mai 2021, le 10 septembre 2021 et le

17 janvier 2022, la présidente de l'université Paris-Cité conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle a abrogé la décision du 19 août 2020,

- les autres moyens soulevés par M. A C ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 05 janvier 2022 la clôture d'instruction a été fixée au 07 février 2022.

Vu :

- les autres pièces du dossier .

Vu :

- le code de l'éducation,

-le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de Mme Belle , rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D A C titulaire d'un diplôme de Premier cycle de Licence mention AES Entreprise et administration à l'université d'Aix-Marseille en 2019, a demandé à poursuivre son cursus en première année de deuxième cycle de master mention " management parcours entrepreneuriat " à l'université de Paris-Cité. Par une décision du 19 août 2020, la présidente de l'université lui en a refusé l'inscription. Postérieurement à l'introduction de la requête, la présidente de l'université Paris-Cité a procédé à l'abrogation de la décision querellée et pris une nouvelle décision, en date du 8 avril 2021 qui a confirmé le refus d'inscription. M. A C, dans son mémoire du 21 mai 2021 indique que sa requête doit être regardée comme dirigée contre cette décision du 8 avril 2021, dont il demande au tribunal l'annulation.

2. En premier lieu, d'une part aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'éducation : " Les formations du deuxième cycle sont ouvertes aux titulaires des diplômes sanctionnant les études du premier cycle ainsi qu'à ceux qui peuvent bénéficier de l'article L. 613-5 ou des dérogations prévues par les textes réglementaires. / Les établissements peuvent fixer des capacités d'accueil pour l'accès à la première année du deuxième cycle. L'admission est alors subordonnée au succès à un concours ou à l'examen du dossier du candidat. /() " et aux termes de l'article D. 612-36-2 du code l'éducation : " Les établissements autorisés par l'Etat à délivrer le diplôme national de master peuvent organiser un processus de recrutement conformément aux dispositions de l'article L. 612-6. Les refus d'admission sont notifiés. Les motifs pour lesquels l'admission est refusée sont communiqués aux candidats qui en font la demande dans le mois qui suit la notification de ce refus ". D'autre part, aux termes de l'article L. 711-4 du code de l'éducation : " I.- Les établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel sont créés par décret après avis du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche. / II.- Les décrets portant création d'établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel peuvent déroger, pour une durée de dix ans, aux dispositions des articles L. 712-1 à L. 712-6-1, L. 712-7, L. 713-1, L. 714-1, L. 715-1 à L. 715-3, L. 719-1 à L. 719-3./ Les dérogations ont pour seul objet d'expérimenter dans les nouveaux établissements des modes d'organisation et d'administration différents de ceux prévus par les articles susmentionnés. () ". Aux termes de l'article 1 du décret n° 2019-209 du 20 mars 2019 portant création de l'université de Paris et approbation de ses statuts : " Est créée l'université Paris Cité, établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel expérimental. () ". Aux termes de l'article 4 du même décret " Les statuts de l'université de Paris, annexés au présent décret, sont approuvés. ". Aux termes de l'article 11 du même décret : " Attributions du sénat académique () 16. Il approuve les capacités d'accueil en première année des diplômes nationaux, dans le cadre fixé par la réglementation applicable ; () ". Enfin, aux termes de l'article L. 221-2 du code des relations entre le public etl'administration : " L'entrée en vigueur d'un acte réglementaire est subordonnée àl'accomplissement de formalités adéquates de publicité, notamment par la voie, selon les cas, d'une publication ou d'un affichage, sauf dispositions législatives ou réglementaires contrairesou instituant d'autres formalités préalables ()". Et aux termes de l'article L. 719-7 du code de l'éducation : " () les décisions et délibérations qui présentent un caractère réglementaire n'entrent en vigueur qu'après leur transmission au recteur de région académique, chancelier des universités. ".

3. Il résulte de ces dispositions que le Sénat académique de l'Université Paris-Cité est compétent pour approuver notamment les capacités d'accueil en master 1 et que ses actes à caractère réglementaire sont opposables aux tiers à compter de la date de leur affichage sur des emplacements dédiés des locaux de cet établissement et permettant de répondre aux exigences d'information des tiers, ou, afin d'assurer une publicité adéquate de ces derniers, de celle de leur mise en ligne, dans des conditions garantissant sa fiabilité, sur le site internet de cette personne publique.

4. Par une délibération n° 2019-13 du 26 novembre 2019, le Sénat académique de l'Université de Paris a approuvé les capacités d'accueil en master 1 et notamment celles en master " management parcours entrepreneurial " annexées à la délibération. Cette délibération a été classée au registre des délibérations du conseil d'administration et comporte un tampon de l'université mentionnant sa transmission au recteur de l'académie le 9 janvier 2020. Contrairement à ce que soutient M. A C cette mention fait foi jusqu'à la preuve du contraire, qui n'est pas apportée en l'espèce, alors qu'au demeurant l'université produit la copie du courriel de transmission. En outre, la délibération du Sénat académique a fait l'objet d'un affichage le

9 janvier 2020, et était consultable sur le site internet de l'université accessible à tous. Les formalités de publicité adéquates ayant été respectées, cette délibération était entrée en vigueur à la date de la décision contestée et était ainsi, opposable au requérant. Par suite, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant l'entrée au master 1 est entachée d'un défaut de base légale.

5. En deuxième lieu, les décisions par lesquelles le président d'une université refuse l'admission d'un étudiant en première année de master n'entrent dans aucune des catégories de décisions devant être motivées en vertu de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Au demeurant, la décision attaquée était suffisamment motivée.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 243-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits peut, pour tout motif et sans condition de délai, être modifié ou abrogé sous réserve, le cas échéant, de l'édiction de mesures transitoires dans les conditions prévues à l'article L. 221-6. ". Aux termes de l'article L. 712-1 du code de l'éducation : " Le président de l'université par ses décisions, le conseil d'administration par ses délibérations et le conseil académique, par ses délibérations et avis, assurent l'administration de l'université. ". Aux termes de l'article L. 712-2 du même code : " () Le président assure la direction de l'université. A ce titre : () /8° Il exerce, au nom de l'université, les compétences de gestion et d'administration qui ne sont pas attribuées à une autre autorité par la loi ou le règlement ;() ". Il ressort de la décision attaquée qu'elle est signée de Mme Clerici , présidente de l'université Paris-Cité, qui en vertu des dispositions précitées était bien compétente pour signer la décision du 8 avril 2021 abrogeant notamment celle du 19 août 2020. Par suite le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.

7. En quatrième lieu, M. A C soutient que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas établi que la commission pédagogique ayant instruit son dossier était régulièrement instituée et habilitée à cette fin. Toutefois, il ne ressort pas de la décision attaquée du 8 avril 2021, qui est fondée sur l'insuffisance de capacité d'accueil en master 1 " management parcours entrepreneuriat " que la présidente de l'université de Paris-Cité ait entendu consulter la commission pédagogique avant de réexaminer la situation du requérant. En outre, ainsi que le fait valoir l'Université aucun texte législatif ou réglementaire n'encadre les modalités de constitution et de fonctionnement des commissions pédagogiques, qui sont instituées par le président de l'université dans le cadre de ses pouvoirs.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A C doit être rejetée dans toutes ses conclusions, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée à la requête.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A C et à la présidente de l'université Paris- Cité.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Vidal, président,

Mme Edert, première conseillère,

M. Baudat, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2022.

La rapporteure,

S. B

La présidente,

S. VidalLa greffière,

S. Coulant

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

.

2/1-1

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