vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2013778 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LEMOINE, CLABEAUT (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 1er septembre 2020, le président du tribunal administratif de Nîmes a transmis au tribunal la requête présentée par Mme B.
Par une requête, enregistrée le 8 août 2020, Mme D B, représentée par la SCP Lemoine Clabeaut, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du ministre de l'intérieur établissant au titre de l'année 2020 le tableau d'avancement au grade de brigadier de police ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;
- il est entaché d'illégalité du fait de l'irrégularité de l'avis de non-proposition à l'avancement en date du 7 octobre 2019 ;
- il méconnaît le principe d'égalité, tout agent devant pouvoir être évalué selon des principes identiques et en prenant en compte la spécificité de sa situation ; elle ignore sur quels critères et sur quels motifs sa non-inscription a été décidée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions dirigées contre le télégramme du 18 juin 2020 par lequel les services du ministère de l'intérieur ont informé l'ensemble des agents de police concernés de la liste des fonctionnaires promus au grade de brigadier de police au titre de l'année 2020, sont irrecevables ;
- les conclusions dirigées contre l'avis hiérarchique de non-proposition à l'avancement au grade de brigadier au titre de l'année 2020, inscrit sur la fiche de candidature de Mme B, sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 3 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 4 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, modifiée ;
- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;
- le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kanté, première conseillère,
- et les conclusions de M. Degand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, gardien de la paix, affectée au sein de la circonscription de sécurité publique (CSP) de Versailles depuis le 1er janvier 2016, remplissant les conditions statutaires pour accéder au grade supérieur de brigadier de la police nationale, a présenté sa candidature pour accéder à ce grade au titre de l'année 2020. Par un télégramme du 18 juin 2020, l'ensemble des agents concernés ont été informés de la liste des fonctionnaires susceptibles d'être promus au grade de brigadier de police au titre de 2020. Par un arrêté du 30 juin 2020, le ministre de l'intérieur a arrêté le tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2020, qui ne mentionne pas le nom de Mme B. Mme B doit être regardée comme demandant l'annulation de l'arrêté du 30 juin 2020 du ministre de l'intérieur établissant au titre de l'année 2020 le tableau d'avancement au grade de brigadier de police.
Sur les conclusions de la requête :
2. En premier lieu, l'arrêté litigieux a été signé par M. C A, directeur général de la police nationale, nommé dans ses fonctions à compter du 3 février 2020, par un décret du 29 janvier 2020, régulièrement publié au journal officiel de la République n° 0025 du 30 janvier 2020, qui était bien compétent pour signer cet acte, en application de l'article 1er du décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement. Le moyen tiré du vice de compétence doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, Mme B n'est pas fondée à exciper de l'irrégularité de l'avis de non-proposition du 7 octobre 2019. En effet, cet avis, lisible et motivé, a été régulièrement complété et signé par la commissaire de police, chef du service d'intervention, d'aide et d'assistance de proximité, nommément désignée dont elle dépend. Et il ne ressort pas des pièces du dossier que cet avis serait entaché d'erreur d'appréciation.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relative à la fonction publique d'Etat : " ()Sauf pour les emplois laissés à la décision du Gouvernement, l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après :1° Soit au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. Sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, l'autorité chargée d'établir le tableau annuel d'avancement tient compte des lignes directrices de gestion prévues à l'article 18 ; Il est tenu compte de la situation respective des femmes et des hommes dans les corps et grades concernés, dans le cadre des lignes directrices de gestion prévues au même article 18. Le tableau annuel d'avancement précise la part respective des femmes et des hommes dans le vivier des agents promouvables et celle parmi les agents inscrits à ce tableau qui sont susceptibles d'être promus en exécution de celui-ci ; 2° Soit par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après une sélection par voie d'examen professionnel. Il peut être prévu que le jury complète son appréciation résultant des épreuves de l'examen par la consultation du dossier individuel de tous les candidats ; 3° Soit par sélection opérée exclusivement par voie de concours professionnel. Les décrets portant statut particulier fixent les principes et les modalités de la sélection professionnelle, notamment les conditions de grade et d'échelon requises pour y participer. Les promotions doivent avoir lieu dans l'ordre du tableau ou de la liste de classement. Tout fonctionnaire bénéficiant d'un avancement de grade est tenu d'accepter l'emploi qui lui est assigné dans son nouveau grade. Sous réserve de l'application des dispositions de l'article 60, son refus peut entraîner la radiation du tableau d'avancement ou, à défaut, de la liste de classement ".
