mercredi 12 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2015067 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | JEANTET ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête initiale et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement le
18 septembre 2020 et le 14 mai 2021, la société MBK Bayard, représentée par Me de Bourmont, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 10 980 euros résultant de l'avis à tiers détenteur du 7 janvier 2020, correspondant au montant, en principal et majoration de 10 %, de taxes sur les logements vacants pour les années 2012 et 2013 ;
2°) d'ordonner le remboursement d'un montant de 10 980 euros au titre des impositions contestées ainsi que le versement des intérêts moratoires correspondants ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les impositions litigieuses ne peuvent être recouvrées en raison de la prescription en application de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales dès lors que la mise en demeure n'a pas eu d'effet interruptif de prescription pour cause d'irrégularité de sa notification.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2020, le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient :
- à titre principal, que la requête est irrecevable ;
- à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société MBK Bayard, sise au 7 rue Bayard 75008 Paris, venant aux droits et obligations de la SARL Royal Résidence Paris II APS, a formé opposition à une saisie administrative à tiers détenteur délivrée le 7 janvier 2020 auprès de la National Bank of Abu Dhabi pour paiement d'une somme de 10 980 euros, correspondant au montant, en principal et majoration, de taxes sur les logements vacants pour les années 2012 et 2013 respectivement mis en recouvrement le 31 octobre 2012 et le 31 octobre 2013 pour un logement situé au 8 avenue Georges V à Paris 75008. Par une décision du 26 juin 2020, l'administration fiscale a prononcé le rejet de cette opposition à saisie administrative à tiers détenteur. La société requérante, par la présente requête, demande la décharge de l'obligation de payer, le remboursement de la somme litigieuse et le versement d'intérêts moratoires.
Sur la prescription de l'action en recouvrement :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : () sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée ". En application du premier alinéa de l'article L. 274 du même livre, les comptables du Trésor ou les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un contribuable notamment " pendant quatre années consécutives, à partir du jour de la mise en recouvrement du rôle ", sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable. Aux termes de l'article L. 257-0 A du même livre dans sa version applicable au litige : " () La mise en demeure de payer interrompt la prescription de payer. (). ". Il appartient au juge de l'impôt, compétent en application de ces dispositions pour connaître des contestations portant sur l'exigibilité des sommes réclamées, d'apprécier, le cas échéant, si un acte de poursuite antérieur à celui qui a provoqué la contestation du contribuable a pu, eu égard aux conditions dans lesquelles il a été notifié à ce dernier, interrompre le cours de la prescription de l'action en recouvrement.
3. D'autre part, aux termes du second alinéa de l'article R. 257-0 A-1 dans sa version applicable au litige : " Lorsque la mise en demeure de payer est notifiée par lettre recommandée avec avis de réception, cette notification est effectuée selon la procédure prévue à l'article R. * 256-6 et produit ses effets dans les conditions prévues à l'article R. * 256-7. ". Aux termes de l'article R. 256-6 du même livre : " La notification de l'avis de mise en recouvrement comporte l'envoi au redevable, soit au lieu de son domicile, de sa résidence ou de son siège, soit à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître au service compétent de la direction générale des finances publiques ou au service des douanes et droits indirects compétent, de l'" ampliation " prévue à l'article R. * 256-3. Au cas où la lettre recommandée ne pourrait, pour quelque cause que ce soit, être remise au redevable destinataire ou à son fondé de pouvoir, il doit être demandé à la Poste de renvoyer au service compétent de la direction générale des finances publiques ou au service des douanes et droits indirects expéditeur, le pli non distribué annoté : / a) D'une part, de la date de sa première présentation à l'adresse indiquée à la souscription ou, s'il y a lieu, à la nouvelle adresse connue de La Poste ; / b) D'autre part, du motif de sa non-délivrance. ".
4. Lorsque le destinataire d'une décision administrative soutient que l'avis de réception d'un pli recommandé portant notification de cette décision à l'adresse qu'il avait lui-même indiquée à l'administration n'a pas été signé par lui, il lui appartient d'établir que le signataire de l'avis n'avait pas qualité pour recevoir le pli en cause.
