mercredi 2 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2013338 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET DE GAULLE, FLEURANCE & ASSOCIES (SELAS) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 27 août 2020 et le 27 avril 2022, M. C A, représenté par Me Schmitt doit être regardé comme demandant au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 229 615 euros résultant de la prescription de l'action en recouvrement portant sur l'impôt sur le revenu, les prestations sociales et les pénalités des années 2012 et 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- l'action en recouvrement engagée par l'administration fiscale était prescrite à la date des deux mises en demeure du 17 juin 2020, aucun acte ou événement n'étant venu interrompre le délai de prescription de l'action en recouvrement à compter du 30 novembre 2015,
- l'administration reconnait qu'il n'a pas demandé expressément le sursis de paiement dans sa réclamation du 13 novembre 2017 ;
- les actes de poursuites émis le 2 octobre 2018 ont été annulées par la décision du directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris du 30 juillet 2020 ;
- ces actes ne lui ont pas été régulièrement notifiées à son adresse au Ghana, la prescription est acquise ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2022, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et du département de Paris conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- par une décision du 30 juillet 2020, les mises en demeure du 17 juin 2020 ont été annulées au motif que le requérant avait déposé une réclamation contentieuse assortie du sursis de paiement le 13 novembre 2017 qui a été rejetée le 16 juin 2020 ; le requérant ayant saisi le tribunal administratif dans le délai de recours le 31 juillet 2020, il bénéficie du sursis à paiement jusqu'à la décision du tribunal ;
- le requérant n'a pas demandé expressément le sursis de paiement dans sa réclamation contentieuse du 13 novembre 2017; la créance n'est pas prescrite, dès lors que le 2 octobre 2018 le responsable du Pôle de recouvrement spécialisé Parisien 1 a adressé au requérant à son adresse au Ghana des avis à tiers détenteurs et des mises en demeure.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique.
1. Par un courrier en date du 3 juillet 2020, M. C A a formé opposition à deux mises en demeure valant commandement de payer qui lui ont été adressées le 17 juin 2020 et portant sur l'impôt sur le revenu et les prestations sociales des années 2012 et 2013 et mis en recouvrement le 30 novembre 2015. Par un courrier en date du 30 juillet 2020, le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris a procédé à l'annulation des actes de poursuite au motif que M. A, ayant demandé dans sa réclamation d'assiette du
13 novembre 2017 à bénéficier du sursis de paiement, ces actes n'avaient pas lieu d'être dès lors que du fait de ce sursis de paiement la prescription de l'action en recouvrement était suspendue. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer résultant de la prescription de l'action en recouvrement depuis le 30 novembre 2019, au motif que des actes de recouvrement émis le 2 octobre 2018 n'ont pas régulièrement interrompu la prescription.
2. Aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable. () ". Aux termes de l'article L. 281 du même livre : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics compétents mentionnés à l'article L. 252 doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites () ". Aux termes de l'article R. 281-1 du même livre : " Les contestations relatives au recouvrement prévues par l'article L. 281 peuvent être formulées par le redevable lui-même ou la personne solidaire. / Elles font l'objet d'une demande qui doit être adressée, appuyée de toutes les justifications utiles, au chef de service compétent suivant : a) Le directeur départemental ou régional des finances publiques du département dans lequel a été prise la décision d'engager la poursuite () ". Aux termes de l'article R. 281-3-1 du même livre : " La demande prévue à l'article R. 281-1 doit, sous peine d'irrecevabilité, être présentée, selon le cas () dans un délai de deux mois à partir de la notification : () c) A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, du premier acte de poursuite permettant de contester l'exigibilité de la somme réclamée. " Aux termes de l'article R. 281-4 du même livre: " Le chef de service se prononce dans un délai de deux mois à partir du dépôt de la demande, dont il doit accuser réception. / Si aucune décision n'a été prise dans ce délai ou si la décision rendue ne lui donne pas satisfaction, le redevable doit, à peine de forclusion, porter l'affaire devant le juge compétent tel qu'il est défini à l'article L. 281. Il dispose pour cela de deux mois à partir : / a) soit de la notification de la décision du chef de service ; / () La procédure ne peut, à peine d'irrecevabilité, être engagée avant ces dates. Elle doit être dirigée contre le comptable chargé du recouvrement. "
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que dans sa décision du 30 juillet 2020, le directeur régional des finances publiques a prononcé " l'annulation des actes de poursuite ". Cette annulation fait suite à l'opposition aux mises en demeure du 17 juin 2020 notifiées à
M. A. Il en résulte que l'annulation des actes de poursuites se limite à ceux émis le
17 juin 2020. Par suite, le moyen tiré de ce que l'administration aurait implicitement annulé les actes de poursuite du 2 octobre 2018 ne peut qu'être écarté.
4. En second lieu, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée par voie de duplication la date de vaine présentation du courrier, et qui porte, sur l'enveloppe ou sur l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.
5. M. A fait valoir que les deux mises en demeure de payer et les deux notifications d'avis à tiers détenteur du 2 octobre 2018 ne lui ont pas été régulièrement notifiées, à défaut de preuve de première présentation d'un avis de passage régulier. Il indique que l'avis de réception (avis de passage du facteur) présenté au dossier par l'administration comporte deux numéros électroniques de suivi, l'un national et l'autre international, qu'il émane des services postaux français alors qu'il aurait dû être en anglais, langue officielle du Ghana. Il fait également valoir que l'administration a utilisé à tort un formulaire destiné à envoyer un pli recommandé en France et non à l'étranger. Toutefois, il résulte de l'instruction, que deux mises en demeure de payer et deux avis de notification à tiers détenteur ont été émis le 2 octobre 2018 par le responsable du pôle de recouvrement d'Ile de France et de Paris et envoyé à l'adresse du domicile du requérant au Ghana. L'administration produit un " avis de passage du facteur " à son adresse au Ghana, présentant un numéro de recommandé international à la date du 8 octobre 2018 avec la mention du bureau de poste parisien à cette date et la mention manuscrite " unclaimed " apposée par la poste au Ghana et la copie l'enveloppe des actes de poursuite du
2 octobre 2018, présentant au verso deux tampons " Foreign section ARN Ghana " à la date du 12 octobre 2018, constituant le motif de non distribution. Ces mentions sont suffisamment claires, précises et concordantes pour établir la régularité de la notification des actes du
2 octobre 2018.
6. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que les deux mises en demeure du
2 octobre 2018 ont été régulièrement notifiées et comportent la mention régulière des voies et délais de recours. Elles ont interrompu la prescription de l'action en recouvrement ainsi qu'il l'a été dit au point précédent. Le délai de quatre ans ayant recommencé à courir à compter du
12 octobre 2018, M. A n'est pas fondé à soutenir que la prescription mentionnée à l'article
L. 274 du livre des procédures fiscales était acquise à la date du commandement de payer du
17 juin 2020.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à la décharge de l'obligation de payer ne peuvent qu'être rejetées et par voie de conséquence, il en va de même de ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et du département de Paris.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Edert, première conseillère,
M. Baudat, conseiller,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 2 novembre 2022.
La rapporteure,
S. B
La présidente,
S. VidalLa greffière,
S. Coulant
La République mande et ordonne au ministre de l'Economie, des finances et de la Souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026