5. Aux termes de l'article 12 du décret du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale : " Peuvent être inscrits au tableau d'avancement pour l'accès au grade de brigadier de police : 1-1. Les gardiens de la paix qui comptent, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, quatre ans de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade, et qui, soit ont reçu par arrêté interministériel la qualité d'officier de police judiciaire, soit ont satisfait aux obligations d'un examen professionnel dont le contenu et les modalités sont fixés par arrêté du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de la fonction publique ; 1-2. Dans la limite du dixième de l'ensemble des promotions de grade de l'année à réaliser au titre du présent article, les gardiens de la paix affectés dans l'un des secteurs ou unités d'encadrement prioritaire, ayant satisfait aux obligations d'un examen professionnel dont le contenu et les modalités sont fixés par arrêté du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de la fonction publique, et qui comptent, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, soit quatre ans au moins de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade dont une année au moins dans un des secteurs ou unités d'encadrement prioritaire, soit six années au moins de services effectifs depuis leur titularisation ; 2. Dans la limite du neuvième de l'ensemble des promotions de grade de l'année à réaliser au titre du présent article, les gardiens de la paix qui, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, comptent douze ans de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade ; 3. Les gardiens de la paix qui comptent, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, dix ans au moins de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade, accomplis intégralement dans les secteurs classés difficiles définis par arrêté du ministre de l'intérieur ; 4. Les gardiens de la paix âgés de cinquante-quatre ans et demi au moins au cours de l'année considérée, qui comptent au moins deux ans de services effectifs dans l'échelon terminal de leur grade ".
6. Aux termes de l'article 17 du décret du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale : " Pour l'établissement du tableau d'avancement de grade qui est soumis à l'avis des commissions administratives paritaires, il est procédé à un examen approfondi de la valeur professionnelle des agents susceptibles d'être promus compte tenu des notes obtenues par les intéressés, des propositions motivées formulées par les chefs de service et de l'appréciation portée sur leur manière de servir. Cette appréciation prend en compte les difficultés des emplois occupés et les responsabilités particulières qui s'y attachent ainsi que, le cas échéant, les actions de formation continue suivies ou dispensées par le fonctionnaire et l'ancienneté ".
7. Il résulte des dispositions rappelées que, les fonctionnaires, s'ils remplissent les conditions statutaires requises pour bénéficier d'une promotion au choix, comme en l'espèce Mme B, ne détiennent cependant aucun droit à être inscrits sur un tableau d'avancement. Ainsi, l'avancement des gardiens de la paix au grade de brigadier de la police nationale dépendant du critère de leur valeur professionnelle, compte tenu des notes obtenues par les intéressés, des propositions motivées formulées par les chefs de service et de l'appréciation portée sur leur manière de servir, à cet égard, la valeur professionnelle et les mérites de Mme B ne pouvaient être appréciés, aux fins d'inscription de l'intéressée sur le tableau d'avancement au grade de brigadier de la police nationale que par comparaison avec ceux des autres agents remplissant les conditions statutaires pour prétendre au même avancement.
8. En l'espèce, l'administration fait valoir que pour arrêter la liste des agents susceptibles d'être promus au grade de brigadier de police au titre de l'année 2020, elle a procédé à l'étude comparée de la valeur professionnelle de Mme B avec celle de l'ensemble des agents promouvables. La requérante, quant à elle, ne produit aucun élément démontrant qu'elle détenait des mérites professionnels plus élevés ou aussi élevés que ces agents lui permettant d'accéder au grade supérieur de brigadier de la police nationale alors que l'avis défavorable de son supérieur hiérarchique en date du 7 octobre 2019 soulignait l'impossibilité de lui accorder sa confiance et son incapacité à gérer un service. Dès lors, il ne ressort pas des pièces du dossier que le ministre de l'intérieur, en estimant que la comparaison des mérites de Mme B avec ceux des autres gardiens de la paix susceptibles d'être inscrits au tableau d'avancement au grade de brigadier de la police nationale pour 2020 ne justifiait pas son inscription, ait entaché sa décision d'erreur sur la qualification juridique des faits et d'erreur manifeste d'appréciation.
9. Enfin, Mme B qui ne se réfère nommément à aucun des autres agents promus au grade convoité en particulier, n'assortit son moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité d'aucune précision suffisante quant à la valeur professionnelle des intéressés en comparaison de la sienne permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation du tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2020. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, sa requête doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Riou, présidente,
Mme Lambrecq, première conseillère,
Mme Kanté, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.
La rapporteure,
C. KantéLa présidente,
C. Riou
La greffière,
V. Lagrède
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026