5. La société MBK Bayard soutient que l'action en recouvrement des impositions faisant l'objet de l'avis à tiers détenteur en date du 7 janvier 2020 est prescrite en application de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, dès lors que la mise en demeure de payer la somme de 10 980 euros du 1er mars 2016 n'a pas eu d'effet interruptif de prescription en conséquence de l'irrégularité de sa notification.
6. En premier lieu, la société requérante fait valoir qu'elle n'a pas été destinataire de cette mise en demeure dans les conditions fixées par l'article R. 256-6 du livre des procédures fiscales susmentionné dès lors que l'avis de réception attaché à la mise en demeure présente une signature d'une personne dont l'identité n'est pas indiquée sur l'avis de réception et qui au demeurant n'avait pas mandat pour recevoir régulièrement cette lettre. La société présente, pour justifier l'absence de procuration, une attestation du 25 mars 2021 de M. C A, gérant, faisant valoir qu'il n'a jamais donné pouvoir à un tiers pour agir au nom de la société ainsi qu'un document intitulé " POUVOIR " indiquant que le Cheikh Mohammed Al Nahyane, associé unique de la société requérante, donne tous pouvoirs à Pierre A et Jacques-Henry de Bourmont à l'effet notamment de " () de signer tout document ou pièce " en son nom. Il ressort également de l'attestation de Pierre A que " La gardienne de l'immeuble où se trouve notre siège reconnaît, afin de rendre service aux résidents, avoir réceptionné et signé les accusés de réception le 7 mars 2016. Cependant, le 7 mars 2016 (), j'atteste qu'aucun contrat ne liait cette gardienne de l'immeuble (Madame D) à la SAS MBK Bayard et qu'aucun mandat ne lui avait été délivré par la société ". Toutefois, ces éléments, eu égard à leur caractère imprécis et en l'absence de tout élément corroborant les affirmations de ladite attestation de M. A, ne permettent pas d'établir que la ou le signataire de l'avis de réception était effectivement Mme D, gardienne de l'immeuble, et que celle-ci n'avait pas qualité pour recevoir le pli au nom de la société.
7. En deuxième lieu, la société MBK Bayard soutient que l'administration ne démontre pas que l'avis de réception en cause, numéroté 2C 048 481 6234 0, correspondrait aux impositions en litige de taxe sur les logements vacants pour les années 2012 et 2013 dès lors que ce même avis de réception est utilisé par l'administration fiscale pour justifier de la notification de la mise en demeure correspondant aux impositions de taxe foncière au titre de l'année 2013. Toutefois, l'administration fiscale n'est pas tenue d'utiliser deux lettres recommandées différentes pour la notification de deux documents relatifs à des impositions différentes. Dans ces conditions, la société requérante, par cette seule allégation, ne démontre pas que l'administration ne présenterait pas un avis de réception correspondant aux impositions litigieuses de taxe sur les logements vacants au titre des années 2012 et 2013.
8. En troisième lieu, si la société prétend que la mise en demeure aurait dû être adressée à la nouvelle adresse de la société MBK Bayard depuis sa fusion du 1er janvier 2012 avec la société RRP Aps II, l'intéressée ne démontre pas avoir informé l'administration fiscale de ce changement d'adresse et ne peut donc s'en prévaloir pour exciper de l'irrégularité de la notification de la mise en demeure adressée le 1er mars 2016 au 7 rue Bayard, 75008 Paris.
9. Ainsi, le pli contenant la mise en demeure de payer du 1er mars 2016 a été régulièrement notifié à la société MBK Bayard et la prescription n'était, par voie de conséquence, pas acquise au 7 janvier 2020, date d'émission de l'avis à tiers détenteur. Dans ces conditions, le moyen tiré de la prescription de l'action en recouvrement des impositions contestées doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer litigieuse doivent être rejetées, tout comme par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin de remboursement, alors qu'il n'est en outre pas établi que l'avis à tiers détenteur aurait été suivi d'effet, ainsi que les conclusions prises sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de la société MBK Bayard est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société MBK Bayard et au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Edert, première conseillère,
M. Baudat, conseiller,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 12 octobre 2022.
Le rapporteur,
J-B B
La présidente,
S. VIDALLa greffière,
S. COULANT
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, chargé des Comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026